‹ Traité de la typographie (volume 4)Chapitre 16 sur 84 · PIED-DE-MOUCHE · texte numérisé non relu

PIED-DE-MOUCHE

Le pied -de- mouche se plaçait en téte d'une remarque qu'on voulait détacher du corps de l'ouvrage. On s'en servait plus particulièrement pour les livres de droit. Il est tombé en désuétude.

CROIX ("f").

La croix servait de renvoi aux notes marginales. Elle ne s'emploie maintenant que dans les livres de piété.

VERSETS (?^). RÉPONS (ç»). '

Les versets et répons ne servent également qu'aux livres d'église , tels que les bréviaires , les missels et les heures.

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l^es moins étaient destinées, à fixer l'attention sur des notes on remarques en téte desquelles elles étaient

placées. On en retrouve dans un grand nombre de dictionnaires; mais maintenant oa ne s'en sert presque plus.

POINTS CA.RRES.

Les pomis carrés sont des points fondus sur une même épaisseur, qui est, soit le demi-cadratin, soit le cadratin, qui leur a donné ce nom.

Ils sont d'une très-grande utilité dans les ouvrages à colonnes ou dans les tables. Ils servent à remplir I miervalle qui se trouve entre les mots placés en plus ou moins grand nombre au commencement de la justification ét les chiffres reportés à son extrémité et alignés verticalement. Ces points conducteurs s'arrêtent ordinairement à un ou deux demi-cadratins de distance des chiffires y qu'ils laissent ainsi ressortir. Pour leur donner un aspect* régulier, on les aligne à cette, extrémité , et T espace qui peut être nécessaire pour justifier la ligne se plaee immédiatement après la fin des lettres ét avant le commencement des pomis carrés.

OB LA CQMPOSlJiQU.

La composition est une des principales parties de Timpression. £Ue en est la plus importante par les Tariations et lès difficultés qui s'y rencontrent , «n même temps que par les soins de tout genre que réclame son tcayail. La multiplicité dés fonctions di- YCTses qui s'y rattachent U rendent la plus compUquée de toutes. C'est elle qui , dans Tart d'établir avec' des lettres iiiolnles des planches régulières et solides qui puissent reproduire à i'iniim les copies d'un ouvrage, exécute,, retouche et prépare définitiTcment an tirage ce trayail minutieux ; en un mot , elle est le grand œuvre de la typographie. Comme elle marche la première dans l'ordre progressif des différentes opératicms qui composent cet art , elle doit natùréllement figurer au premier raiii^ dans cette dissertation.

La composition ne consiste pas seulement, ainsi que ce mot le donnerait à entendre, dans la combinaison des caractères et dans la formation des pages; mais ^e embrasse réellement la série tout entière des opérations qui précèdent le tirage. Ainsi la compost' * ièm pt op remôit dite , la mUe^ en pages , VimposUion, la corrcciiOH et la dislributim, ne doivent être considérées

que comme parties intégrantes de ce travail. Maintenant que nous avons fait connaître par cette explication toute la valeur de son titre , nous allons donner une idée de son ensemble , en présentant dan^ leur ordre progressif les principaux éléments qui doivent y concourir, et qui , par la suite , considérés isolément et développés dans des dissertations particulières , deviendront autant de divisions de cette grande section de la typographie.

^orsqu'on entreprend l'impression d'un ouvrage , et qu'on le livre à la. composiliwi, les prèmières conditions à déterminer sont le format et le choix des caractères , au moins de ceux qui doivent y dominer. Ces notions sont généralement fournies par Tauteur, le libraire ou éditeur quelconque , qui se charge de la direction de l'entreprise. Ces points une fois fixés ^ les mesures qui sont du ressort de l'imprimeur , quoique d'un ordre secondaire , doivent être arrêtées. Telles sont la justification , l'interlignage , le nombre de lignes , ainsi que plusieurs autres détails pour lesquels il est nécessaire de prendre dès Tabord une détermination immuable. . . .

Il est encore une foule d'autres circonstances que la diversité des ouvrages multiplie à l'infini, et que Ton doit s'appliquer à prévoir et à résoudre d'une manière générale et uniforme , dans la crainte qu'un vice de régularité ne devienne par la suite ou impossible , ou très-difficile à rectifier. Ces détails sont en grande partie susceptibles d'être adoptés, sinon arbitrai re-

ment , au moins suivant une foule de considérations diverses. Aussi le choix des métl^odes , soumises à la wîàé des iioùts , la fixation et le classement des proKif^es typographique* à èbsefyer, sont-ils rigoureusement nécessaires pour l'exécution de ce travail. GaiB'«st^fa'^ès de* semblables pr^ratife, et arec des giridfcs SHiji iûtikpéîsables , que l'on pent entreprendre une opération qui est exposée à de fréquents obstacles , et <|ui ne présente pas les moyens de remédMr-fiunlement aux fautes cjui peuvent s'y commettre. '-1tawcâ€e8 difverses données doivelit étre< déterminées ou recueiUies par le prote , qui les transmet enoiiie à renvrier- chargé de la mise en.piiges du labeur. SUSilf^Mnace dë TouTrage est telle que pliisieurs ouvriers doivent travailler à sa composilion , le mettflUBt^si pages se charge de leur distribuer la copie et dt .««pi>CiT<Mr. les paquets composés. Lorsqne ces pa* qM»0Qililc^>néiAbre«ufR8ampoi^ feuille, et que les fonctions de la mise en pages ont été exécutées , on impose la feuille et on en fiût tirer épreuve. lîiH^lMMii mm léprenves aymt éisé successivement Kies épéMtjgées , la feuille est alors disposée pour le tirage, lei s -aigrétent les opérations qui sont du ressort de la

Nous allons maintenant donner de chacune d'elles

une description eirconstanciéc , dans laquelle nous n'omettrons aucun des détails qui peuvent avoir la moindre importance, cft qui méritent de figlirer dans an Traité jpratique.

66 PAUllK 1, CHAPITKE 11.

DE LA C011.rOSI.T10N PROPREMENT PITE^

L,a compositîûn propronebt dite (c'est-à-dire Abs-i

traction faite des diverses autres fonctions cjui sont du ressort du compositeur) çoasiste, à rassembler le» lettres une à une pour en former suocessiTemeiit , et auWant un-modèle donné , des mots, des lignes, des pages I etc. Nous allons expli(^er cç^meut ou y pro-t cède. ' . ,

Ainsi que nous Tayons dit plus haut , les différentes sortes de lettres composant un caractère sont distri-. buées dans une boîte à compartiments appelée çasse^ La casse est jposée sur une espèce de .pupitre placé à hauteur convenable , et qu'on no^me rang'. C'est der vaut le ran|; ^ué $e tient le compositeur lorsqu il tfayâi^le-,

Le .composteur étant monté à «la- justification con*

Tenue, il prend chaque loi Lie, Tane après l'autre^ dans le casset^in spécialement con^crjé à la sorte à laquelle eHe iqppartient. I^jans cette opératio;n| Tceil doit suivre attentivement et dirig^er tous les mîpuve- ~ ipenls de la main. Celle-ci doit saisir la lettre par la téte y c'est-à-dire par Textrémité à laquelle est situé reeil, et la placer dans le composteur suivaiit lè sens mdiqué par son ( t an. La promptitude, la justesse et la régularité avec lesquellea ce mouvement doit s exér. cuter constituent chez un compositeur ce genre d'habileté qui consiste à bien lever la lettre ; et , con^nb.

DigitizSrb/Coôgle

k uoiiibrc de^ lettres contenues darië une feuille est la base ordinaire du salaire de Touvrier , ce talent lui est très-prëcieux pour lui-même. Quant à Texactitode nécessaire pour diriger sa main vers le cassetni , c'est l'habitude ^ui la lui donne f et l'attention qui l'entretient en lui. Cette dernière qualité est également pour lui du plus grand prix; elle lui tpar^iie. des bévues i[ui ne se réparent jamais qu'à ses dépens.

La main droite du compositeur est celle qui prend les lettres , et exécute le mouvement qui les porte de la casse au composteur ; la main gauche tient cet instrument» en maintenant avec le pouce les lettres déjà rangées et en* fôcilitant le placement de celles qui y arrivent successivement. Lorsque le composteur e$t..rempli» on justifie la ligne de manière à ce que les leltee^ y soient solidement maintenues, sans cependant que la dernière entre ^e force ^ afin qu'on puisse» enlever la ligne du composteur sans trop de fjacilité ni d'efibrt« La ligne étant ainsi justifiée , On pose en dessus Imlerligne de Fouvrage , s'il doit y en avoir, ou une interligne provisoire, au inuyen de lat|uelle on la sort du composteur pour la placer dans la galée.. Lorsque le nombre de lignes^ composées de cette ma^ nière, est celui que doit contenir la page , on les lie ensem^e avec un double tour de ficelle, puis ou. enlève la page de la galée, on la place sur un papier ployé en quatre épaisseurs, que Ton nomme porU' page; ensuite pn la place dans son rang de casse.

Voilà à quoi, se réduit le travail de la composàùm

proprement dite , celui des ouvriers qui se bornent à faire des paquets. La mise en pa^es est l'opération qui Tait suite à celle que nous venons de décrire. Celle-ci n'en est qu'une facile ébauche , eu égard à la simplicité et à l'uniformité de ses fonctions; c'est elle néanmoins qui occupe la plus grande partie des ouvriers, parce que ses résultats sont les plus nombreux, et forment l'objet principal de la composition , considérée dans un sens général. .

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