‹ Traité de la typographie (volume 5)Chapitre 2 sur 126 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

L'art dont la naissance est le plus beau titre de gloire du quinzième siècle, et le fait le plus mémorable de l'histoire des connaissances humaines; le procédé ingénieux qui, vainqueur du temps et de l'espace, reproduit à l'infini les travaux de l'esprit et les inspirations du génie ; l'invention dont la noble destinée est de rendre désormais la barbarie impossible, la science populaire, la vérité impérissable; Jlmprimerie, en un mot , a suivi l'impulsion donnée aux autres arts, pendant trente années d'industrieux efforts, par la civilisation, te plus glorieux de ses résultats. Illustrée en France par les Estiennes, elle y a été portée de nos jours par les Didot à son plus haut degré de perfection. Comme artistes , ils ont placé leurs produits au-dessus de la critique la plus

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sévère; comme lettrés, ils ont donné l'exemple inconnu avant eux d'éditions exemptes de fautes. Les types ont acquis sous leur burin cette finesse de gravure , cette régularité de proportions, cette élégance de formes, qu'où chercherait vainement chez les Elzevirs , et dont la supériorité sur ces derniers, proclamée par le bon goût, ne saurait plus être contestée que par le caprice de quelques bibliomanes. De nombreuse^ améliorations introduites par eux dans les procédés de la fonderie, et dans le mécanisme des presses, ont complété l'heureuse révolution qu'ils ont opérée dans la Typographie. Animés par l'exemple de ces grands-maîtres, quelques Imprimeurs se sont déjà associés à leur renommée; et, grâce aux habiles efforts de nos jeunes Typographes, l'art de Guttemberg paraît être dans notre patrie à l'abri d'une prochaine décadence.

Mais si nos célèbres artistes n'avaient coopéré à la gloire de leur pays en lui assurant sur ce point une prééminence incontestable, si, par des sacrifices de tous genres antérieurs à leurs succès , ils ne nous avaient inspiré le sentiment exclusif

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de la reconnaissance, nous serions tenté de leur reprocher de n*avoir point dicté eux-mêmes les préceptes, après avoir offert les modèles les plus brillants. Auraient -ils dédaigné cet œuvre de patience? ou plutôt auraient-ils craint de dérober à l'illustration nationale quelques heures d'un temps incessamment consacré au perfectionnement d'un art qu'ils voulaient élever à son apogée? Quel que soit le motif.de nos regrets , que nous devions ou non les en accuser, la privation d'un semblable ouvrage, qui eût été classique dans tous les pays où s'exerce cette utile profession , laisse une page à remplir dans les annales de l'industrie contemporaine. C'est cette page que , plus ou moins imparfaitement, nous avons essayé d'écrire; désespérant toutefois de pouvoir suppléer dans la description de cet art ceux qui lui ont voué trente ans de travaux et de travaux heureux.

Les progrès récents de la Typographie, qui maintenant, tant par la perfection de son mécanisme que par celk de ses résultats , semble être enfin devenue stationnaire , n'ont point encore

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