‹ Traité de la typographie (volume 4)Chapitre 61 sur 84 · PAPIERS · texte numérisé non relu

PAPIERS

1 ri coimaissaiicc des papiers est un des ëléiiieiils de L'instructian typographique. Un imprimeur doit àyant tout savoir les qualifier sous le rapport de leur iormuL; il tiuii sasuir les apprécier au tact et à la vue* 1^. y A àMk& ce genre de l i hi icatiun un^iouie de défauts dont aucun ne doit échapper à son in* spection , et que l'œil doit avoir relevés Avant qu'il$ uc se soient miuiifestés au tirage.

Les' principales qualités d'un papier sont celles qui constituent sa régularité , telles que l'égalité do leiiilles quant à ia ciimenssio:: , a l'épaisseur et à It nuance. C'est à ces trois conditions qu'il faut surioui s'attacher, comme étant celles dont l^omission est le plus préjudiciable à la confection des livres. C*inégalité de dimensions iletruit la eouibniaisoii des ijlancs, et diminue d'autant les marges extérieures \ celle de l'épaisseur opère dans le foulage et par consequest dans rinipression , une clitîérence sensible; enfin rinégalité de nuance occasipne de ces disparates qui déparent et déshonorent un Tolume. Ind^endani'»

PU

ment de ces défauts, on doit examiner si les feuilles sont terminées bien carrément , si elles ne coutîen-

nent pas clc c(^s plis qui se forment ù la iabi iealnin, et qui y 11^ pouYaai disparaiLi^e au tirage, divisent les lettres qui portent dessus; si elles n'ont pas de

ces parties faibles formées par des ^'outtes d'eau qui I-Oiiibuiit sui la pàl.eenc;oi c liquide, et (|Uircpr(>4ui8tîlit

infailliblement les mêmes tiaiiblesses dans le tirage,

Comme il y .a des papiers de diverses qualités «t

de divers clioix, il SLi.iii ui juste d'exiger pour tous la même perfection ; niaîâ il n'en est pas moins vrai qiie ceux qui ne réunissent pas les différentes conditions que nous venons d'indiquer nuisent plus ou moins au tirage,, dont la qualité dépend eu grande partie de la nature de cet élément.

11 existe "une quantité considérable ^e formats de papiers ; noua nous boi nci ons à donner ici la nomenclature de ceux qui sont le plus usités dans rimj^rimêrie , et dont les autres ne sont en quelque sorte que des modifications. Ils sont ci-après désig^nés suivant la progression ascendante de leurs dimensions.

Tellière , Couronne , Écu, Carré , Cavalier, Grand- Raisin, Jésus ^ Colombier, Grand -Aigle, Grand- Monde.

Avant d'entrer dans quelques détails sur Temploi le plus fréquent de ces différentes espèces de papiers,

et de présenter les particulariti's relanvcs a chacune d'elles , nous tcrons remarquer les deux distinctions principales à établir dans un même forniat, savoir

no PARTIE II, CHAPITRE IIL

le papier vergé et le papier vélin. Les vergeures sont de petits linéaments borizontaux et très-rapproehës dont l'empreinte est opérée sur les feuilles par les fils (le laiton qui composent le tissu des formes sur lesquelles la pâte s'ëtend et së fige à la fabrication» H y il due autre marque dîstinbtiye dans lès papiers- vergià; ce sont des lignes parallèles entre élles et perpendiculaires aùl Yelfgeures y qu'on appelle poMUiéaux, Les pôntusèaAax sent également distants danft uiàûè^'^Mâie feuille; mais cet intervalle, qui n'est déterminé par aucun motif d'utilité , est entièremeni arbitraire quant à sa fistation prinlitive. ' '*^\

Le papier vèïèi ne porte ni vérgiftlii*es'' iài poiÉk> seauK. Le tissu de la forme qui sert à sa fabrication est plus fin et plus serré , et ne laissé ap é f c ëiolf 'dé Ifhéamehts ^flbaaauèun sehs. Ce gi^nré de papâif^ o^dînairement fait avec la pâte ha plus fine, et iabriqué avao des Sjoins particuliers.

"L^ papier tellièrt ^ vulgairettiéiit appelé- 'jri|jftfl^ ministre , sert aux impressions de bureau. Il 'e^M^ mciue des deux formats supérieurs, la courotme ^ Vécu.

Le eûrré est de tous les papiers d'impression le plus

t^énéralemenl usité. On peut évaluer sa cuiiboniinalioil à soixante-quinze rames sur cent de tous les formats. 11 y a une sorte de carré collé que Ton appelle eoqmUe, et qui est d'un emploi assez fréquent, notamîAent pour les impressions d'ouvrages de ville. Le carré, comme tous les papiers d'impression qui n'ont point

à recevoir l'écriture , est ordinairement sans colle on légèr^nénl ooUé. La colle doniie de la consistance

au papier; mais elle nuit (juelqiiefois à sa blancheur, et souvjeut elle lui donne une rudesse qui le rend moins accessible à Tenerey dont il dok s'imboire sans effort.

Le cavalier est un format récemment admis , et qui est intermédiaire entre le carré ei le ^andraâûn.

Le graîid-raîsin est , après le carre , le lurmat le plus fréquemment employé. Ou s'en sert ^ soit pour des ouvrages impriaiés avec un. certain lu:aa typo^aphique , tels que les parties d'éditions qu'on appelle p'onds ^papiers, soit pour des volumes compacts uu à colomnea» ai dans le cas où la dimension dn carré serait insufiisaate.

Les autres formats ^ c'est-à-dire le Jésus, le colom^ hier^ le grmnd^ûgk et le grand-rwmtk , sont .de moins en moins usuels en. raison de raccroissement de ces dimensions. Ils ne servent guère qu'à de grands registres, à des. textes de gravures ^ à des placards ou à des. tableaux.

Noos n'étendrons pas plus loin nos observations sur les dilférents papms usités dans i imprimerie. Nous avons dû nous borner à présenter ces produits sous le rapport de leur application \ Fart typogra» phique , et omettre les détails relatiis a leur fabrication.

RAME, M Ain y VEUILLE. .

La ratm se compose de cinq cenls feuilles, disposées ordinaùrenient par cahiers de 'smgi'^VQq^/eu^s chacun que l'on appelle mains.

Certaines lubriques ont l'habitude de laisser les /tuUUt ouvertes; et souTent dans ce cas elles en font des pa(}uets de mille. Cet arrangement a quelques avaîUafjes , et notamment celui d éviter le pli du milieu, qui disparait dilUciiement, malgré la trempe, sans laisser des rides , et qui porte sur Timptession dans certains formats , tels que Tin-douze et l'atlas. ' Mais le bénéfice de cette méthode est loin de compenser les inconvénients qu'elle peut occasioner, et avant tout celui de rendre impraticable la vérifi* cation du nombre à^Jeuillcs , la |)crLe de temps qu'elle nécessite en forçant à les compter une à une , et les risques auxquels elle expose d'opérer des tirages incomplets.

li iaudrait, pour obvier à ces inconvénients tout en conservant ces avantages , que les fabricants eussent le soin , en tenant les feuUlês ouvertes , de séparer

chaque nuiut par une mar4|ue» Cette précaution préviendrait toute erreur.

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