TIRAGE PROPREMENT DIT
Tandis que l'un des ouvriers s'occupe à prendre l'encre , à la distribuer et à toucher la forme , l'autre est chargé du tirage proprement dit.
Ce dernier prend sa feuille sur le pupitre , la place sur le tympan , abaisse d'un seul mouvement la frisquette et le tympan , roule le train sous la platine , ûre le barreau^ déroule le train, relève le tympan et la frisquette avec la main droite , et de la main gauche soutient la feuille , qu'il reprend ensuite de la main droite lorsqu'elle est dégagée , et la remet sur le banc.
Cette opération demande de l'unité dans le mouvement , qui est exécuté avec promptitude. La feuille doit être placée bien exactement sur la marge ; si c'est dans les trous des pointures , ils ne doivent pas être élargis , ce qui ferait varier le registre. Le moulinet doit être fait avec précision , pour que la frisquette ne s'abatte pas sur la forme. Le train doit être roulé au même point pour que la platine porte également sur le tympan; il ne doit être déroulé qu'autant que cela est nécessaire au relevage du tympan , afin que la frisquette conserve son inclinaison.
2ù4 PARTI£ II, CHAPITRE II
R&TIRATIOM.
La retiration (1) est le tirage du second côté da papier.
Lorsque ToiiYrage tiré est imposé par demi-feuiUe; le papier se met en retiration sur la même fiorme ,
soit après la totalité du tirage etai blauc , soit après ime partie seulement , si le tirage est trop considérable* On doit éviter, quand on le peut, de mettre du papier trop promptement en retiration ; mais d'un autre côté il est bon de ne pas l'y mettre plus tard que le surlendemaki du jour où il a été tiré en blanc.
Quand tout le papier a été tiré> d'un côté , l'imprimeur r en levé du pupitre , et le retourne dans le sens requis par le format.
Pour l'in-douze ^ le pa^iier se retourne dans le sens le plus étroit , ainsi que l'indique d'ailleurs la position des pointures.
Pour rin-octavo et tous les autres formats^ le papier
se retourne dans le sens le plus large , excepté dans
certaines impositions combinées^ où il doit être
retourné in-douze. Dans ce cas k projte doit en pré»
venir Fouvrier.
L'imprimeur donne tierce de la secoiide forme,
(i) Le mot iTtiration est évidemment le substantif reiVratioA, corrompi! par le langage technique. F^es Anglait ie tradililCilt par retieraiion , ce qui vieat à l'appui de notre remarque.
TmAG£. 2SS
]*arréle dans la même position c{ue la première , exa* iiiiiKî le registre, yérifie la guruiture, et diminue d'un lour de vis le foulage de la presse.
U place mr la mar{^ tme feuille de papier de décharge. Le but de cette feuille est de reéeiroir une partie de l'encre dir yemier côté qui se détache infidUîblement à la retiration par l'effet du eontre* IbiÉlafiC Gallé feuille doit être renoiiTelée par Tim*
primeur j tlè^ il peut craindre qu'elle ne in;i(*ule Ui feiuillr imprimée. On emploie urdinairemeat pour papier fin et égal de £td>rication pour qu'il ne nuise point au tirage , moelleux pour qu'il ménage la l^tre , et légèrement collé , aiiu qu'il ne lâche pas l-anerft irop ^uxlement.
Lalenille de décharge se glisse sous les pointures , qui la maintiennent. On la colle ordinairement dn ha&, et cm l'écorne comme la marge ^ pour éviter qu'dl»/iie s*enlèYe avec la feuille que l'ouyrier prend «ir le tympan.
Qeâ ilisipo&itxous laites , l'imprimeur apporte à la Me en Min les modifications que demande la mmvrikforma:
Les i'euilles se pointent au lieu de se iiiarger. Cette (qpéràtion demande de l'attention. Si la feuille n'est pilikieii fixée dans les pointures» elle peut glisser , ou les trous peuvent s'agrandijr , ce qui détruit la justesse du registre.
. DE hk CESSATION DU tRATÂiL.
Lorsque les ouvriers interrompent leur travail, aoit dans le cours de la journée , soit à la fin , ils ont à prendre certaines précaul^ns pour que le tirage ne souffre pas.
L'ouvrier qui est au tympan doit tirer deux ou trois fois le barreau sur une féuitle de décharge , pour enlever entièrement l'encre dont la suriace est einprointe , et qui , en se séchant , nuirait à la netteté de Timpreasion. 11 doit aussi rouler le train sous^la platine , pour mettre la forme à Tabrî "de tout accident. Le papier tiré doit être placé sur celui qui reste à tirer, afin d'entretenir sa fraîcheur ; et le tout doit être couyert d'un ais .
L ouvrier qui touche doit laver le loulceiu, ou, suivant la température i'cnduire d'encre ou de vernis, puis le suspendre à l'abri de la poussière , et garantir également la table et le cylindre par un couyercle de carton ou de fer-blanc destiné à cet usage. S'il se sert de balles , il doit les démonter en laissant toutefois une partie fixée avec les clous , humecter la doublure, et la rabattre sur les cuirs.
» Les pains de laine doivent être remaniés de temps en temps , attendu que la partie^ qui touche la doublure finit par s'endurcir, ce qui rend les balles plus difficiles à distribuer, et ce qui nuit au caractère. 11 est également nécessaire de frotter les blanchets,
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pour faire revenir la partie froissée par le foulage. C'est un moyen de conservation qu'il ne faut pas négliger.
Les tympans doivent être collés de nouveau lorsqu'ils commencent à devenir flasques. Leur relâchement fait friser les bords des pages.
Les presses demandent à être entretenues dans une grande propreté. L'espèce de cambouis formé par la poussière et l'huile que Ton verse dans la vis et dans les bandes ôte , en s'endurcissant , du jeu aux pièces d'engrenage , et peut par cette raison occasioner quelques accidents.
Les ouvriers qui considèrent tous ces soins comme inhérents à leurs fonctions doivent s'apercevoir qu'ils améliorent et facilitent leur travail.