‹ Traité de la typographie (volume 5)Chapitre 29 sur 126 · DES SOINS A PRENDRE EN IMPOSANT · texte numérisé non relu

DES SOINS A PRENDRE EN IMPOSANT

Avant de commencer une imposition nouvelle , et afin d'établir les garnitures de telle so^e qu'il n'y ait plus rien ou au moins fort peu de chose à y changer, il faut se munir d'une feuille du papier destiné au tirage de l'ouvrage qu'on impose. Les dimensions des papiers sont tellement variables jusque dans le même format , que la connaissance de cette dernière condition ne doit pas dispenser d'une précaution aussi essentielle.

. Lorsque les pages ont été placées sur le marbre , suivant la disposition requise par leur format, on doit vérifier cet arrangement , afin de remédier sur-Iecbamp aux transpositions ou aux auu*e9i erreursi, que l'imposition rendrait plus difficiles à rectifier. Si c'est une feuille. que l'on impose , les deux châssis servant à ses deux formes doivent être parfaitement asBoatis quant ^ux d^men^ions, et not^tmmmit ^ant à l'épaisseur delà barre. S^il existait entre eux Urmoûadrie di& férenceà cet ég^rd ^ il faudrait k dire diaparahre a» moyen d'ii^terlignes. également àktv^xmes aux deux càtés de la plus faiUe 4«s deux barres ; on comprend facilement que la justesse du registre au tirage dépend

en grande partie de cette conformité. Les porte»pages doivent être enlevés , pour pins de facilité , avant que le châssis soit couché sur le marbre. On ne doit délier les pages que lorsque la totalité des garnitures est placée , et entourée des biseaux. Sans une pareille précaution, il arriverait que , les pages n'étant pas maintenues également de toutes parts , des lettres s'en détacheraient, et ralentiraient le travail de X imposition. Après que les ficelles qui lient les pages ont été toutes enlevées , il faut , pour ramener \e& garnitures et les pages vers la tète et la barre «du châssis , pousser en même temps les deux biseaux de chacun de ses c6tés. Cette opération étant faite avec soin, on choisit les coins , on les place légèronent , et on serre alternativement chacun des quatre càtés de la forme où sont placés les biseaux , en n'employant pas d'abord trop de force pour chasser les coins , et en ne r€;;»)ut&nt que plus tard au décognoir.

L'imposition des ouvrages de ville n'est aessajeitie à aucune règle. La grande variété de ces travaux exige des châssis et des ramettes de toutes les dimensions. Les garnitures ne servent en pareil cas qu'à remplir le châssis et à maintenir la composition. Il est seule- Td'&xt à remarquer qu'on doit toujours l'imposer dans le côté gauche dKi châssis , qui est cehii du premier coup de la platine pour les anciennes presses.

DE l'épreuve.

\J épreuve est le premier tirage que subit une forme après son imposition. Cette opération se réitère à différentes reprises ayant l'impression définitive , suivant la quantité des changements apportés successivement par les auteurs aux feuilles qu'on leur présente.

La première épreuve d'une feuille doit être lue à l'imprimerie par un correcteur qui la collationne avec la copie pour voir si le compositeur s'y est exactement conformé y en même temps qu'il relève les fautes qui peuvent exister sur l'original même. Cette opération faite 9 on remet Yépreuve au compositeur , qui doit exécuter ponctuellement toutes les corrections indiquées , puis faire tirer une deuxième épreuve. Si l'ouvrage dont la feuille fait partie n'est qu'une réimpression pure et simple , à laquelle il ne doive être fait aucun changement , on se contente de faire relire cette seconde à l'imprimerie , et le tirage définitif peut se faire après cette dernière lecture. Quant aux ouvrages d'auteurs vivants , qui sont susceptibles de subir entre la composition et l'impression des modifications plus ou moins importantes, plus ou moins multipliées, il est nécessaire de faire pour chaque feuille autant ai épreuves successives qu'il se présente de nouvelles corrections à exécuter , et jusqu'à ce que l'auteur , l'éditeur, ou toute autre personne qui en ait le droit , autorise le tirage.

Dans tous les cas , et quelle que soit la quantité A' épreuves qui se tire sur une même feuille , l-imprimeur ne doit que deux lectures. L'une a toujours lieu pour la première de toutes les épreuves , qu'on appelle première typographique ; l'autre pour la dernière , qui est le bon à tirer.

Il existe encore une autre espèce di épreuves postérieure à celles ci-dessus mentionnées. Elle s'appelle tierce. La tierce est le premier exemplaire tiré au moment de l'impression et dès que la forme est sous presse. Elle sert à vérifier les dernières corrections faites au bon à tirer, et à s'assurer s'il ne s'est pas commis de nouyelles fautes , ou s'il n'est pas tombé quelques lettres pendant le transport ou le layage de la forme. Quelquefois la tierce ne se relit pas entièrement , et l'on ne fait qu'y jeter un coup d'œil rapide; cependant, comme il est malheureusement Trai de dire qu'un volume sans tache est une perfection idéale , et qu'on ne saurait revoir trop souvent les épreuves pour purger un livre des fautes qui peuvent encore y rester , on ne doit pas considérer comme une opération inutile la lecture des tierces. La correction d'un livre étant la plus réelle et ]a plus durable des qualités qu'il peut réunir , on ne doit négliger aucun soin , aucun sacrifice , pour lui assurer ce genre de mérite.

Le tirage des épreuves est assez important dans ses résultats pour que l'on y apporte plus de soin qu'on ne le fait généralement. La facilité de leur lecture

dépend de cette condition; et comme beaucoup d'autres causes exposent le travail du correcteur au risque d'être plus ou moins négligé , on ne doit pc^nt lui refuser cette chance de .perfectionnement. Le tirage des épreuves doit être fait sur une presse affectée à cet usage , et par un ouvrier soigneur et expérimenté. La conservation des formes dépend beaucoup ^des précautions qu'on y apporte.

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