TAB1.E
La iaiUe d'un ouvrage en est une eq»ècç de résumé, 1^ on moiassucckict , suivant les points -de vue sous lesquels elle le pi:ésente. Ou elle n'est que la simple énumération des parties dont il se compose , avec rindicatioa sommaire du contenu de chacune d^efles;
ou bien elle est analytique ; dans un ouvrage d'une certaine étendue et susceptible d'être l'objet de fréquentes recherclies. à cause de l'abondance des matières qui s'y trouvent renfermées; alors elle offre le tableau complet de tous les sujets différents qu'il a pu traiter , et embrasse à la fois les époques , les faits, les noms des lieux et ceux des personnes dont il fait mention.
La première de ces espèces de tables est suflîsante en général pour les ouvrages purement littéraires et du domaine de l'imagination , ouvrages écrits pour l'universalité des lecteurs. Quant aux traités de sciences ou d'arts , et tous autres livres descriptifs ou didactiques , comme ils ont une destination spéciale qui influe sur la langue en créant de nouveaux termes ou en modifiant la valeur de ceux qui existent , l'auteur doit éclairer le lecteur sur toutes ces innovations, et placer à la table des définitions nouvelles , ou renvoyer aux endroits susceptibles de donner les explications nécessaires. De plus , comme la plupart des ouvrages de ce genre doivent pouvoir être consultés partiellement, même après lecture complète , le relevé exact de tous les points divers qu'il embrasse et leur indication isolée deviennent une condition importante de son existence typographique. Elle doit donc porter sur le fond de l'ouvrage et sur sa forme, c'est-à-dire être à la fois un vocabul^'e et une analyse des faits.
Un ouvrage qui forme plusieurs volumes doit avoir
à la fin de chacun d'eux une table particulière qui indique les divisions qu'il comprend , indépendamment de la table raisonnéc que l'on renvoie à la fin de l'ouvrage , si toutefois il en demande une. Une table, de quelque nature qu'elle soit , est d'une grande utilité dans un volume; mais cette commodité cesserait d'exister et deviendrait même pour le lecteur une source d'inconvénients , s'il ne la trouvait doublement exacte , c'est-à-dire complète dans sa teneur , et fidèle dans ses renvois.
Les tables simples se placent soit en téte du volume, soit à la fin , mais se tirent toujours en dernier lieu , excepté dans le cas de réimpression identique. Chaque article renvoie à la page , et suit la progression ascendante des folios. S'il contient plusieurs lignes , on le dispose en sommaire. L'indication de la page est. toujours rejetée au bout de la ligne, et l'intervalle est rempli par des points. Le mot page s'exprime une seule fois , soit au premier folio cité , soit au-dessus et dans l'alignement des chiffres. Les grandes divisions du volume se mettent en capitales et en lignes perdues. On emploie ordinairement pour ce genre de composition un caractère inférieur au texte de deux degrés au moins. Lorsqu'une table forme plusieurs pages, il est convenable de la mettre en recto ; mais souvent • on la place suivant le besoin local.
Les tables analytiques de matières se disposent dans l'ordre alphabétique. Elles renvoient au tome et à la page. Quelquefois on substitue à ce dernier renvoi
U% PÂRXI£ U CHAPITRE IIL
celui du chapitre, paragraphe, ou autre partie de i'(>uyrage y poDrm <p)e les titres eoipants «à fjpfrtéBt J'm4icactiqii , et que c^tte ^dimioii soitluseï ùtêpmm pour ne pas occasioner de loui^ncs reclici rhes : ce système esl préiérahie , eu ce qu'il épargne lors ée k réimpreasicoi te soin de resouvder, ]m Mioft^ et. qp!îl préserve des erreurs qui neimitife ées dmigemeats. Pour éviter de répéter à chaque arLicie les mois lonu, ^ag€p ou autres qui peuvent accompagner ies chtf&es de renvois, il convient de différencier Jes tignes' des nombres. Par exemple , celui du tome peut être pkcé premier lieu et exprimé en grandes capitales » cçJw de la divisju}» adoptée da^ Touvraupe en fltfityaoy pitales , et le folio ^«liiffirés arabes. Voilà trokei|MKif de chiffres Joiit la difiérence peut faire distinguer la valeur des objets sous -entendus qu'ils indiqucoL Quelque marche quç Ton saive pour ees alnréviÉiàjpii^ le lecteur doit toujours en être prévieM p«ir W Ml placé en léte de la table, , < ^X-ms^
Lorsqu'une table a une certaine étendua 4 M jtijpyt à dteux colonnes , dans les in*octaTO et formiMilf rieurs, même aux dépens de la justification. Il en résulte un double avantage. D'abord ou g^^ne uoep^c du blanc que nécessite dans les grmdea ligimlywliiplicité des articles; ensuite cette dispositif pemst ^remployer un plus petit caractère. Les articles te meUent également en alinéas ou en sommaiisea ^ dans le premier cas, on ^Mirgne la perte d'e^ace exif^ ^r les rentrées ; dans le second , la première ligne de
Digitizc
COMPOSITION. . ua
chaque article est mieux détachée et plus saillante. Le mot qui commence l'article et qui en fait le sujet doit être , oa en italique , ou en petiiw capitales. On sépare les colonnes par un filet régnant dans
toute la liaulcur, ou par un simple blanc.
TKXTE.
On appelle ainsi la partie de copie qui fait le fond d'un cubage* On lui donne toujours ce nom^ de quet que nature qu'elle puisse être , pour la distinguer des
parties accidentelles, telles que les notes, additions, titres , sommaires ^ ou autres accessoires quelconques. Gomme ieUxU est généralement la portion dominante d'un livre, et même comme il en embrasse souvent la totalité , c'est la base sur laquelle en repose Tiinpressbn. Ainsi ^ lorsque le caractère et la justification àa Uxte ont été adoptés eu égard au format et aux considératioiis diverses qui peuvent y avoir quelque influence y Tarrangement du reste est dëterininc par cette donnée principale , suivant des règles établies par Tusage et des proportions indiquées par le bon goût.
Texte est encore synonyme d'origmal. On dit:
Placer la traduction , rimitation^ en regard du tejete,
.MiLLESiaiE.
Un livre porte ordinairement son millésime, .à
144 PARTIE I, CHAPITRE IIL
moins de considérations particulières qui s'y opposent. Cette date se place au bas du frontispice y soit en chiffres arabes , soit en chiffres romains , selon les intentions de celui qui dirige l'impression, ou quelquefois eu égard à la nature de l'ouvrage. Par exemple, il est assez ordinaire que sur un titre latin le millésirru soit rendu en chiffres romains. Du reste , il n'existe point à ce sujet de règle rigoureuse; c'est le goût, concilié avec les circonstances^ qui décide dans tous les cas.
WpITRE IV.
PI
CPÎTRB DÉDICATOIHE.
Vépiire dédicaloire suit ordmairemenlle frontispioe. Autrefois die se composait toujours en italiqiie* Ou k compose maintenant , soit en caractère romain audessus de qelui du texte et même de celui de la prëfage > soit en cursiVe , ce qui est plus élégant et mieux approprié au genre épistolaire. Au reste les dédicaces, qui jadis semblaient être l'accuTiipai^ricnient indispensable d'un livre, sont devenues d'un usage beaucoup nuNns fréqueiit.
Slle porte pour titre courant lenom du destiniitaire, ou suuplement le folio.
PREFACE, ATBaTISSGHEVT , AVANT-PEOPOS.
La pré/ace suit immédiatement le frontispice, lorsqu'il a'y a pas de dédicace* Son caractère et son inter* ligne doivent être. plus forts que celui du texte. Le titre courant ne porte que ce mot avec le folio.
Les pré£sices de peu d'étendue , et ceUes qui soi^t du fait de l'éditeur, prennent généralement le titre {}i avertissements.
HC. l'AHTIE I, CHAPITRE IV.
\J avant-propos participe, quant à sa valeur, de la préface et de rintroduclion.
INTRODUCTION
V! inlroduction peut tenir lieu de préface, ou être incorporée au texte. Dans le premier cas , elle doit être assimilée entièrement à l'objet dont elle tient la place , et en subir toutes les conditions typographiques. Lorsqu'elle fait partie du texte, et qu'elle en forme le premier chapitre , elle n'en diRcre que par son indication au titre courant ; et elle commence , ainsi cjue le texte, sous le titre de l'ouvrage, qui doit toujours être répété en tète de sa première page , soit en totalité , soit en partie.
Outre les trois articles précédents , (ju'on appelle les parties liminaires d'un livre , il peut s'en présenter d'autres. En tête des réimpressions , il arrive quelquefois que l'éditeur place un avis , lequel doit suivre immédiatement le fronlis])!ce , <'omme objet étranger à l'auteur. Quelquefois aussi il fait précéder l'ouvrage d'écrits qui s'y rattachent sans en dépendre, tels que Notices biographiques. Eloges, etc. Leur composition se fait généralement dans un caractère inférieur à celui du texte. -
Comme il arrive souvent que les parties liminaires (1*1111 livre ne s'impriment qu'après le reste du volume , dans ce cas elles portent une série de folios et de signatures différente de celle quia déjà été employée.
SOMM Al Ui;.
Le iommaire estime espèce de sous-titre, contenant
une analyse succincte des matières traitées dans Farticie auquel il se/t d'argument. Sou usage le plus frécpient est d'àccompagner les titres des chapitres , des livres. ou autres divisions d'ouvrages après lesquelles on le place immédiatement. 11 y a didérentcs manières de le présenter quant àja composition; cette varic^é résulte, tant des diverses positions où il peut se trouver euiplové et de Fentourage tju il peut avoir, que du nombre de ligues dont il est formé.
Ainsi , en le considérant d'abord sous le rapport des diverses dispositions qu'on lui donne , selon le nombre de lignes qu il contient , nous donnerons comme invariables les règles suivantes.
1* S'il nedépa^ pas la première ligne , on le place dans le milieu, c'est-à-dire en ligne perdue. On doit fiûre en sorte qu'il ne remplisse pas ht justification, de peur qu'il ne se confonde ayec le texte , que , d'habitude , il précède immédiatement ; ensuite parce que cette disposition , qui parfois cependant est sans remède , présente un aspect désagréable et parait vicieuse aux personnes qui , ne la jugeant pas inévitable, attribuent à la négligence un défaut qui n'a |K)ttr cause que la nécessité. 2^ Lorsqu'il forme deux lignes , on fait la première pleine , et la seconde se place au milieu de la jusiiiicauon. 3^ Toutes les lois
148 PAUTIE I, CHAPITRE IV.
qu'il comprend trois lignes et au-delà, la première est pleine , et les autres se rentrent d'un cadratin au commencement.
Quant aux caractères qu'on emploie ordinairement pour leur composition , il n'existe pas de règle fixe à cet égard ; c'est le goût qui décide suivant les circonstances; seulement voici les diverses méthodes que l'usage a consacrées.
Lorsqu'un sommaire ne forme qu'une ou deux lignes , on peut le mettre en petites capitales, environ du même corps que le texte. S'il dépasse ce nombre, on le met soit en italique du texte , soit en caractère romain un peu inférieur. On ne se sert de petites capitales pour les sommaires de plusieurs lignes que dans les titres , parce que l'usage en exclut les lettres du Las-de-casse.
Comme cette dernière méthode est d'un usage fréquent et qu'elle établit une différence avec la disposition des alinéas , on dit que les parties ainsi arrangées sont mises en sommaires.
ADDITIOIVS.
Les additions sont des espèces de notes placées à la marge extérieure de la page , sans renvoi , et alignées en téte avec le commencement de la matière à laquelle elles ont rapport. Le but ordinaire de ces notes marginales, dont l'emploi se remarque le plus fréquemment dans les livres d'histoire , est de rapporter
COiMPOSillOiN. ' 149
les dates , de présenter le résumé très-succinct des événements, et Je laire connaître, par le nom des auteurs ou le titre des ouvrages , les sources auxquelles on a puisé. Leur utilité ne se réduit pas à cette seule classe délivres; les voyages , les traités de sciences et d'arts , er généralement les ouvrages de laits, lorsqu'ils sont accompagnés à'addiiwns, ofiîrent au lecteur un avantage universellement apprécié , cetiiî de mettre sous SCS yeux toutes les sommités d'un ouvrage , et de lui euiaire concevoir rapidement la marche et le dessein.
Les addUimSf prenant sur la marge naturelle d'une page , doivent être composées dans un caractère assez fin pour que la jusLiiication puisse en être très -resserrée ^ et que ^ dam le cas où plusieurs d'entre elles seraient susceptibles de quelque développement , elles ne forment pas plus de huit à dix lignes. On doit employer pour les ae/câifû»» , lorsque rien d ailleurs ne modifie cette règle , un caractère qui soit à celui des notes comme celui-ci est au caractère du texte. Ainsi , supposons un texte en cicéro ; les notes seront en petit<-romain , et les additions en petit-texte. Leur justification se prend , non sur desintérlignes , car il en existe raremeni d aussi courtes , mais sur des cadraLs, soit de gros -canon, double-canon, ou autres corps supérieurs, afin de remplir avec le^rs cadrats les intervalles plus ou moins grands qui séparent XeA odeKtiùns, Ordinairement on u interligne pas les additions ; cependant, si Ton juge que cela doive produire un meilleur etfet , il est facile de jeter entre* leurs lignes
loO PARTIE I, CHAPITRE IV.
des espaces égales , du môme corps que les cadrais qui servent de justification.
Pour iscrler la colonne iï additions de la page qu'elle accompagne , on se sert d'interlignes ou de réglettes. Quant à l'épaisseur de cette séparation , elle doit être proportionnée à la grandeur du format et à la largeur des additions : pour l'in-octavo , par exemple , elle est en général de quatre h six points.
Lorsque la justification de Y addition n'a pas plus de trente à cinquante points , comme cela arrive toujours pour l'in-douze et pour l'in-octavo , quelquefois même pour l'in-quarto , au lieu de disposer chaque addition en forme d'alinéa , ce qui occasionerait une foule de divisions et des espacements larges ou serrés d'une manière ridicule , il est préférable alors pour le coup d'œil de distribuer les mots en lignes inégales et placées en vedettes , ce qui leur donne l'aspect d'un titre.
On peut couper une addition d'une page à une autre, pourvu toutefois qu'on ne soit pas forcé de ne rejeter qu'une seule ligne. L'alignement de V addition avec le bas de la page a plus d'importance. •
Au-dessous du format in-douze il n'est guère possible de placer dps additions , en raison de l'exiguilc des marges dans les formats inférieurs.
-, Autrefois on abusait de l'emploi des addition^ , et l'on plaçait en marge les notes que l'on rejette maintenant au bas des pages ou à la fin des chapitres. Il en résultait pour le lecteur une confusion qui est peutêtre kl cause du discrédit dans lequel elles sont toin-
COMPOSITION. lôl
bées. Les difTicultés typographiques communément attachées à ce travail , tant pour la composition que pour le tirage des feuilles , ont pu contribuer aussi à cette défaveur. Sous le rapport de la facilité des re- ^ cherches y nous nous plaindrons toujours , avec la majorité des lecteurs , de voir cet usage se perdre de jour en jour.