‹ Traité de la typographie (volume 5)Chapitre 46 sur 126 · ADDITIONS · texte numérisé non relu

ADDITIONS

Les additions sont des espèces de notes placées à la marge extérieure de la page , sans renvoi , et alignées en tête avec le commencement de la matière à laquelle elles ont rapport. Le but ordinaire de ces notes marginales , dont l'emploi se remarque le plus fréquemment dans les livres d'histoire , est de rapporter

les dates , de présenter le résume très-^uccinct des évènementSy et de faire connaître, par le nom des auteurs ou le titre des ouvrages , les sources auxquelles on a puisé. Leur utilité ne se réduit pas à cette seule classe de livres ; les voyages , les traités de sciences et d'arts , et généralement les ouvrages de faits , lorsqu'ils sont accompagnés à' additions , offrent au lecteur un avantage universellement apprécié ; celui de mettre sous ses. yeux toutes les sommités d'un ouvrage , et de lui en faire concevoir rapidement la marche et le dessein. Les additioTis , prenant sur la marge naturelle d'une page , doivent être composées dans un caractère assez fin pour que la justification puisse en être très -resserrée , et que , dans le cas où plusieurs d*entre elles seraient susceptibles de quelque développement, elles ne forment pas plus de huit à dîx lignes. On doit employer pour les additions , lorsque rien d'ailleurs ne modifie cette règle , un caractère qui soit à celui des notes comme celui-ci est au caractère du texte. Ainsi , supposons un texte en cicéro ; les notes seront en petit-romain , et les additions en petit-texte. Leur justification se prend , non sur des interlignes , car il en existe rarement d'aussi courtes, mais sur des cadra ts, soit de gros -canon, double-canon, ou autres corps supérieurs, afin de remplir avec leurs cadrats les intervalles plus ou moins grands qui séparent les additions. Ordinairement on n interligne pas les additions ; cependaht , si Ton juge que cela doive produire un meilleur effet , il est facile de jeter entre leurs lignes

des espaces égales , du même corps que les cadrais qui servent de justification.

Pour isoler la colonne d^ additions de la page qu'elle accompagne ^ on se sert d'interlignes ou de réglettes. Quant à l'épaisseur de cette séparation , elle doit être proportionnée à la grandeur du format et à la largeur des additions : pour Tin-octavo , par exemple , elle est en général de quatre à six points.

Lorsque la justification de X addition n'a pas plus de trente à cinquante points , comme cela arrive toujours pour l'in-douze et pour l'in-octavo y quelquefois même pour l'in-quarto , au lieu de disposer chaque addition en forme d'alinéa , ce qui occasionerait une foule de divisions et des espacements larges ou serrés d'une manière ridicule , il est préférable alors pour le coup d'œil de distribuer les mots en lignes inégales et placées en vedettes , ce qui leur donne l'aspect d'un titre.

On peut couper une addition d'une page à une autre, pourvu toutefois qu'on ne soit pas forcé de ne rejeter qu'une seule ligne. L'alignement de V addition avec le bas de la page a plus d'importance.

Au-dessous du format in-douze il n'est guère possible déplacer des additions ^ en raison de l'exiguité des marges dans les formats inférieurs.

Autrefois on abusait de Temploi des additions , et l'on plaçait en marge les notes que l'on rejette maintenant au bas des pages ou à la fin des chapitres. II en résultait pour le lecteur une confusion qui eét peutêtre la cause du discrédit dans lequel elles sont tom-

COMPOSITION. loi

bées. Les cRffîcultés typographiques communément attachées à ce trayail , tant pour la composition que pour le tirage des feuilles , ont pu contribuer aussi à cette défaveur. Sous le rapport de la facilité des recherches y nous nous plaindrons toujours y avec la majorité des lecteurs , de voir cet usage se perdre de jour en jour.

NOTKS.

Il est à remarquer que dans la plupart des anciens livres les noies se mettaient en additions , c'est-à-dire à côté du texte et à sa marge extérieure. Cette méthode, qui défigurait les pages et les rendait irrégulières et inégales entire elles , a été sinon rejetée absolument y du moins considérablement modifiée. On ne Ta maintenue que pour les cas où il était nécessaire que l'œil se portât , en même temps que sur le texte , sur certains ajoutés qu'on ne s'abstenait d'y réunir que pour ne pas entraver la marche du discours. Nous avons examiné , dans l'article précédent y les différentes occasions dans lesquelles les notes devaient rester marginales; nous éviterons donc d'en parler de nouveau, et nous nous bornerons à indiquer celles qui en doivent être distinguées , et les modes divers que leur disposition peut subir.

Indépendamment de la différence qui existe entre les additions et les notes proprement dites, il est bon de diviser ces dernières en plusieurs genres particuliers.

Les unes portent sur un mot ou sur un fait ; telles sont , par exemple , les remarques grammaticales ou chronologiques, les rapprochements historiques ou littéraires. Les autres, d'un objet plus étendu , ont le caractère de dissertations , et embrassent l'ensemble d'un ouvrage , ou du moins ses principaux points de Vue. Les premières, devant suivre immédiatement dans l'esprit du lecteur le mot , l'expression , la locution ou la phrase qui y a donné lieu , se placent en bas de la page. Quant à celles qui par leur développement pourraient nuire à la rapidité de la lecture , il faut les ranger dans la seconde classe , et les reporter à la fin de l'ouvrage , ou de Tune de ses divisions ,. si elles lui sont particulièrement relatives..

Le caractère des noies doit toujours être d'environ deux points au-dessous de celui du texte. Toutefois ce rapport , applicable aux caractères riioy^is et les plus usuels , varie pour les plus petits ainsi que pour les plus gros.

Voici , sauf les modifications cpie la nécessité peut y apporter, les proportions que l'usage a consacrées à cet égard.

. TE3LTF. irOTES.

Gros^Romain. Samt-Augustin.

Gros-Texte. Cicéro.

Saint-Augiistin. Philosophie.

Cicéro. Petit-Komain.

Phtlo90]^e. Gaillarde.

Petit-Romain. Petit-Texte, MigoonDie^

Gaillarde. Nompareille.

Petit-Texte et Mignonne. Parisienne.

Il existe des caractères intermédiaires quant à Foeil, et que Ton disting;ue des caractères primitifs , ainsi que nous l'avons déjà dit y par la qualification de grosail on petit-ail. N'en pouvant faire mention à cause de leur diversité tout-à-fait arbitraire , nous ne pouvons que recommander y dans les nombreuses anomalies qu'elles occasionent , de se rapprocher le plus possible des principes énoncés ci-dessus.

Les notes du bas des pages se séparent du texte soit par un filet maigre régnant , soit simplement par un blanc assez fort pour empêcher toute confusion. Lorsque ces notes sont très-abondantes ^ et qu'on veut employer , pour gagner de l'espace, un caractère plus fin qu'à l'ordinaire , on les met à deux colonnes : on peut alors se dispenser de les séparer du texte par un filet ; elles s'en distinguent facilement. Cet usage ne peut guère avoir lieu cpie pour les grands formats.

Les notes rejetées à la fin commencent en page ou niéme en belle-page; et, dans ce dernier cas, elles sont quelquefois précédées d'un faux-titre. Cette disposition doit avoir pour base l'étendue et l'importance des notes j et en même temps être assujettie à la marche adoptée pour le volume relativement au besoin de diminuer ou de multiplier les blancs.

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