SIGNATURE
La signature est une marque particulière à chaque feuille d'un volume, et qui sert tant pour les assembler et les classer dans leur ordre, que pour les ployer conformément à l'imposition adoptée pour leur format.
Ce signe est représenté , soit par une lettre , soit par un nombre , mais toutefois suivant une marche uniforme , et une série , alphabétique ou numérique , correspondant à celle des folios.
Les sigruUures se mettent au bas de certaines pages de la feuille ; elles sont insérées dans la ligne de pied, vers son extrémité droite. L'usage est , si l'on se sert de lettres, d'employer les grandes capitales du caractère du texte de l'ouvrage ou , s'il eu admet plu-
sieurs , de celui qui y domine ; et i, si l'on se sert de nombres y de les représenter par d^ chiffres arabes du même corps. Cependant y comme U n'est aucune* ment nécessaire que ce signe ressorte ^xeaucoup à la Yue , et c[ue sa position isolée le rend suffisamment -visible , il est permis de le mettre dans un caractère inférieur , ce qui , loin d'être un défaut , est même une chose de convenance en typographie.
L'emploi des signatures est déterminé par le format : toutefois il est de règle que c'est toujours aux pages impaires , ou recto , qu'elles sont placées , et jamais aux pages paires , ou^erso. On verra que leur nombre est également dépendant du format de la feuille, condition d'après laquelle eUe en prend tantôt une seule , tantôt plusieurs ; mais dans tous les cas , quelle qu'en soit la quantité voulue^ la première page d'une feuille porte toujours une signature^ Quant aux autres , lorsqu'il y en a , leur disposition est relative au format.
Lorsqu'un ouvrage se compose de plusieurs volumes , la série des signatures recommençant toujours pour chacun d'eux au nombre 1 ou à la lettre A, afin d'éviter la confusion que pourrait occasioner la répétition plus ou moins fréquente des feuilles portant mêmes signatures, on indique à la première page de chaque feuille la tomaison du volume auquel elle appartient. Cette seconde indication se place au commencement de la ligne de pied, c'est-à-dire à Topposite de la signature ordinaire; on la met indis-
tinctement en romain ou en italique , avec ou sans le mot t07H€; seulement, dans ce dernier cas ^ il est à propos de mettre le numéro du tome en çhifïrjes romains, pour que cette signature, qui est celle du yolume entier et qui se répète à chacune de ses feuilles , ne se confonde pas avec leur signature particulière.
Si Ton imprime une collection de plusieurs ouvrages , dont chacun forme au moins un volume , il est bon que la signature porte le titre de chacun d'eux en particulier, et sa tomaison à la suite, quand il doit comprendre plusieurs volumes. Ces précau* tions , qu'il est facile à ^'imprimeur d'apporter à la composition des ouvrages , sont souvent d'une trèsgrande utilité pour l'assemblage des volumes, et servent à établir Tordre dans l^s magasins où se déposent les impressions.
La signature d'une feuille a cela de particulier qu'elle lui donne son nom; et, pour spécifier telle ou telle feuille d'un volume, on n'emplc^e jamais d'autre désignation. Elle est aussi l'indice le plus certain pour faire reconnaître son format.
Lorsqu'une signature est répétée dans une feuille , ce qui arrive pour une partie des formats, on la fait suivre d'abord d'un poiiit , puis de deux , etc. , ou d'un chiffre supérieur indiquant son degré de répétition.
Les formats dont les feuilles sont divisées en cahiers renotivellent leurs signatures tantôt par cahiers, tantôt par feuilles.
Voici quel est , âuivaiit les différents formats , le nombre et le placeBdent des signatures de la feuille.
Ayant de commencer cette ënumëration , il est bon de rappeler, comme un principe général et invariable pour tous les formats , que la première page de la feuille porte toujours une signature. Nous nous bornerons donc à indiquer les cas et les pages où elle est répétée.
L'in-foKo n'en a qu'une.
L'in-quarto n'en a égaleihent qu'une. Quelquefois on la répète à la page 3 ; mais ce redoublement est entièrement inutile à la ployure ; on ne le conserve que pour l'imposition , comme point de repère.
Celle de l'in-octavo est également simple.
La signature de l'in-douze est tantôt simple et tantôt double, suivant scm imposition. Lorsqu'on impose le petit cahier en -dehors du grand, l'un et l'autre prennent quelquefois une signature différente; ces deux dispositions sont tout-à-fait arbitraires. Lorsque le cahier s'impose en encart , la signature est simple ; dans ce cas on la répète à la page 9 , qui est la première de l'encart.
La signature de l'in-seize est la même que celle de l'in-octavo, lorsqu'il s'impose par demi - feuille , ce qui se fait ordinairement. Dans le cas où elle s'impose par feuille , en un seul cahier, on met une signature à la page 1 du cahier intercalaire qui forme la page 9 de la feuille* entière. S'il s'impose par feuille, et en deux cahiers séparés , on met une signature différente à
chacun d'eux , et on la place comme à la demi-feuille.
L'in- dfx -huit se compose de trois cahiers, de 12 pages chacun 9 qui équivalent à la demi-feuille indouze y et qui ont chacun une sigiuUure particulière. Elle se répète à Tencart de chaque cahier.
L'usage veut que les feuilles qui à la ployure se divisent en plusieurs cahiers portent un nombre de signatures égal à celui des cahiers ; mais il en résulte que , lorsque le volume est broché et que son format ne se fait pas reconnaître sur-le-champ , on éprouve , pour distinguer chacune des feuilles , des difficultés auxquelles il eût été facile d'obvier. A cet effet nous voudrions qu'une feuille , quel que fût son format , n'eût qu'une seule signature , mais modifiée en autant de manières différentes qu'elle comporterait de cahiers y par des signes qui indiqueraient leur ordre. L'in-dixhuit , par exemple ( puisqu'il est question maintenant de ce format) y porterait à son premier cahier la signature 1 ou A suivi d'un 1 supérieur, au second cahier la même suivie d'un 2 supérieur, et d'un 3 au troisième cahier. Cette mesure une fois adoptée pour tous les formats établirait cette uniformité de système à laquelle on doit toujours tendre dans un genre de travail quelconque , puisqu'en simplifiant le procédé elle diminue le nombre des difficultés et des erreurs. Elle ferait aussi disparaître cette confusion qui naît de l'impossibilité de donner à chaque feuille ime indication particulière , et l'embarras qui en résulte fréquemment tant pour l'imprimeur que pour le libraire.
Si donc la force de Thabitude ne devait pas prévaloir, il sérail à souhaiter que cette méthode pût se généraliser.
Autrefois on avait l'habitude de mettre une signature à chaque carton de la feuille , quel qu'en fftt le format. Outre l'inutilité complète de cet arrangement, pouc l'emploi auquel il est destiné, la multiplicité de signes semblables , et modifiés seulement par d'autres signes que l'oeil ne pouvait saisir rapidement, devait occasioner une confusion presque inévitable parmi les cartons de la feuille , et de nombreuses interrupxions dans la série des folios. C'est, donc une heureuse innovation que la réduction des signatures au strict nécessaire.
Comme les formats inférieurs^ ceux ci'-dessus mentionnés n'en sont que des subdivisions , il serait inutile d'insister plus longuement sur leurs signatures , puisqu'elles présentent une identité parfaite avec celles des formats dont ils sont les multiples.
Nous terminerons nos observations sur les signatures en remarquant que, toutes. les fois que dans un ouvrage on a à recomposer soit une feuiUe , soit une demi - feuille , soit un carton, soit enfin une partie quelconque de la feuille , pour éviter toute espèce de confusion ou d'embarras dans le discernement du tirage qui doit servir , il faut avoir soin d'ajouter à la signature Aq cette partie recomposée un astérisque^ qui fait reconnaître de suite ce que l'on pourrait chercher long-temps et en vain.
120 PARTIE I, CHAPITRE IIL
De même, lorsqu'on sent jmndre à un volume une partie séparée ou imprimée après coup , ce qui oblige à recommencer la série des signatures et celle des folios , il faut avoir soin de difîérencier les uns et les autres de ceux employés dans le corps de Touvrage, Par exemple y si Ton a employé primitivement pour les signatures la série des nombres , il £aiut recpurir en second lieu à celles des lettres. L'usage est maintriant de se servir en pareil cas de lettres de basnlecasse italiques.
Comme nous n'avons pu consigner ici toutes les observations relatives aux signatures soit intégrales, soit partielles , des différents formats , on pourra toujours recourir, en cas d'omission de notre part^ au tableau des impositions, où l'on trouvera l'application universelle d'un système de signatures que nous avons régularisé*
. Pour s'assurer de la correspondance exacte de la signature et du premier folio d'une feuille , il suffît de multiplier le nombre de pages conttou dans la feuille, suivant son format , par le nombre qui lui sert de signature; on doîttrouver pour produit le dernier folio de la feuille. Si la feuille porte deux ou trois signatareSf il faut prendre la moitié ou le tiers du produit. ^
Le tableau* ci-après présente la série des signatures pour chaque format, avec les folios qui y correspondent jusqu'au plus grand nombre de feuilles probsdile pour un volume. Nous avons adopté pour l'in-dpùze la signature simple.
COIttPOSITION. 121
Une pareille table , dont Tusage est aussi fréquent dans rimprimerie que celui de Barème dans le commerce et la finance , devrait être placardée dans les ateliers et figurer dans le rang de chaque compositeur. Ce serait un moyen sûr d'éviter les erreurs de calculs qui se commettent souvent dans les ouvrages sujets à des interruptions , et que les correcteurs omettent de relever.