‹ Traité de la typographie (volume 3)Chapitre 99 sur 128 · DES MATÉBUVX ET DES USTENSILES QUI SERFENT · texte numérisé non relu

DES MATÉBUVX ET DES USTENSILES QUI SERFENT

FAPIEBS.

La connaissance des papiers est un des éléments de rinstruction typographique. Un imprimeur doit avant tout savoir les qualifier sous le rapport de leur format; il doit savoir les apprécier au tact et à la vue. Il y a dans ce genre de fabrication une foule de défauts dont aucun ne doit échapper à son inspection, et que Toeil doit avoir relevés avant qu^ils ne se soient manifestés au tirage.

Les principales qualités d^un papier sont celles qui constituent sa régularité , telles que Tégalité des feuilles quant à la dimension , à Pépaisseur et à la nuance. C'est à ces trois conditions qu'il faut surtout s'attacher , comme étant celles dont Pomission est le plus préjudiciable à la confection des livres. L'inégalité de dimensions détruit la combinaison des blancs , et )liminue d'autant les marges extérieures; celle de l'épaisseur opère dans le foulage, et par conséquent dans l'impression, une différence sensible; enfin l'inégalité de

nuance occasione de ces disparates qui déparent et déshonorent un volume. Indépendamment de ces défauts , on doit examiner si les feuilles sont terminées bien carrément, si elles ne contiennent pas de ces plis qui se forment à la fabrication , et qui , ne pouvant disparaître au tirage, divisent les lettres qui portent des> sus; si elles n'ont pas de ces parties faibles formées par des gouttes d'eau qui tombent sur la pâte encore liquide, et qui reproduisent infailliblement les mêmes faiblesses dans le tirage.

G>mme il y a des papiers de diverses qualités et de divers choix, il serait injuste d'exiger pour tous la même perfection ; mais il n'en est pas moins vrai que ceux qui ne réunissent pas les différentes conditions que nous venons d'indiquer nuisent plus ou moins au tirage , dont la qualité dépend en grande partie de la nature de cet élément.

n existe une quantité, considérable de formats de papiers; nous nous bornerons à donner ici la nomenclature de ceux qui sont le plus usités dans l'imprimerie , et dont les autres ne sont en quelque sorte que des modifications. Us sont ci-après désignés suivant la progression ascendante de leurs dimensions.

Telliére, Couronne, Écu, Carré, Cavalier, Grand- Raisin, Jésus, Colombier, Grand -Aigle, Grand- Monde.

Avant d'entrer dans quelques détails sur l'emploi le plus fréquent de ces différentes espèces de papiers^ et de présenter les particularités relatives à chacune d'elles, nous ferons remarquer les deux distinctiouf

principales à établir dans un même format, savoir le papier vergé , et \e papier vélin, hes vergeures sont de petits Knéaments horizontaux et trèà-rapprochés dont Tempreinte est opérée sur les feuilles par les fils de laiton qui composent le tissu des formes sur lesquelles la pâte s^étend et se fige à la fabrication. Il y a une autre marque distinctive daiis les papiers vergés; ce sont des lignes parallèles entre elles et perpendiculaires aux vergeures, qu'on appelle pontuseaux. Les pontuseaux sont également distants dans une même feuille; mais cet intervalle, qui n'est déterminé par aucun motif d'utilité , est entièrement arbitraire quant à sa fixation primitive.

Le papier vélin ne porte ni vergeures ni pontuseaux. Le tissu de la forme qui sert à sa fabrication est plus fin et plus serré , et ne laisse apercevoir de linéaments dans aucun sens. Ce genre de papier est ordinairement fait avec la pâte la plus fine , et fabriqué avec des soins particuliers.

Le papier tellière , vulgairement appelé papierministre , sert aux impressions de bureau. 11 en est de même des deux formats supérieurs, la couronne et Vécu,

Le carré est de tous les papiers d'impression le plus généralement usité. On peut évaluer sa consommation à soixante-quinze rames sur cent de tous les formats. Il y a une sorte de carré collé que l'on appelle coquille, et qui est d'un emploi assez fréquent, notamment pour les impressions d'ouvrages de ville. Le carré , comme tous les papiers d'impression qui n'ont point

à recevoir récriture, est ordinairement sans colle ou légèrement collé. La colle donne de la consistance au papier; mais elle nuit quelquefois à sa blancheur, et souvent elle lui donne tme rudesse qui le rend moins accessible à Tencre, dont il doit sUmboire sans effort.

Le cavalier est un format récemment admis, et qui est intermédiaire entre le carré et le grand-raisin.

Le grand-raisin est, après le carré , le foiinat le plus fréquemment employé. On s'en sert , soit pour des ouvrages imprimés avec un certain luxe typographique , tels que les parties d^éditions qu^on appelle grandspapiers , soit pour des volumes compacts ou à colonnes , et dans le cas on la dimension du carré serait insuffisante.

Les autres formats, c'est-à-dire lejésuSj le colombier , le grand-aigle et le grand-monde , sont de moins en moins usuels en raison de l'accroissement de ces dimensions. Ils ne servent guère qu'à de grands registres , à des textes de gravures, à des placards ou à des tableaux.

Nous n'étendrons pas plus loin nos observations sur les différents papiers usités dans l'imprimerie. Nous avons dû nous borner à présenter ces produits sous le ra|>port de leur application à l'art typographique , et omettre les'détails relatifs à leur fabrication.

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