LIGNE
La ligne est un assemblage de mots placés sui-
yant une direction horizontale , et compris dans un espace donné. Cette longueur fixe est la justification. Les lignes concourent à la formation de la page. Leur nombre est déterminé , V par la force du caractère employé dans le texte ; 2** par celle de rinterligne; 3° par la justification , avec laquelle la longueur de la page doit toujours être en harmonie, et dans une proportion indiquée par Tusage et par le goût.
C'est une règle générale que dans la prose les lignes sont toutes de même longueur, ce que l'on obtient ^i mettant plus ou moins d'espace entre les mots , et en les divisant au besoin. On fera connaître ailleurs le petit nombre de cas où la nécessité autorise à contrevenir à cette loi typographitjue. Dans la poésie, où le nombre des lettres éprouve de grandes variations, même daqs les vers de même mesure , on est convenu de mettre dans chaque ligne les mêmes espaces entre les mots , et de terminer la ligne dans quelque partie de la justification que le vers vint à finir. Mais pour que la longueur des lignes soit égale matériellement, on complète avec des cadrats celles qui ne rempUssent pas la justifia cation.
On appelle ligne de tête celle qui se place au haut de la page , et qui comprend le folio et le titre courant, quand l'ouvrage en porte. Par analogie, on nomme ligne de pied la ligne du bas de la page, où se place la signature, lorsque la page en prend
une y. et qui y dans le cas contraire j est entièrement composée de cadrats.
La ligne pleine est celle dont la matière occupe toute la justification.
La ligne de blanc est une ligne de cadrats qpe l'on place dans les cas où Talinéa est insuffisant, afin qu.e la pause soit plus marquée. Dans les ouvrages en prose , on l'emploie lorsqu'on passe d'une question fondamentale à une autre y d'une analyse à un résumé , et pour marquer les divisions oratoires , etc. £n poésie 9 on la place entre les strophes ^ les stances ou les couplets» Dans les pièces en vers libres , on s'en sert pour indiquer les alinéas ; quelquefois même parmi les vers de mteae mesure.
On appelle ligne perdue pelle dont la tetieur, ne remplissant pas la justification , se place à égale distance de ses extrémités. On en voit de fréquents exemples dans des ouvrages de tous genres , notamment dans les titres , où toutes les lignes qui ne sont pas pleines se placent ainsi , et présentent à l'œil cet aspect de régularité et d'harmonie , qui , dans la typographie comme dans les arts en général , est une des qualités constitutives du beau. On s'en sert encore dans les pièces de théâtre et généralement dans tous les ouvrages dialogues , et dans mille autres cas. Ont dit mettre un ou plusieurs mots en ligne perdue.
La ligne pointée s'emploie ordinairement dans les citations défectueuses pour indiquer l'endroit où se
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trouve la lacune; et elle remplace dans ce cas les passages omis.
On appelle ligrie à voleur une ligne qui p terminant un . alinéa y se compose seulement d'une ou de deux syllabes chassées aux dépens des lignes qui précèdent. Ce nom lui vient de ce que , les compositeurs étant payés suivant le npmbre de lignes qu*ils fournissent y il arrive à certains d'entre eux d'espacer d'une manière outrée les dernières lignes des alinéas pour en gagner une qui leur coûte moins de peine en ce qu'elle est presque entièrement composée de cadrats. Ce procédé est répréhensible sous un double rapport ; d'abord parce qu'il cause dans L'espacement une irrégularité qui est contraire auî principes de l'art J*et ensuite parce qu'il dénote de la part de l'ouvrier un relâchement de conscience qui lui fait préférer ses intérêts à ses devoirs.