‹ Traité de la typographie (volume 4)Chapitre 45 sur 84 · COMPOSTEUR · texte numérisé non relu

COMPOSTEUR

Le ^om/N»lear est un iiutrument dans lequel on place les lettres pour en former des li^es. Gomme la longueur de ces lignes , ou la justification, est ordinairement déterminée par des interlignes qui sont fondues suivant un système de proportion , on se sert de ces interlignes pour justifier le composicm , opéj ation (jui sera plus facile à concevoir , quand ou connaîtra le mécanisme et la structure de cet instrument.

La substance qui sert à sa fabrication est le fer ou le cuivre, mais plus ordinairement le premier de ces deux métaux « dont Toxide est moins malfaisant. 11 est composé de deux pièces soudées perpendiculairement Fune à l'autre, et égales en longueur; d'une troisième placée à Tune des extrémités des deux premières ^ formant angle droit avec chacune d'elles , et qu'on nomme le takti; d'une pièce mobile, appelée lan^ gueUc , parallèle à celle-ci; et dune vis avec son ccrou 9 servant à fixer la languette lorsqu'on justifie le cmnpasUur, L'une des deux premières pièces , celle sur laquelle porte le cran de la lettre, et qui est pa-

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railèie à sa hauteur et perpeadiculaire à sa iurce de 4ïorp6 , est percée à de certaines «fiftipces de trous destinés à recevoir la vis suivant la mîRke de la languette. La hauteur de cette pièce est presque toujours la même , parce que celles des caractères, qui changent suivant les maisons^ ne diffèrent que d'une demiligne au plus : elle est ordinairement de huit lignes. L'autre pièce , celle qui est perpendiculaire à la hauteur de la lettre , «et conséquemment parallèle à sa force de corps , est plus'outnoim haute soitÉuiC'le goût (les composiieui s , et le nombre de lipies qu'ils veulent laisser u la tois dans leur composteur, La languette ofire , à Tune de ses extrémités ^ uià4 snrftiiÉe égale an talon , qui lui est parallèle ; elle esk kâHHSÊXhi dans sa longueur, et forme une coulisse au milieu de laquelle passe la vis ^ après avoir traversé la pièce de dessous. La téte de la vis est en dehors dar*t«M^friir; son autre bout est retenu par l'écrou au-dessus de la languette. - < "t >

Toutes les parties du eampasiear doivent éfarè ^]^r^ faitemebt dressées , afin que les lettres y scneht*j(Aiëlës bien droit , ce qui est la base d'une bonne justilication. Ou doit s'attacher en le justifiant à ne point prendre la mesure trop juste ni trop large , et à laisser seulement assez de jeu pour que 1 mterligne y entre et en sorte sans dilhculté.

Dans la composition des placards et autres ouvrages à grandes justifications , on se sert de eomposUurs de bois , parce que ceux de fer nuiraient par leur poids

au travail de Touvrier » qui est obligé de le tenir dans la main gauche. Toutefois ces compotUurs sont

revêtus dans l'intérieur de lames de métal , ({iii leur donoeat de la solidité , et qui ajoutent à la justesse de riustniment.

On 86' sert aussi pour corriger sur le marbre de compêsUurs de cette espèce , mais qui ne sont autre chose que des morceaux de bob entaillés de manière à receyoir les lettres de la correction et celles qui sortent de la forme. Ils sont du même genre que ceux employés dans les apprêts des fonderies.

Le nom de cet instrument est le signe distinctif du Lravdil du compositeur. C est ainsi que l'on dit quelquefois Unir le composleur, ce qui signitie être employé à la composition.

CHASSIS, RAMBTTBS.

Le châssis est un cadre dans lequel on impose les pages , lorsque ^ étant réunies au nombre voulu par leur format y séparées par les garnitures et entourées dç réglettes et de biseaux , elles composent une forme.

C'est lui (jui , à l'aide des coins placés entre les biseaux etses bandes , maintient tout cet assemblage, au point qu'il ne fait plus qu'un corps, et acquiert la mobilité nécessaire aux différentes fonctions de Timprimerie. C'est un rectangle formé par quatre bandes de fer , pareilles dans leur largeur et dans leur épaisseur , et coupé par une cinquième bande de la même hauteur

que les autres , mais plus étroite , qui le sépare en cleu.v parties égales. Cette cinquième bande s'appelle la barre du châssis ; et les séparations qu'elle opère, les colés du châssis. On verra que la barre traverse le châssis, tantôt dans sa hauteur (1), tantôt dans sa largeur , suivant la nature du format auquel le châssis est destiné. •

Il y a deux sortes principales de châssis , ceux vulgairement appelés in-quarto , et les châssis in-douze.

Les châssis in-quarto ont la barre perpendiculaire au sommet et à la base , et parallèle aux deux bandes latérales , dont elle est également distante. Ils servent pour l'imposition des in-folio , des in-quarto , des inoctavo , des in-seize , des in-vingt-quatre , des intrente-deux , des in-trente-six , etc.

Les châssis in-douze sont traversés par la barre dans le milieu de leur largeur, en sorte qu'elle est parallèle à son sommet et à sa base. Ils ne sont eu usage que pour ce format.

Les premiers sont presque carrés : il n'y a guère plus d'un pouce de différence d'une dimension à l'autre ; le surplus est toujours porté dans la largeur.

Les seconds sont mi peu plus allongés dans le sens de la barre , qui est également celui de la largeur ;

(i) Pour prévenir toute espèce de doute ou dVrreur sur les dimensions du châssis et la position de la barre , nous dirons tp^on entend par hauteur la distance des deux bandes qui sont parallèles aux jumelles , lorsque le rhdssis est sous presse j et par largeur, la distance des deux bandes latérales.

et, dans ce sens^ ils ont environ un quart de plus que dans la hauteur.

11 y a une troisième espèce de châssis appelés hollandais, qui servaient autrefois à l'imposition de l'indouze. Leur forme est la même que celle des châssis in-quarto ; ils ne différent que par la position de la barre , qui , au lieu de le partager dans sa hauteur en deux, côtés égaux, le coupe au tiers en partant de la gauche. Cette sorte n*est plus en usage maintenant que pour l'imposition des sixièmes de feuille dans les in-douze et dans les in-dix-huit.

La barre de ce châssis , ainsi que celle du châssis in-quarto, portent deux crénures, c'est-à-dire deux entailles prolondes , évidées, de deux, à trois pouces d'étendue chacune , pour recevoir les pointures. Dans les châssis in-douze les crénures sont inutiles, attendu que les pointures tombent sur les têtières du petit cahier.

Jl y a encore une autre espèce de châssis , qx^im appelle rameUe, et qui dilïëre des autres en ce qu'elle

n'a que le cadre et point de barre. Elle sert pour tous les ouvrages de format atlantique, quelles «que soient d'ailleurs la dimension du papier et celle de la forme à imprimer. Elle est aussi d'un usage trèsiréquent dans cette partie importante et variée de la typographie connue sôns la dénomination générique d'ouvrages de ville , comme pour les placards , tableaux , cartes , etc. Les han es des châssis étant mobiles , et ne tenant qu'au moyeu de mortaises en queue

çL'aronde taillées dans les bandes ^ en «nlevani leurs barres on enfuit des raim^s. ^

Parmi les châim in-quarto, il y en a de toutes les graaideurs, et en cela ils siiive)^ ordiuairemeiit les formats des papiers. Âiilsiii^eii existe «ar les diiTérentes proportions , depuis les ouvragips-qui doivent se tirer sur des cartes, jusc^u'à ceux qui peuvent Tètre sur grand-aigle.

Les châssis in^ouze ne* varient guère que dn carré au grand-raisin, et il est rare d'eu voir pour d^utres que pour ces deux formats.

11 y a des rasnetUs de toutes le% formes et de toutes les proportions , parce que leurT0inpldi' est beaucoup plus vague et moins déterminé que celui des châssis , généralement destuiés aux labeurs. On en voit de très-longuesi et très-étroites qui senrenl. à tenir les têtes des registres; d'autres à bandes très-kr^ et très-épaisses, comme celles où l'on impose les placards ou autres objets lourds qui exigent uneiSûUdiié et une résistance particulières ; d'autrés av^initraire, extrêmement restrmntes daus'ieurs proportions , qui quelqueiois n'excèdent pas celles d une page m-octavo. D'ailleurs ^ comme elles se j^îbent dan^f tous les sens «ur le marbre de la presse , et qu'elles a^iapproprient toutes les posuions requises par la diversité des ioruies, on ne doit pas leur appliquer l'explication donnée c»-desstis des diverses dimensions dtt;«A4l^<V.

Voici les principales conditions qui constituent la perfection d'un c^iz^^û. '

COHPOSITIOJ^. 193

I® La largeur des bandes doit être proportionnée au format du châssis. Son «paiaaeHr doit être de cinq lignes environ.

2® La barre doit être moins large d'un quart en- YÎron que les bandes , et de la même épaisseur. £lle doit entrer avec force -dans celles où elle est encUvéè et y être adaptée solidement , pour que la forme ne coure pas le risque de se briser quand ou i enlève. 11 iant aussi qu'elle soit bien exa<;tément perpendiculaire à Tune et à l'antre. Ses crénures doivent être profondes et bien évidées , pour ne pas émousser l'ardillon de la pointure. 11 est important qu'elle soit de la même force dons toute son étendue , pour que lès pages ne chevauchent pas et que le registre ne puisse pas varier. Lin moùi semblable exige que les barres des ekâssis pour les mêmes formats soient toutes é^es enjMdles.

Les bords du châssis doivent éire bien dressés afin qu'il soit d'à-plomb sur la presse , bien unis en dedans, et surtout bien d'éqnerre dans les an^iles. Leurs coins extérieurs doivent être légèrement arrondis et termines par une pente insensible , pour qu*ib embrassent la fome des cornières et se maintiennent sur le marbre sans difficulté.

Les cliâssis semblables entre eux devraient avoir une marque particulière qui les fit recoanaitre, el. au moyen de laquelle il îùx possible de les assortir.

19i PARTIE 1/ CHAPITRE YI.

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