‹ Traité de la typographie (volume 5)Chapitre 69 sur 126 · GARNITURES · texte numérisé non relu

GARNITURES

Les garnitures sont les intervalles qui séparent les pages dans une forme , et qui représentent les marg^es du papier. Elles varient quant à l'épaisseur et à la longueur, eu égard à la diversité des formats.

On se servait autrefois (et aujourd'hui même on s'en sert encore dans un certain nombre d'imprimeries ) de bois pour établir les garnitures. Cette méthode était sujette à une foule d'inconvénients dont il suffira d'indiquer les plus graves. Ces boi^ étaient très-rarement assez égsFux en épaisseur pour que 1^ intervalles fussent identiques ; et , au moment du tirage , il était difficile d'obtenir un registre parfait. Après le lavage de la forme j s'il arrivait qu'elle restât plusieurs jours imposée , les bois se séchaient et se resserraient , d'où il résultait de fréquentes décompositions des formes y notamment dans le temps des chaleurs. Les bois , une fois coupés pour un ouvrage , étaient raren^ent employés à d'autres, et il fallait les renouvder fréquemmoit.

L'opinion générale des imprimeurs sut» l'impet** fection de cette méthode engagea les fondeurs à s'approprier ce genre d'exploitation. Cette innovation fit naitre différents systèmes ^ dont voici le résultat sominaire.

On a établi une échelle de proportion , applicable à la fois à l'épaisseur et à la longueur de ces plombs.

On a pris pour cela une mesure commune qui a servi d'unité y telle par exemple qu'un Saint<-Àugustin y ou douze points typo§praphiques.

Il existe dans un même système plusieurs épaisseurs y qui sont toutes divisibles par Tunité primitive ; du reste elles se modifient à Taide de réglettes ou d'interlignes. Quant aux longueurs y on les forme par la combinaison de différents numéros.

Les garnitures ne varient pas seulement suivant tes formats y mais encore , dans le même format; suivant la justification. Leur emploi est la partie sans contredit la plus délicate et la plus importante de l'imposition y puisqu'elles déterminent les marges d'une feuille y ce qui influe essentiellement sur l'aspect agréable ou disgracieux d'un livçe. Il est presque impossible de présenter à cet égard un corps de principes très - complet ; mais nous pouvons indiquer , comme les plus générales et les moins susceptibles d'exceptions y les règles qui suivent.

1^ Les garnitures de tête et de fond étant invariables et indépendantes de la distribution plus ou moins égale des marges extérieures qui se fait au tirage y et les feuilles ne devant jamais être ébarbées de ces côtés-là y ces blancs sont ordinairement moindres d'un tiers que ceux du dehors qui leur correspondent.

2^ Les blancs dans lescpiels il y a coupure lorsqu'on plie les feuilles doivent être un peu élargis proportionnellement aux autres , parce que cette opération peut endommager les marges y mais cependant rester

tin peu moins larges que les bords de la feuille , qui sont exposés aux iségalités du papier et au placement irrégulier de la feuille sur le tympan. Cet excédant en faveur des fausses marges doit se composer de la partie destinée à être ébarbée au brochage.

3° Les garnitures d'un labeur ne peuvent être invariablement établies que sur une fedille du papier qui doit être employé à son tirage. Il y a , dans les papiers de même format , des différences de dimensions plus ou moins marquées , mais toujours telles qu'elles apportent à la distribution des blancs certaines modifications plus ou moins sensibles.

4*" Dans les impositions qui nécessitent des coupures là où le blanc n «st pas partagé également , toutes les fois qu'on n'est pas guidé par les trous des pointures , comme on l'est dans l'in-douze j il est d'usage d'indiquer par des filets les endroits où le plioir doit passer. Ainsi, dans l'in-dix-huit, il est bon d'en mettre en tête de chacun des trois cartons intercalaires.

Les garnitures des deux formes qui composent une feuille doivent toujours être parfaitement identiques, pour que le registre puisse être fait. Cette conformité doit exister également pour toutes celles qui peuvent être établies sur un labeur; la première, une fois faite et approuvée , doit servir de modèle à toutes les autres.

Les garnitures fondues suivant le meilleur des systèmes actuels sont percées dans la longueur à de certaines distances, et reçoivent des supports pa-

reillement en fonte , ou en liège , qui , au tirage-, sont d une très-grande utilité.

BOISi

On appelle bois en général les biseaux et les réglettes qui se trouvent dans Ist forme , ainsi que les garnitures lorsqu'elles sont faites avec cette substance. Dans ca dernier cas , ils se divisent, en bois de léles, defcmds et de marges.

Les bois n'ont ordinairement que huit lignes au plus de hauteur. Quelquefois cependant on se sert de biseaux et de réglettes qui sont de la ipéme hauteur que la lettre. C'est de préférence le chêne que Ton emploie pour confectionner les bois; il faut qu'il soit vieux , parce qu'il est alors moins susceptible de^se déjeter ; il doit être équarri avec soin.

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