‹ Traité de la typographie (volume 5)Chapitre 100 sur 126 · SALLES · texte numérisé non relu

SALLES

La balle se compose d'un morceau de Bois, creux , de forme conique , un peu arrondi vers le milieu y au sommet duquel est ajusté un manche également en bois ; de deux cuirs taillés en rond , |iont Tun sert de doublure , et qui se fixent l'un et l'autre , avec des clous , à la base du bois de balle; et d'un tampon d» laine, qui remplit la cavité du bois et le vide formé par le cuir.

Les cuirs de chien sont préférables aux cuirs de mouton ; ils gardent mieux Tencre et durent plus long-temps. Les vieux servent de doublure. Les clous dont on se sert sont carrés , et ont de quatre à cinq lignes de longueur.

Yoici de quelle manière on monte les balles à neuf.

On fait tremper les cuirs pendant douze heures environ ; on les roule ensuite , et tenant une extrémité de chaque main on les détire le long d'une corde ; on les enveloppe d'une maculature , et on les corroie avec le pied , en ayant soin de choisir la partie la plus unie du plancher et de se servir d'une semelle non cloutée , afin que le cuir ne puisse être endommagé par aucun corps tranchant.

Cette opération faite , et renouvelée jusqu'à ce que le cuir soit suffisamment assoupli , on remplit le bois d'une laine neuve ou nouvellement cardée, et disposée par bandes , afin qu'il n'y ait pas d'intervalles, et que

le cuir soit tendu dans toutes ses parties. Le cuir est provisoirement fixé avec quatre clous , placés à égale distance. On l'arrête ensuite définitivement ^ de manière 9, ce *que les clous portent à la fois sur le pli du cuir et sur la dbublure.

Lors^'e les deux balles sont ainsi montées, on les imbibe de vernis , pour les préparer à recevoir l'encre. On enlève ensuite ce vernis avec un couteau

à lame ronde et non affilée , en remontant des bords du cuii^ vers son milieu. Cette opération s'appelle ratisser les balles.

On prend ensuite deTencre, on distribue les balles, on les décharge sur une feuille de papier collé y placée entre elles deux ; puis on reprend de Tencre , on touche pour s'assurer si elles sont prises , et ou recommence cette opération jusqu'à ce qu'elles soient encrées bien à propos.

On trouve quelquefois des cuirs qui n'ont pas été suffisamment dégraissés par le mégissier. Dans ce cas y on les saupoudre de cendre fine , et on les met en presse , pour en exprimer l'huile qui combat le vernis.

Lorsque l'ouvrier interrompt son travail pour quelques instants , il doit en laisser une aux chevilles et suspendre l'autre à une corde. Le contact les rendrait teigneuses.

Elles doivent toujours être démontées à la fin de la journée.

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