‹ Traité de la typographie (volume 5)Chapitre 60 sur 126 · ABRÉVIATIONS · texte numérisé non relu

ABRÉVIATIONS

On se servait autrefois de voyelles affectées d'un signe particulier, au moyen desquelles on retranchait la consonne m ou n dont ces voyelles pouvaient être suivies. Dans le latin , on représentait la conjonction enclitique que par la consonne q suivie d'un pointvirgule. Ces sortes d'abréviations , dont le but primitif était sans doute de faciliter dans certains cas l'espacement des mots , avaient reçu par la suite une application générale ; et le temps avait converti en règle absolue ce qui n'était originairement que facultatif. Mais cet abus , qui avait le double inconvénient , en défigurant les mots , d'en rendre l'aspect moins agréable et la lecture plus pénible , excita les réclamations du plus grand nombre des lecteurs , dont le sentiment doit toupurs prévaloir sur les antres considérations purement typographiques. Force fut donc aux imprimeurs de revenir de cette bizarre coutume aux principes naturels dont elle les avait fait clavier , et ils ne purent même la maintenir comme

exception. Dès-lors ils adoptèrent un système d'abréyiaticMis plus approprié aux besoins de Tart , et en outre plus intelligible , en se bornant à abréger dai^ quelques textes certains mots qui s'y reproduisaient fréquemment.

Dans le corps des ouvrages , généralement on doit user avec sobriété de ce privilège , qui n'est guère réservé qu'aux ouvrages scientifiques où certaines répétitions sont inévitables y et où il tempère ce qu'elles ont de fatigant pour l'œil. Les commentaires admettent aussi plus facilement l'emploi des abréviations ; il y est même essentiel : les noms d'auteurs y les titres et parties d*ouvrages auxquels on renvoie y s'y mettent rarement en entier. Les tables y index , additions marginales, et en général les parties d'un volume autres que son texte proprement dit y en sont éga^ ment susceptibles.

Ce que nous venons de dire des abréviations et de leur application souvent a^î^itraire démontre l'impossibilité de prescrire des règles particulières à cet égard ; nous nous bornerons donc à des observations générales.

Les adverbes numériques /?remo^ secundo, etc., s'expriment par leur nombre eh chiffres arabes suivi d'un o supérieur. Ainsi on imprime toujours de cette manière : 1°, 2», 3®, etc.

. Les noms de nombres ordinaux, au lieu de se mettre en toutes lettres , sont souvent abrégés ; leur nombre^ soit en chiffres romains , soit en chiffres arabes, selon

le cas , et suivi d'un e supérieur , remplace radjectif numérique qui en est formé. Le nom de nombre premier, première , eu égard à la différence de sa terminaison , s'abrège en 1" , 1'* .

Il en est de même pour certains formats de livres dont les noms peuvent s'abréger ainsi : in-f*, in-4®, in-8o.

Les ouvrages de sciences ou d'arts , qui ont leurs abréviations particulières , doivent en porter la liste en tête du livre. Tels sont les dictionnaires , pour lesquels principalement cette ressource est précieuse , à cause du grand nombre de mots qui se représentent à chaque article , et qui , réduits souvent à une seule lettre ou à une syllabe , ont en même temps l'avantage <l'occuper une moindre place , et d'accélérer la lecture -en simplifiant les signes des idées.

Les mots abrégés par apocope, c'est-à-dire ceux dont on retranche une partie quelconque à la terminaison , doivent être suivis d'un point , comme signe iï abréviation , indépendamment des autres signes de ponctuation que la position de ces mots peut exiger après eux. Seulement on ne répéterait pas le point , si l'un de ces mots se trouvait à la fin d'une phrase , position que l'on doit généralement éviter.

Les mots abrégés par syncope, c'est-à-dire ceux dont on retranche une partie intérieure , et dont la terminaison est indiquée en lettres supérieures , ne prennent pas le point comme les autres. Faute à nous de pouvoir présenter des règles à cet égard , en

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raison de la grande diversité des mots que l'on peut se trouver dans la nécessité d'abréger, nous nous bornerons à dire qu'il faut, autant que possible, conserver le radical du mot , afin qu'il soit toujours reconnaissable, et qu'on ne doit jamais, à moins d'un besoin absolu , abréger un mot de sa syllabe finale.

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