‹ Traité de la typographie (volume 5)Chapitre 56 sur 126 · RENFONCEMENT · texte numérisé non relu

RENFONCEMENT

Renfoncer mie ligne , c'est la rentrer intérieurement à la justification , à l'aide de cadrats , cadràtins ou demiH^adratins.

Le mode de ref^oncement , à très -peu d'exceptionfii près , est généralement déterminé ^ et assujetti à dési règles positives.

Une ligne de titre , bien que souvent elle laisse dur blanc de chaque côté dans la justification , ne passe cependant pas pour être renfoncée. Cette qualification ne s'applique que dans très -peu de cas à celles dont la rentrée est arbitraire ou fortuite; elle est donc spécialement réservée aux lignes dont le commencement laisse avec celui de la justification une distance calculée suivant certaines proportions établies.

Dans la prose , la mesure du renfoncement de Falinéa et du sommaire est le cadratin , quelquefois cependant le demi-cadratin seulement pour le sommaire.

Dans la poésie, il est sujet à de plus grandes variations , occasionées par la diversité de mesure que les vers pe;ivent présenter. La méthode la plus généralem^it suivie à cet égard est établie de manière à ce que les vers de même mètre , étant alignés entre eux , se trouvent , le phis approximativement possible y dans le milieu de la justification. Elle consiste à renfoncer les vers d'un demi-cadratin par syllabe qu'ils ont de moins que l'alexandrin ; c'est-à-dire, le vers de dix d'un cadratin , celui de huit de deux cadratins , celui de sept de deux cadratins et demi y et les autres suivant la même progression.

Si l'on voulait établir une balance entre le nombre moyen de lettres que diminue la suppression d'une syllabe et le blanc qu'on lui substitue tant au commencement qu'à la fin de la justification , il est certain qu'on trouverait une différence en moins du côté du renfoncement. Cette disproportion cependant est

nécessaire; et il vaut mieux que le vers inférieur soit un, peu en-deçà qu'au-delà de son supérieur. Le vers de dix féminin , par exemple , est endécasyllabe ; et , lorsqu'il est placé auprès d'un vers de douze masculin , la différence devient beaucoup moindre. Du reste , à part ces motifs qui sont fondés , il serait déraisonnable

de vouloir tout réduire en théories ; et dans les arts

Texpérience est souvent un meilleur guide que le calcul le plus rigoureux : or ce sont ses résultats que nous présentons ici.

Les mêmes principes que nous venons d'énoncer sont applicables à la composition des vers latins.

Les citations de vers , pour lesquelles on emploie ordinairement un caractère inférieur à celui du texte, se renfoncent suivant le degré de celui dont on se sert , dans les proportions indiquées , et toujours de ' manière à se trouver placées vers le milieu de la justification. Cette méthode est impérieusement exigée par le bon goût pour la régularité du coup-d'œiL

Les renfcncements à peu près arbitraires sont ceux des vers doublés , des signatures , etc.

Cette disposition est d'un fréquent usage dans les tableaux , dans les ouvrages scientifiques , et dans tous ceux d'une composition irrégulière. Leur diversité la modifie à l'infini.

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