REGISTRE
Le registre est la coïncidence par&îte des pages qui forment le recto et le versa d W même feuillet.
Il est évident que, lorsque le châssis est d'équerre, que les garnitures sont régulières^ et les pointures bien placées , le registre doit être bon ; mais comme il arrive rarement que ces diverses* conditions se trouvent réunies, on doit prévoir le cas où Tune d'elles manquerait à ce concours.
\^ Lorsque le châssis n'est pas bien dressé^ on s'en aperçoit facilement en serrant la forme. Il faut alors ou le changer ,t ou faire ^disparaître ses défauts avec des interlignes plus ou moins épaisses que Ton place entre la barre et le bois qui est en tète.
2^ Il faut appliquer le long de chaque rangée de pages j soit dans les têtières , soit dans les fonds , une réglette bien dressée. Ou une lame de filets, qui règne sur toutes les ps%es de la rangée. Par ce moyen^ Ton verra si quelques-unes des pages ne sont pas plus saillantes ou plus rentrées que les autres , et on rétablira régalité.des garnitures.
^^ Les deux premiers points éclairck, l'imper* fection du registre ne peut plus provenir que des pointures ; et Ton ne peut s'en assurer qu'en faisant le registre en blanc« Cette précaution est d'autant
plus nécessaire que , les pointures devant rester immobiles à la retiratîon , il n^y aurait d'autre ressource pour coi^ger des défauts de ce genre que dans l'altération des garnitures , extrémité à laquelle on doit se garder de recourir.
Pour faire le registre en blanc , on tire une feuille sous une maculature, on la met en retiratîon sur elle-même , et on la tire de nouveau^ S'il arrive que les têtes ou les côtés des pages ne tombent pas exactement les uns sur les autres, on fait mouvoir les pointures, ou' quelquefois Tune d'elles seulement, soil eu haut , soit en bas , mais toi]jours dans le sens de la différence que l'on retrouve à la retiration. Ainsi , par exemple , si , la feuille étant retournée , on trouve que l'impression descend , cela dénote que pour le tirage en blanc les pointures montent trop ; il faut donc les descendre de moitié de la différence; et réciproquement dans le cas 'contraire.
On renouvelle cette expérioice jusqu^à ce qu'on ait obtenu un résultat rigoureusement exact.
MISE EN TRAIN- PROPl^EUENT DITE.
Après ces différentes opérations , il ne reste plus que la mise en train proprement dite, qui consiste dans le placement des supports , des hausses et des feuilles découpées. .
Le but des supports est de soutenir partout la feuille de papier à la hauteur du caractère , a£n que
TIRAGE. 2iî>
le fouIag;e soit égal dans toutes les parties de la forme, et de remédier au papillota^.
Il y en a de plusieurs espèces.
Ceux qui s'adaptent aux garnitures sont de petits morceaux de plomb ou de liège, que l'imprimeur, en plaçant sa forme sur le marbre de la presse , ajuste dans les vides des lingots. Ils doivent être fondus ou taillés en cônes , afin d'être retenus du bas et de ne pouvoir s'enlever à la touche. Les supports en liège sont préférables^ à cause de leur élasticité; ils ne peuvait , comme les supports ai pl^mb , laisser sur le papier une trace de foulage qui disparaît difficilement*
Il y a d'autres supports , qui se collent à la frisquette pour garantir les bords de la forme et les parties de pages qui sont, blanches. Ce sont des bourrelets faits avec de la laine roulée dans du papier. Ces supports remplaçait ceux dont nous avons parlé précédemment , lorsque les garnitures sont faites avec des bois ou avec des lingots pleins.
On se sert encore , pour soutenir le pourtour de la forme, de réglettes et de biseaux de hauteur. On s'est servi quelquefois de supports élastiques composés de deux pièces en cuivré dont l'une s'abaissait au moyen d'un ressort à compression et suivait le mouvement de la platine.
Il est rare qu'une presse soit dressée avec une justesse telle que quelques parties de la forme ne viennent pas plus faibles et d'autres plus fortes que
Tensemble. On remédie à ces faiblesses en collant à la partie correspondante de la marge des morceaux d'un papier plus ou moins épais y suiyant l'intensité du défaut. L'excès du foulage s'atténue au contraire en dégarnissant la marge ; et si la diminution de cette épaisseur est insuffisante , on découpe autant de feuilles que cela est nécessaire , et on les place dans le tympan parallèlement à la marge, et collées l'une sur l'autre aux extrémités.
Lorsque le foulage est dcTcnu régulier, on détache la marge, dont les coins suffisent pour indiquer le placement des feuilles , et on là met dans le tympan.
GARNITURE DU TYHPATf.
La garniture du tympan doit être appropriée à l'importance de l'ouvrage que Von doit tirer. Ainsi , suivant que ce tirage exige plus ou moins de soins, on emploie des épaisseurs de soie ou simplement des blanchets de drap.
Pour un tirage à soigner, le tympan doit être garni d'une double épaisseur de soie, d'un.blanchet simple de casimir et d'une feuille de papier fort, collé et bien uni , sous laquelle se place la mise en train.
Les blanchets doivent être remajuiés après le tirage de chaque feuille , afin de faire disparaître le plus possible l'empreinte du foulage, qui en use promptement le tissu. Lorsqu'un blanchet a long-temps servi à un format, on ne doit pas l'employer pour un
format diffiprent; il en résulterait de nombreuses imperfections dans le foulage. -