‹ Traité de la typographie (volume 4)Chapitre 4 sur 84 · CARACTÈRE · texte numérisé non relu

CARACTÈRE

Les personnes qui ne connaissent pas le langage de ia typographie y une partie même de celles qui sont initiées aux secrets de cet ar i , font le mot earaeUr€ synonyme du mot Ifttre, Cette erreur, si toutefois l'on peut qualifier ainsi leur opinion y pose sur des bases usez naturelles, et serait fiicile à justifieir*vEn e£fet.le mot caractère, appliqué à l'écriture, désignait originairement un signe quelconque ayant pour but de matérialiser une pensée , et de la rendre perceptible m yeux , soit que ce signe représentât une Uure, un «of, ou même une phrase, 3Iais ce Leiiiie, pris ici dans son acccpiion didactique, veut dire, par extennon, Tensemble de toutes les diverses sortes de lettres qû composent la casse, et conséquemment qui sont fondues avec identité d'œil et de corps, hes caractères.

t PARTIE 1, CHAPITRE I.

étant faits pour être combinés ensemble, doivent tous avoir la même hautaur; e'esl seulement par la force de corps et par «ne épaisseur proportionnelle qu'ils varient entre eux. La première de ces conditions , ainsi qu'on va le voir, est cé qui détermine la dénomination de chacun.

Les noms priniiuls des caraclcres d'imprimerie étaient purement conveutioimelâ. La plupart étaient empruntés du titre des ouvrages ou du nom des auteurs dont l'impression avait donné lieu au premier eiTiploi de ces caractères ; les autres venaient d'origines aujourd'hui inconnues. Ces dénominations , qui remontent en partie à la découverte de l'art , ont été, malgré leur barbarie , perpétuellement transmises par la force de Tusage , et se sont maintenues jusqu'à nos jours. Un habile typographe a senti la nécessité de substituer à ces appellations arbitraires une nomcnclaUire expressive, régulière et durable. 11 a imaginé d'affecter à leurs noms les mêmes proportions qui existent enti^ leurs formes matérielles; el pour cda il s'est servi dWe mesure commune, qu'il a aj^elée point lypvgjaphiqju, et qui est la sixième partie d'une ligne. La /crce dt cotfpg étant une condition particulière à chaque ctuwUre, et de plus la seule dimension commune à toutes ses lettres, le nombie de points qui y était contenu a servi à désigner chacun d'eux. Ensuite, comme cm a reconnu que l'œil n'était pas toujours dans un rapport exact avec le corps conlcir* mément aux proportions ordinaires des talus, on y a

ajouté dans ces cas-là les qualificatioiis de ghiS'tâl ou

de petU-^L

Nous aTons réuni dans le tableau suivant les espèces de earaeièns les plus connues.

Il indique , 1" l'ancienne nomenclature , 2* le nombre de points contenu dans chacun , ce qui constitue y comme nous l'ayons di^ précédemment , les nouvelles dénominations. Seulement, comme autrefois les caractères n'avaient point de mesure comuunic, qu'ils étaient fondus sur des corps arbitraires , et que, d'après le nouveau système ^ il a fallu les réduire en général à un nombre entier de points typographiques, il existe nécessairement encore de légères variations entre les forces de corps des anciens et celles des . nouveaux qui leur correspondent.

Nous n'avons pas jus^é à propos de présenter à la suite de ces indications des modèles des diilërents caractères énumérés dans le tableau, convaincu d'avance que notre tâche n'aurait pu être qu'imparfaitement reiiiplio. Les fonderies ne s'étant point toutes assujetties à cette mesure identique , ni sous le rapport de Toeil , ni sous celui de la force de corps elle-même ^ il en résulte une diverl.Jé doublement marquée entre Jes caractères de même degré. Une telle considération 90US a arrêté dans Texécution de cette partie de notr« travail , à laquelle noiis désespérions de pouvoir donner une exactitude théorique.

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