‹ Traité de la typographie (volume 4)Chapitre 3 sur 84 · HH · texte numérisé non relu

HH

INTKODUCTION.

De la iiaûisaucc de l'imprioierie et de la pro|KigaUuji de cet aj I.

C*EST un fait digne de remarquo, (jut- riuvention qui a contribué le plus puissamment à perpétuer les souvenirs historiques, n'ait pu jusqu'à ce; jour répandre quelque eiailé ^ur le mystère qui enveloppe sa propre origine. Trois villes , Mayenee, Strasbourg et Harleim, se disputent l'honneur d'avoir été le berceau de l impi inierie. Quant à Tépoque de sa naissance, on la fait généralement remonter à la moitié du quinzième siècle. Il résulte néanmoins de l'hésitation des érudits sur ce point une incertitude qui porte à-la-fois sur l'auteur , sur le lieu et sur l'année de celte découverte. Si Ton considère la proximité des temps et des lieux témoins de cet

xvj INTRODUCTION.

évëuemeut, ou s e\pii(juera diffîcilemçnt les causes qui suspendent encore la solution de ce triple prohlènic. Le concours des traditions contenipoi-ainos et des plus savantes investigatioiis a'a donné pour résultats que des probabilités plus ou moins fondées, mais jamais une évidence suffisante pour triompher des scrupules de Thistoire.

Depuis le commencement du seizième siècle jusqu'à nos jours y un grand nombre d'ouvrages ont été publiés sur cette matière dans différents pays. Les lilslorieus et les bibliographes . se soiiL livrés aux recherches les plus laborieuses et les plus diverses , sans parvenir à une certitude irréfragable sur aucun des trois points controversés. Nous ne préteuduas pas jeter un jour nouveau sur une question discutée par les écrivains - les pliis recommandables ; nous nous bornerons à présenter le résumé succinct des opinions qui nous ont offert le plus de vraisemblance, et que doivent faire prévaloir le nombre et la consistance des autorités qui les ont soutenues, jusqu'au jour où quelque monument authentique fera jaillir la vcritc de cet amas de conjectures.

Vers Tannée i/^l\O^Seaia Genssilech, ou Guttemberg, surnom qu'il a depuis immortalisé, né en l4o<i d'une faniille noble deMayence,con^'ut le dessein de substituer au travail long et dispendieux des manuscrits un procédé mécanique qui multipliât

piciiiiz.edJay.G

INTRODUCTION. xvij

è rinfini les copies d'un ouvrage. Éclairé sans doute par les résultats déjà connus de la xylographie, il imagina de graver sur des planches de bois des lettres eu relief, dout la sui&cé, enduite d'une certaine composition, et mise en contact avec une kwlie de vélin, dut produire une empreinte analogue à celle de récriture. Il choisit en consécjuence les formes de ses nouveaux types dans les manuscrits les plus remarquables de cette époque , et il se livra avec ardeur à l'exécution de son projet. Maïs les frais résultant de ces premiers essais épuisèrent promptement ses ressources pécuniaires. Les avances qu'il eut à faire pour l'achat des planches de bois , qui , employées une fois, ne pouvaient plus être d'aucune utilité, la lenteur de ces travaux, i'éloignement et Imcertitude de leur produit le déterminèrent à chercher un collaborateur.

£n 1444) il quitta Strasbourg, oii depuis huit ans il s'occupait de mettre à fin son entreprise, et se rendit à Mayenoe. Ce fut dans cette ville qu'il s'adjoignit d'abord Jean Fust, ou Faust, qui y exerçait la profession d orfèvre; et ils formèrent ensemble une association dans laquelle l'un apporta son industrie , source de bénéfices ultérieurs , et l'autre une somme destinée à subvemr aux pre? mières dépenseik Leur société s'augmenta plus tard (le (quelques autres membres dont les noms ne sont

xviij INTRODUCTION.

pas venu» jusqu'à nous , si Ton en excepte toutefois celui de Ateydenbach; mais leur r61e se torna exclusivement à celui de bailleurs de fonds* Pendant son Séjouir à Strasbourg, Gnttemberg

avait mis au jour, au moyen de son nouveau procédé, deux traités composés pour les écoles , et dont, en raison de leur fréquent usage, it espérait débiter promptemeiit les copies iinpnmées. Il paraît que Faust, initié par lui aux secrets de l'art qu'il venait de créer, et frappé de Fimperfeiction des planches , dont la destination était spéciale , conçut l'idée deu composer avec des lettres isolées, dont la com* binaison arbitraire pût acquérir une application universelle. Cette modification importante reçut une prompte exécution , et elle eut pour premiers résnU tats la Grammaire de DoRut , ainsi que quelques autres ouvrages. Mais Guttembei^ et Faust s'aperçurent bientôt que la substance de ces càractères , dont l'emploi n'était plus borné à une seule impression, manquait <de la solidité nécessaire; et ils imaginèrelit de fabriquer des types métalliques. Obligés de recourir au secours d'une main étiangère pour l'aocomptisseihent de ce iiouveau projet, ils admirent dans leur confidence Pierre ScbœfFer, domestique de Faust, que celui-ci avait jugé capable de seconder leur entreprise. Les tra^ux de Schœfler rc'pondirent pleinement à leur attente ; il grava des

INTRODUCTION. xix

poinçons en relief, avec lesquels il frappa des ma* trices. Ces matrices, ajustcçs dai^s des moules de fer, servirent à la fonte des caractères , dont l'alliage se modifia jusqu'à ce qu'ils eussent obtenu le degré de consistance convenable. Faust récompensa les soins et l'habileté de son ancien serviteur en lui donnant pour épouse sa fille unique.

Ce fut au moyen de ce dernier procédé qu'ils firent une Bible latine , dont l'impression dura sept à huit ans et fut achevée en i45o. Si l'on considère les frais de tout genre que leur coûta la confection de ce grand ouvrage , les immenses préparatifs qu'ils eurent à faire avant de parvenir à leur but , les difficultés qu'ils eurent à vaincre, les précautions qu'ils durènt prendre pour ensevelir leur découverte dans un silence aussi prolongé, on ne peut assez admirer l'exécution miraculeuse de ce premier monument de la typographie. Nous trouvons dans l'histoire des sciences et des arts quelques inventions non moins étonnantes que celle de l'imprimerie ; mais elle n'en offi:'e aucune dont l'accomplissement ait été aussi rapide , et en même temps aussi complet.

Nous venons «de voir les trois périodes distinctes qui marquent la naissance de l'art. La première est la gravure des planches fixes; la seconde est la décomposition de ces planches de bois en types mobiles de la même matière qui en généralise

XX INTHODljCriON.

l'emplôi;* ea&D la troisième est la fabrication du

moule qui multiplie cqs lettres à l'infini et avec la plus par£sLite identité. Ce n'est .réellement que de Mie den^re période que date Torigiiierde l'impri* merie, qui jusque-là conservait avec la gravure une affinité trop indme* > 11 est donc juste de- confondre dans notre admiration les trois (grands génies qui ont concouru à cette tâche immortelle. Guttemberg a k gbire d'avoir conçu le premier l'idée de cet art ; Scliœffer a eu le mérite non moins grand d'une exécution laborieuse et couronnée du succès; Faust, qui prit part àieurs travaux , qui les dirigea.en les perfectionnant, a les mêmes droits à la reconnaissance de la postérité.

Leur association ne subsista que peu d'instants après i époque où elle s'était illustrée. Dans la même année où ils publièrent la Bible ^ il s'éleva entre eux des débats d'intérêts qui entraînèrent une rupture : Guttemberg resta à Mayence, où il poiu^uivit ses travaux. Faust et Schœffer demeurèrent associés , et continuèrent aussi à imprimer dans la même ville. Ce ne fut que quelques années après la dissolution de la première société que l'existence de leur découverte acquit de la publicité; jusque-là ils avaient sU la cacher à tous les yeux, pensant trouver dans ses résultats futurs le dédommagement de leurs efforts et de leurs sacnlices. Les premiers produits de leurs

INTRODUCTION. xxj

presses étaient des imitations, et Ton peut dire des oontrefiiçotts de manuscrits. Profitant de l'ignorance de leurs contemporains sur ie procédé qu'ils met«taient en usage, ils y trouvèrent le doubU avantage de vradre comme copies manuscrites leurs exem* plaires imprimés, et de s'assurer pour quelque temps la possession exclusive du fruit dic leur industrie. Mais d'une part la comparaison de quelques-unes de ces préteadues. copies , de l'autre l'indiscrétion des personnes chargées d'exécuter sous leurs yeux certains travaux i^el^tif^. k leur art , en divulgu^jcent bientôt le seccet.,

Faust se rendit à Paris , en 146:2 , avant que la découverte. 4c l'imprimerie fût connue en f rance. n emporta aviec lui un certain nombre d'exemiJaires d*aiie Bible qu'il avait imprimée conjointement avec SchœfTer. II. les vendit d'abord comme manuscrits ; Biais il réduisit bientôt ce prix au dixième , puis au vingtième de leur valeur primitive. Ces variations de prix et la rcsseuibiance par£iite des volumes causèrent une surprise générale. L'ignorance superstitieuse de ce temps fit envisager comme un sortilège cette production extraordinaire de l'imagination hmnaine. On fit des recherches dans la maison que ^m&l habitait ; on y trouva uae certaiqe quantité de ces livres ; les ornements en^ encre rouge qui décoraient plusiem a pagcâ pubbèi eut puui avoir été tracés

xxii INTRODUCTION.

avec .son sang. Il hit mis en prison , et conwncu de magie. Mats Louis XI ordonna qu'on lui rendît

la liberté , sous la condition qu il ferait connaître les moyens 'H^'il avait employés pour multiplier dànis cette proportion inoùîe les copies d'un même livré. Faust Inourut à ¥s^is en 1466; on croit qu'il fut victime de la peste qui désola* çette ville dftna la même année. ' '

Nous venons d'exposer en très-peu de mots non la vérité, mais la vraisemblance sur Toriginé de l'imprimerie. Cette matière méritait sans doute plus de développements; et nous l'aurions traitée avèe moins de brièveté, si nous nVussions pense qu'on ^ne pouvait discourir sur des conjectures aussi. longuement que sur des ùâts , et qu'en abrégeant notre narration nous devions diminuer nos chances d'erreurs. Nous nous sommes donc borné à présenter les sommités de cet intéressant épisode des fiistes de l'industrie humaine. D'un autre côté, conraie plusieurs villes et plusieurs individus revendiquent la gloire de cette invention , comme ce procès est encore pendant au tribunal de l'histoire, il est de noire devoir de âdre connaître les ^édamâtions des autres parties contendantes.

Les habitants de Harleim pi*éteudeut que Laurait'Jean G»ter, un de leurs compatriotes , inventa l'imprimerie vers l'an i43o , et qu'à la naissance de

INTRODUCTION. xxiij

cet art il se servit des planches fixes en bois. Sclou eux , il abandonna bientôt ce procédé , il se mit à t|îller d^s poinçons en acier» à fràppwdes matrices ,

e^^^J^drci des lettres de métal. Ils assurent que ,

ilHiital4W'ii)'^ ^ l'^se, (^ttçmbergfioQ oolU^ b(Mrateur , lui déroba les îâstFiuneots de soè'àrt , et §[|g^uit à Mayence, où il passa pour en être Tin ven»

Hpg, ils fiud^ )])fâuipQHp d'un \in^ in^mlé J}0

Spiegcl^ imprimé dans leur ville en hollandais et en et ils ji|^r0}^At ^uç. çe Uyr^ e$t le premier prod)|î^>^ Ja typjogrfiphkf ; mais çomm^ it ne porte

pas de date, cette assertion manque de preuves, et

iiWtâWft tlM^|>ftg^ 4§ pArtialité. lU non célèbrent pas mQins ^^edBèAoe fête séculaire en Tboniiettr

1^. prétendue découverte de Coster.

^îÊj^itki^f^i Içs titr^ qjue les Jiabitants

de Strasbourg <»lit fait valoir. Us disent ((ue Jean JVIentjel, citoyen de leur ville, conçut le premier KW^fei^ 4'iippnmwft» qu'il tfadjoigtiit Outtâmber^ Alpssès travaux, que celui-ci profila de ses ouver- ||||j|||i4^^e rendit à May^nçe, où il devani^ Mentel àjUBA V^a^0Êlùq^ 4e son f^rojet. Ils appuient leurs prétentions àe^ lettres de noblesse qui lui furent msiSf^ieA par l'empereur Frédéric III. Il est > bien constant que Aientel fut le premier imprimeur qui s'établit à Strasbourg , et un des premiers qui exercèreat cet art hors de Al»yence. Delà vient sans doute

xxiv . INTRODUCTION.

qu*on lui a attribué le mérite de Tiovention, et qu'il ou a reçu la rëqompense. . • ,

Mayeace^ Strasbourg et Hurleim foraitr ptts les seules villes qui voulurent enrichir leurs annales du fait glorieux que chacune d'elles attribua kpjf^ des ^ifets. Ce titre d^Iustration fiit brigué par d'autres villes de l'Europe (i), mais avec trop peu ^de.foudemenV pour qu'on doive s'arrêter à leurs prëtentioos. ^ '

QuajAt à l'ancienne tradition qui désigne la Chine comme le. berceau de cet art, il est èertaîn que l'imprimerie tabellaire y fut connue long -temps avant qu'on en fît usage dans l'Occident; mais il n'est pas moins avéré que fes types mobiles et métadliques y furent apportés par les£uropëens.

Dès que le secret des inventeurs fut divulgué, une foule d'établissements de ce genre se formèrent promptement dans différentes contrées de l'Europe. Paris fut une des premières villes qui en reçurent; Ulric Gering , Crantz et Friburger commencèrent à y imprimer en 1470. A )|i fin du siècle il existait déjà plus de deux cents iAprimeries , dont les nouh breux produits attestaient rcxcellence de cette découverte.

(i) AttgdNHitg,Blile,Boio|pe,Dord]prht , Feltri , Florence, Lubeck* Noraobcrg, Rome, Rnuaiibourf » Sciieliit&dt A V«nise.

INTRODUCTION. xxw

La France fut un des pays où son importation fit les progrès les plus rapides (i). At» oommencemeiit du seizième siècle , Simon de CoHues et lesCstienne^ littérateurs pleins d'érudition, donnèrent des éditions remarqniAles i la fois par la l)eauté de Pinqression et par la pureté irrépréhensible du texte. Dans le

(i) ISuus aNons mmi dans le tableau suivant !a liste dc^ imprîmeuTs qui s'y éiaUlreul dans les trente dernières années du quiiuièiu» liècle t et les noms des villes où ils exercèrent leur prufejijaoïi.

Barthl'Icml Buyer,

À Lyon.

Jean de Jarre et Jeta dc^preUi,

à Angers.

I*îerr«* 1 fmixff

Juannes Teiilou&otliy

à Toulouse.

J. Bouyer,

à Pu i tiers.

DurandiLS et Fgîdius Quijoue,

à C^aen.

Pierre Seheuck , %

à Vienne.

Guillaume l,eroiige,

à Troyes.

G. L, de iNnnegue,

îi Bois-le-Duc.

R. Fmiquet,

à Loudéac.

P. ]*.( ll( srulée et Josse,

à Rennes.

Jean Dupré et Piore Gérard,

a Abbe^ille.

Jean Cbmtel ,

à Resaufjoii.

* Guillaiinu: le Tailletir,

à Rouen.

Mathieu Yiv*iii ,

k Oilt'ans.

Pien-e Metliuger,

à Dijou.

à Angoulèine.

Michel Wenssler>

à Clugu).

Étienne Larcher,

à IN an tes.

Jean Berton ,

À Limoges.

GoilkNime Tairemicé,

à Provins. -

■ Mathieu Lateron , ' •

à Tour».

NienU» Lepe,

à Avignon.

J: BoMinlMc!|^e Heidelherg»

à Perpignan.

IINÏKODUGTJOM.

dix-septièine siècle, Cramoisi célèbre iiiipruiiiÇjur,

ii|f(j^«i^ale , qui fy^ fiHid|$e Mis foil règne. t!u% ty|)Ograp^ue fut illustré j^ns le 4ûçrrl^uitième pi|r

Notre tfecle est l'edevable à MM. Pierre et Firmin l^idot de plusieurs découveAes remarquables, parmi lesquelles doit figurer m première ligne la slëfi^ typie , dont oa avait fait il y a cent ans des essais infruotiieux, et doat la réussîlij ^ constatée aujourd'hui par de nombreiBc'Viâiillats , t^d à populariser l'instruction en mettanj^^s livres portée d^ toutes les fortunes. L'exécutionMe |jlt ingénieiUL procëdéi^est pour cette iamille oRbre un titre de gloire non moins réel '.que tous ies chefs-d'œuvre que leurs prasses ont Êtit écloi|?, etîqui, réunissant à Tobservation la plus sévère des principes géométriques l'application irréprodiable des règles du goût, on^ porté l'art typographique à Tapogée de sa splendeur.. M. Firmin Didot est ^inventeur des caractères cursifs imitant la continuité des traits de la plume, et des cÉrtes typogéographiques, vàntable conquête faite par la typographie sur la gravure. * liltalie fut une des contrées qpui rècfaerchèrent avec le plusidfempressemeal Part dont la naissance venait d'étonner l'Burope. Le goût de la littérature, qui sj^ c u it réfugié de )a Qrè.ce àsservie, préparait

' INTRODUCTION. xxvij

naturellcmeut un accueil favorable aux presses qui devarent répandre les productions immortelles dont Boccace, Dante et Pétrarque avaient doté leur patrie dans le siècle précédent. Rome , Venise , Milan , et un grand nombre de villes virent bientôt des imprimeries s'établir dans leur sein. Nicolas Janson ^ né en France, où il était graveur de médailles, se rendit à Mayence pour y étudier les secrets de la typograplîie , et se retira ensuite à Venise , où il se livrât avec talent à sa nouvelle profession. Les Man lices commencèrent à y exercer vers la fin du quinzième siècle ; et leur famille produisit plusieurs générations d'imprimeurs également célèbres. A la fin du dernier siècle et au commencement de celui-ci, les presses de Bodoni, imprimeur de Parme, ont rivalisé avec celles de la France. Les volumes qui en sont sortis se font gépéralement remarquer par la netteté du tirage; mais, sous le rapport de la gravure el de la fonte , les caractères èont loin de l'élégance et de la perfection de ceux des Didot. Nous ne craignons pas que cette assertion paraisse hasardée, malgré le jugement porté par le jury français , qui se prononça en faveur de l'imprimeur de Parme.

Les éditions hollandaises ont eu dans le seizième et dans le dix-septième siècle une célébrité méritée. Jean de Westphali(^fut le premier imprimeur qui

xxfiij INTRODUCTION. .. '

exerça dans les Pays-Bas. Il se rendit en 147 4 dans la ville de Louvain, qui fut le siège- dé sôn imprimerie. Christophe Plantin, né à Tours, établit à Anvers, en i56o, des presses qui acquirent une grande renommée. Plus tard les Blaew, lesElzevirs, illustrèrent la typographie hollandaise.

Cest dans l'année i474 <ï^^ William Caxton établit en Angleterre la première imprimerie. Il se fixa à Westminster. L'art typographique est longtemps demeuré stationnaire chez cette nation accoutumée à perfectionner lorsqu'elle n'invente pas. Ce n'est que dans le siècle dernier qu'elle a mis au jour des éditions qui ont surpassé ce que les autres pays avaient encore produit de plus remarquable en ce genre. Foulis de Glascow et Baskerville de Birmingham ont opéré dans la typographie une révolution qui a placé dès lors cet art au niveau des autres branches de l'industrie anglaise. L'Angleterre peut s'honorer d'un grand nombre de découvertes et d'améliorations , dont le but est de procurer à la typographie de vastes moyens d'exploitation ; et ses presses rivalisent avec celles de la France pour l'exportation de leurs nombreux produits. En examinant leurs travaux sans partialité, sans cet esprit de patriotisme exclusif qui nous rend souvent injustes, en comparant les éditions anglaises aux livres français, nous trouverons que leur papier est en •

INTRODUCTION. xxix

général supérieur au nôtre, que leurs caractères sont généralement aussi mieux ^ndus quant à l'approche et à ralignement , (]u ils sont plus lisibles eu égard à l'identité constante de leurs types, qu'ils résistent plus loag-temps à Faction de h presse ; que ies nôtres sont plus élégants, <i uae gravure plus fine et plus par&ite, £n un mot on peut dire que leurs livres sont mieux fabriqués y et que l'ens^Me de la typographie anglaise est plus satisfaisant, mais que les chefs^'œuvre des presses françaises offrent, tme perfection à laquelle les leurs n'ont point alLcmt, «t qu^enlin l'Angleterre n'a point de nom quelle puisse apposer à celui des Didot. ' • -

L'ifnprimerie fut importée en Espagne daus la même année où TAngleterre la reçut. La première presse fut établie à Valence en i474* typographie espagnole a produit peu d'éditions remarquables , si ce n'est dans ses premiers temps; on ne peut non plus refuser à celles dlbarra, célèbre împri- - meuc de Madrid au dix^liuitième siècle , le mérite de Fëxéotttiott matérielle joint à celui d'une rare tx>rrection. .

Ce n'est que plus de oent ans après son inyention que l'imprimerie fut introduite en Russie, bien qu'elle se fût répandue très* rapidement dans toutes les parties de l'Allemagne : encore la fabrication des livres cprouTa-t-elle 1^ plus grands obstaclcé

XXX INTRODUCTION

chez cette nation, alors plongée dans rignorance et dans la barbarie.

Peu de temps après la découverte du Nouveau- Monde , des presses européennes furent transportées dans TAmérique Méridionale. Avant la fin du seizième siècle, un certain nombre de livres s'étaient imprimés au Mexique et au Pérou. Vers Je milieu du dix-septième , cet art était pratiqué dans TAmérique du Nord.

La presse a étendu son empire depuis les rochers glacés de l'Islande jusque dans certaines îles de l'Océan Pacifique ; il n'existe plus maintenant que quelques contrées barbares de l'Afrique et de l'Asie oii ses bienfaits n'ont pu pénétrer et porter le germe de la civilisation. • - - ' "

Des perfectionnements introduits dans la typograptiie.

Les premières productions de l'imprimerie étaient grossières et imparfaites , comme l'ont été toutes les ébauches des arts dans leur enfance. Ce n'est qu'après plusieurs générations d'imprimeurs qu'on a commencé à remarquer dans les livres cette harmonie et cette variété dont le concours a fait depuis leur plus bel ornement. Une monotonie constante dans- l'emploi des caractères , l'absence de principes fixes pour la composition , un tirage pale et inégal, tels étaient

JNTUODUCTION. xxxi

les points qui attendaient des améliorations. Voici

les particularités que l'on retrouve dans les monumeots qui marquent la naissance de la typograpiiie.

Les caractèlres gothiques furent les premiers dont OB se servit. forme carrée et anguleuse que ces lettres avaient primitivement étaient d'une plus grande facilité pour la gravure. Ce ne Ait cp'après riavention des poinçons d'acier que , pmv varier la . conformation des lettres et les rendre ainsi plus

distinclcs, on arrondit quelques-unes d'entre elles. Ce genre d écriture , formé de l'écriture latine dégënàée ,*était en usage depuis environ deux siècles ; il s'est encore conservé chez les peuples du nord de l'Europe. Nicolas Janson à Venise, Gering, Simon de Golines^HobertËstieiine à Paris, furent les premiers impruneurs qui se servirent des caractères romains.

L'in-fotio et Tin -quarto ont été les premiers formats connus.

Les livres avaient tous les défauts dès manuscrits, dont ils ' n'étaient* quVine imitation servîle. Ils ne portaient ni titres courants, ni folios. L'usage des capitales et. deS alinéas ne s'est introduit que plus tard. L'orthographe était variahle et presque arbitraire. La ponctuation était incomplète; elle ne comp(H*tait que ti*ois signes , le point, le comma , et un signe équivalent i la virgule, qui était figuré par uoe barre diagonale.

xxxij • INTRODUCTION.

Les divisions des ouvrages commençaient par des lettres-grises ; c'étaient des majuscules entourées d'ornements ou de sujets de tout genre. Quelquefois on n'imprimait que la majuscule, et on laissait à un dessinateur le soin de tracer et de colorier son «ntourage. Ces lettres s'alignaient dans la partie supérieure avec la première ligne , et régnaient sur la largeur ^'un certain nombre des suivantes.

Il y a vingt ans on ne connaissait qu'une seule espèce de presses , celles qui , à quelques modifications près, étaient en usage dans l'imprimerie presque depuis son invention. Les perfectionnements qu'elles avaient éprouvés consistaient dans la substitution de crémaillères en fer aux cordes qui suspendaient la platine , de marbres en pierre, puis en fonte, de platines en fonte ou en cuivre, aux marbres et aux platines établis primitivement en Lois. Quelques pièces avaient été simplifiées ou supprimées ; d'autres avaient subi quelques rectifications. Le changement lé plus important qui y eût été apporté était l'introduction d'une platine de la dimension du tympan , et qui ne demandait plus qu'un seul coup de barreau pour le tirage de la feuille, au lieu de deux que nécessitaient les anciennes platines. Mais enfin cette somme d'améliorations successives était loin de suffire aux exigences d'un art qui marchait rapidement vei*s sa perfection; et, telles qu'elles étaient alors,

INTRODUCTION. xxxLij

elles demeuràtent encore sujettes à une foule

d'inconvénients, auxquels le temps et Texpérleuce devaient porter remède. Un foulage variable suivant les efforts de l'ouvrier, le défaut de justesse des pailles construites en bois , leur prompte détérioration, la position finisse de Toutrier tirant le barreau , tels étaient les points principaux qui laissaient cette machine imparfaite. Vers les premières années de notre siècle , on exécuta en Angleterre une presse en fonte presque entièrement semblable aux anciennes, quant à son système mécanique , mais qui résolut complètement le problème dont celle-ci ue pouvait jamais offrir l'entière solution. Dèsrlors les pièces acquirent ce parallélisme parfait duquel dépend la régularité du tirage ; leur substance métallique put résister à l'influence de la iCTipérature et à la continuité du mouvement qui leur est imprimé; le degré de pression put être modi6é suivant la nature du tiiîàge,et uniforme dans un tirage identique ; le coup du barreau fut déterniiiié par uu régulateur^ enfin l'attitude de l'ouvrier devint moins pénible.

Cette première découverte en fit éclore d'autres, dont le nombre grossit chaque jour, mais dont les résultats ofïrent en général moins d'améliorations que de changements. L'invention dont lord Slanhupe est l'auteur a excité en France et en Angleterre

xxxiv INTRODUCTION.

'Tcmulatioa des mécaaicieD& ; le vrai talent comme le dmrlatanisme sè sont précipités à Penyi dans cette nouvelle camerc ouverte à l'industrie; et en peu d'années limpriinerie a renouvelé presque entièrement cette partie de son matériel. Nous citerons, parmi celles qui se distinguent par la nouveauté de leur conformation, la presse colombienne de Clymer, ia presse à levier iuniculaire dont Taylor est Tinventeur, et celle de M. Frapié, oii la pression est opérée, non par l'abaissement de la platine, mais par r^^ension du marbre.

Les presses mécaniques , dont ia création appartient à l'Angleterre (i), parviennent chaque jour à un nouveau degré de simpiitication. On leur applique pour moteur, soit la vapeur, soit un nombre de bras déterminé par la force que la 'presse exife. La France possède déjà plusieurs de ces machines . Elle commence méme^ en voir fabriquer dans son sein. Espérons qu'elle aura cette fois le sort qui semble lui être réservé dans l'histoire des inventions humaines , de perfectionner en imitant L'importation de ce nouveau procédé est un signe certain de l'extension que prend journellement la

( I ) La première presse mécanique a été établie ù Londras en 1 8 1 3-i 4 » par deux Saxons nommés Kœnig et Baar. L'essai en fut fait sur le journal The Times.

INTKOBUCTION. xxxr

typogi*aphie française , qui est appelée à répanchre ses produits dans toutes les parties du monde civilisé. Il facilite et multiplie dans une proportion considérable les moyens d'cxploitatiou de cet art ; mais s'il lui était appliqué exclusivement aux procédés de tirage connus jasqu*à ce jour, il la ferait rétrograder infailliblement. Il n'o£fre rien qui supplée aux soins et à la surveillance continuelle de Touvrier^qui seuls peuvent assurer à une impression une exécution in'éprochable.

Une des innovations qui ont secondé le plus puissamment lusage des presses en fonte est la substitution du rouleau aux balles. Quant.on réâédût à Pimperfection de ces instruments dont la surface n'embrassait qu'une partie de la forme ^ aux soins que leur distribution et leur montage exigeaient de la part des ouvriers, on s'étonnera que cette découverte ne date encore pour la France que de cinq à six années. Certes, avant cette époque « notre typographie avait déjà marqué sa régénération par plus d'une production digne d'éloges , et nous ne prétendons point dire que les résultats de cet art aient constamment suivi pas à pas les prégrès de son mécanisme; mais il n'en est pas moins certain que son état actuel, dans lequel les soins de l'ouvrier se trouvent réduits le plus possible par la perfection des machines, doit généralement

xxxvj INTKODUGTION.

donner lieu à des produits d'une ujiture plus satis

faisante.

De la typographie ea général

. La. typographie embrasse toute la série des opérations relatives à la &bricatioù et à l'emploi des caractères. £lie comprend donc , outre la connaissance de rîmprîmerie , celle dé la fonderie et de la gravure. Bien qu il n'entre point dans le plan de notre ouvrage de traiter de ces deux derniers genres de travaux, et que notre but soit de lui donner pour circonscription les atti ibutions de l'imprimeur, nous avoçs jugé à propos de , renfermer dans une description sommaire de la typographie les notions préliminaires qui s'y rattachent, natureiieinent, a£n qu'on pût y parcourir sur tous ses points le domaine de cet art.

La première de ces opérations est la gravure du poinçon. Le poinçon est une tige d'acier à l'extrémité de laquelle est gravée en relief une des lettres faisant partie d*un caractère. Le travail du graveur est sans contredit, de tous ceux qui concourent à la fabrication des livres, celui dont l'exécution requiert un talent plus spécial et dont les babiles résultats

procuiLJiL le plus justciiiLiit a leur auteur le titre honorable d'artiste. Pour ^e livrer à ce genre de

Uiyiiiiied by

1 N t R O D IJ CT I O N. XXX vij

gravure, il faut avant tout être .doué d'une grande justesse de coup d'œil ; car c'est la vue seule qui en redresse les défauts. L*étude des bons modèles, ^ai te avec discernement, est également nécessaire. C'est ordinairement le itiéme graveur qui est chargé de tous les poinçons d'un même caractère. Lorsqu'il est fixé sur la condition primitive , qui est la forme générale qu'il doit donner au caractère , il grave comme essai une première lettre, qu'il retouche jusqu'à ce qu'elle puisse servir de base pour les autres. Chaque lettre doit être passée au calibre , instrument qui mesure la hauteur de l'œil de la lettre. Le calibre doit mesurer : i" les lettres sans prolongement, telles que l'o , le n , etc., et la portion équivalente dans les autres lettres, cette partie étant fondamentale pour tout le caractère; a" le prolon* gement, soit supérieur, soit inférieur, des lettres du bas de casse ; 3" les grandes capitales ; 4" petites capitales, lorsque leur hauteur excède celle des lettres ordinaires ; 5" les lettres à double prolongement , comme le Q , le y, la parenthèse , le crochet, etc. . •

La largeur de l'œil de la lettre, ne pouvant être déterminée comme sa hauteur, ne peut non plus être assujettie à une mesure commune ainsi que cette dernière dimension. Mais il est certaines lettres (jue l'analogie de leurs formes indique au graveur

xxxviij INTRODUCTION.

comme devant être identiques dans leurs proportions : tels sont d'une part le b , le d , le p et le et d'usé .autre part le n et Tu. Les efforts du graveur doivent tendre constamment à ramener chaque

poiiiçoa à un système uniforme de giaviae, de manière à ce que toutes les lettres d'un même caractère considérées collectivement offirent l'harmonie la plus parfaite. Pour faire épreuve du poinçon I on le présente à la flamme d'une bougie , et on en prend l'empreinte sur une carte sèche et bien lisse, qui doit reproduire aveclaplus grande netteté les gras et les fins de la lettre. Cette épreuve s'appelle un Jumé. Le graveur doit faire d abord un fiunë de chaque lettre isolément , afin de corriger les imperfections de détail, et ensuite un fumé générai du caractère , pour allégir ou regraisber les lettres dont les pleins seraient trop lourds ou trop légers , et pour corriger les autres dé&uts d'ensemble.

LcNsque lie poinçon a été définitivement retouché

et qu'on lui a donné la trempe nécessaire , on s'en sert pour frapper la matrice. La meUnce est un morceau- de cuivre, dressé en forme de paralléllpipède. Pour opérer la frappe de la matrice, on pose sur un point déterminé de l'une de ses &ces l'extrémité gravée du poinçon , et on l'enfonce à l'aide d'un marteau, eu frappant sur l'autre extrémité.

INTRODUCTION. xxxix

qui , en raison de cette opération , doit offrir une surface un peu plus large. Pour les frappes dont la gravure est d'une finesse particulière, on se sert quelquefois de matrices incrustées d'argent, ce métal étant plus tendre et susceptible de reproduire avec une netteté plus parfaite l'empreinte du poinçon. Il arrive assez fréquemment que le poinçon se casse pendant la frappe , soit par la faiblesse de la trempe, soit par un défaut de l'acier, soit enfin parce que le poinçon n'a pas été placé pour Topération dans une position convenable. Les matrices d'argent préviennent beaucoup de ces accidents.

Après la frappe des matrices , on procède à leur justification. Cette opération a pour but de les équarrir dans le sens de l'empreinte qu'elles ont reçue, et d'égaliser leur profondeur, qui a pu varier à la frappe, en limant la face creusée par le poinçon. La frappe et la justification des matrices doivent être confiées à un mécanicien intelligent, et qui ait des connaissances positives en métallurgie.

C'est immédiatement après ces deux opérations que commence la série des travaux qui sont du ressort de la fonderie.

Le moule qui sert à la fonte des lettres se compose de quatre parties , dont deux sont invariables comme la force de corps, et les deux autres, bien que parallèles , se rapprochent ou s'éloignent suivant

>1 , INTRODUCTION

l'épaisseur de la lettre. L'ouvrier place la matrice à rextrëmité du moule, où elle est assujettie par un crochet en fer. Il prend avec une cuiller la matière qui est en fusion dans le creuset, et la verse dans une espèce d'entonnoir formé à cet effet par les deux pièces du moule. La matière tombe perpendiculairement ; et , afin que le métal se précipite plus rapidement, le fondeur opère avec la main gauche, qui tient le moule , un mouvement tendant à faire pénétrer plus sûrement la fonte dans toutes les cavités de la matrice. L'ouvrier démonte chaque fois le moule pour en extraire la lettre qui vient d'être fonduCy / . . . - r . * •

Comme il arrive fréquemment que plusieurs ouvriers fondeurs travaillent à un même caractère, il est nécessaire que le chef chargé de les diriger s'assure si leur ouvrage concorde sous le rapport de de la hauteur, de la force de corps, de la pente, de l'approche et de l'alignement des lettres. L'exécution constamment uniforme de ces conditions est de la plus grande importance pour la perfection des caractères.

Les opérations qui succèdent à la fonte proprement dite , et qui sont relatives à \ apprêt des lettres, sont :

i" La ronipure^ qui a pour objet de détacher du pied de la lettre uu excédant de matière qui est

IMROUlUCnON. xlj .

iiecessaire pour la fonte, mais qui ue doit pas atti»i6ter après cette opération ;

2"" La froetenCf dont le but est de faire<]i8paniltre les barbes qui adiièi eiU aux augles des lettres , ce «pie foQ ùàt en frottant sur une pierre unie les deux fiioes latérales dont k distance est la mesure de répai&seur ;

3' La composition f qui se fait par sortes et dans

de longs coiDposteurs eu bois.

Après cette opération, les lettres arrivent à Xap^ prêt proprement dit. Elles passent du composteur de bois dans une espèce de composteur eu fer, qui Élit partie de Tinstrument appelé coupoir. Elles se trouvent dans le coupoir placées perpendiculairement , et maintenues à Taide d'une vis qui le serre et le desserre au besoin. Au moyen du coupoir et de

(lifTérents rabots* faits pour cet usage, uii pratique d'abord une gouttière sous le pied de la lettre , pour fiûre disparaître les aspérités qui restent après la rompuie, et qui feraient varier la hauteur; ensuite on fait les talus , en abattant les angles inutiles de la surbce qui porte l'œil de la lettré ; enfin on ajoute léserons supplémentaires , lorsque l'imprimeur en a demandé. Toutes ces <^>érations se font, non sur chaque lettre isolémeul , mais sur tout uii composteur à la ibis.

Les lettres ^ après avoir subi l'apprêt , sont re-

xlij IJMKOJPUCTION.

placées dans les composteurs, pour y être toutes

examinées successivement , et rëibrmces lorsque quelque dë&ui empêche qu'on ne puisse s^en servir. On en fait ensuite des paquets , où toutes les sortes sont rangées distinctement, et sur lesquels est inscrite l'indication de leur contenu. Il n'y a aucun inconvénient à ce que les cadrais et les espaces soient mis en cornets, pourvu toutefob que chaque sorte d'espaces soit séparée.

Ici s'arrête la série des opérations typographiques qui précèdent l'impression. La suite de ce ràumé laconique, faisant Tobjet de ce. Traité, s'y trouvera avec tous les développements qu'elle comporte. Nous répétons que nous n'avons point prétendu suppléer par ce rapide aperçu à la description d'une partie de la typographie étrangère à no& études et à nos occupations ; et que notre but sera complètement att^nt, si nos lecteurs peuvent en retirer la con> naissance sommaire de cet art , dont les branches , maintenant divisées, demeurèrent quelque temps réunies en un 'seul fiiisceau.

Page 1