‹ Traité de la typographie (volume 5)Chapitre 30 sur 126 · DE LA CORRECTION · texte numérisé non relu

DE LA CORRECTION

L'opération qui succède à l'imposition et au tirage en épreuve est la lecture de la feuille ; mais , ocNBome elle sort des attributions de la composition, nous en parlerons dans une autre partie de ce traité , dont elle formçra une division spéciale. Nous nous eonttoierons , pour faire connaître ici au lecteur la progression complète et la liaison de ces diff(^ents procédés , de dire que l'épreuve de la feuille , ayant été tirée et lue , revient dans les n^ns du compositeur , qui s'occupe sur » le - champ de sa correction. Voici de quelle manière il s'y prend.

Il place sur le marbre les deux formes de la feuille ; il les desserre, en relâchant les coins de manière à ce que les lettres puissent être enlevées facilement. Il examine si les corrections sont intelligibles^, c'est-àdire, non-seulement si elles sont clairement indiquées, mais encore si leurs résultats présentent le sens que le correcteur a eu l'intention d'y donner. Ce n'est

qu'après de semblables précautions qu'il doit commencer a corriger.

Il lève ensuite dans un composteur toutes les lettres nécessaires à l'exécution de ses corrections.

La ligne dans laquelle doivent être faites une ou plusieurs corrections doit être élevée au moyen de la pointe y qui presse l'une de ses extrémités , et de la main gauche ^ qui dirige l'autre. Cette ligne se trouvant plus haute que le reste de la page , on a toute la £aicilité nécessaire pçur ajouter, changer ou retrancher ces lettres ; cela se fait , soit en diminuant ou

en augmentant les espaces , soit en rejetant des mots de ligne en ligne , ce qui très - souvent nécessite un remaniement pour tout le reste de l'alinéa. Si les corrections ne portent que sur un mot de la ligne , on peut ne lever que ce mot , en glissant d'un côté 1% pointe et de l'autre le doigt dans le blanc laissé par les espaces.

On se sert habituellement d'une pince pour enlever les lettres à la correction. Dans ce cas , il faut faire la plus grande attention à ce que les deux branches de la pince , glissant sur le talus de la lettre , n'aiUent se rejoindre sur l'œil , qu'elles endommageraient. Alors la lettre serait perdue, et devrait être jetée à la fonte. Les formes étant corrigées , le compositeur serre légèrement les coins avant de taquer ; puis il les enfonce davantage à l'aide du décognoir et du marteau. Si la feuille demande une nouvelle épreuve , il la porte à la presse destinée à cet usage ; sinon , il remet les

formes aux ouvriers imprimeurs qui doiyent les tirer.

Quant aux soins que la correction exige de la part de Touvrier, ils se bornent, 1" à prendre tous les ménagements nécessaires pour que les lettres placées ou enlevées par cette opération soient conservées intactes ; 2** à faire en sorte que la composition ne souffre en rien des remaniements que les corrections ont pu nécessiter, et qu'elle soit en pareil cas repassée au composteur ; 8* à vérifier sur le plomb , en les ^collationnant avec l'épreuve, les corrections qui y sont indiquées.

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