‹ Traité de la typographieChapitre 133 sur 199 · TIRAGES DIVERS · texte numérisé non relu

TIRAGES DIVERS

Les tirages de texte seul se font d’une manière toute différente de ceux des gravures; ainsi, pour des impressions courantes, on fait simplement des feuilles volantes^, qu’on repère par des trous piqués à la pointe et sans faire de tour sans feuille. Cependant pour les tirages de texte soigné le tour sans feuille est inévitable; il n’y a que ce moyen pour arriver à détailler le travail. Nous connaissons un praticien qui obtient d’excellents résultats en opérant de la façon suivante. Il .colle une feuille épaisse sur le blanchet du dessus, qui est fortement tendu à l’avance. C’est sur cette feuille que repose

1 On appelle feuille volante une feuille de mise -en -train qu’on pique et qu’on repère. On la colle entièrement à la gorge , et elle s’enlève après chaque tirage.

toute sa mise en train; il évite ainsi de baisser et de relever ses cylindres pour les tours sans feuille. A notre avis, ce moyen n’est bon que pour des tirages à petit nombre.

Il est regrettable qu’on soit obligé de descendre les cylindres pour faire le tour sans feuille ; car, outre la perte de temps qui en résulte , on retrouve rarement le point exact où ils étaient auparavant. On se sert d’un moyen qui, à notre avis, n’est pas complet : ce sont des feuilles enduites d’un côté d’une couche de noir, et placées entre le blanchet et les feuilles collées. La pression fait décalquer le noir sur la feuille blanche; mais ce décalque n’est pas assez pur pour qu’on puisse toujours avec sûreté repérer les découpages. Ce moyen peut être employé avec succès pour du texte.

Dans quelques imprimeries de Paris où se font beaucoup de travaux d’administration, on est parvenu à tirer sur des machines doubles des tableaux avec réglure , passant en pointures plusieurs fois. Un excentrique suffit pour faire fonctionner des pointures mobiles, qui se lèvent et se baissent en temps voulu. Pour ces tirages on se sert d’un habillage très-sec : papier fort et calicot.

Les tirages de clichés, qui tendent de jour en jour à se multiplier, exigent des soins particuliers, dont nous signalons ici les principaux. Avant de mettre les formes sous presse, le conducteur doit régler son foulage sur du texte, bien asseoir ses cylindres sur leurs supports ; il doit éviter ensuite de relever ou de baisser les cylindres pendant le cours de la mise en train ou du tirage.

TIRAGE

Pour que les clichés soient d’aplomb et faciles à tirer, il faut que les blocs soient établis et justifiés avec soin. Si, après avoir placé les pages clichées sur les blocs, on les trouvait généralement trop basses, il faudrait ajouter sous les formes, et dans toute leur étendue, une plaque de zinc ou un carton fisse très-mince.

Les pages se fixent au moyen de griffes en fer ou en cuivre; les griffes en cuivre lèvent moins souvent, à cause de leur pied biseauté qui est pris dans le bloc; mais le maniement en est plus lent que celui des griffes en fer. Les formes placées sous presse , on procède à la mise de hauteur des clichés, qui exige ordinairement deux feuilles de mise en train collées légèrement au revers du cliché. Il faut avoir soin de couper chaque page de mise en train avec beaucoup de précision , et en tenant compte des biseaux du cliché , qui , s’ils portaient à faux, se casseraient sous l’effort des griffes destinées à les maintenir. Après avoir serré et baissé les griffes avec soin , on procède à la mise en train du dessus.

Une ou deux feuilles volantes, repérées comme nous l’avons indiqué plus haut, suffisent pour obtenir une impression égale et légère. C’est pour ces sortes de tirages qu’on peut coller une feuille par-dessus le blanchet. On gagne ainsi beaucoup de temps en ayant la mise en train à découvert, et l’on a plus de facilité pour y retoucher.

Ces tirages sont longs à établir; et quand un conducteur a commencé un volume, il y a avantage à le lui faire continuer jusqu’au bout. Outre que les

grifYes lèvent sous Tattraction des rouleaux, souvent la feuille se salit aux endroits qui ne sont pas assez échoppés dans les blancs, par exemple, aux fins et aux commencements de divisions. L’inconvénient est plus grand dans les ouvrages en vers. Afin d’éviter ces embarras, le conducteur doit relever les chemins des rouleaux au moyen de cuirs ou d’épaisseurs de zinc , de façon que les rouleaux ne touchent que fœil de la lettre, sans plonger dans les blancs et sur les griffes.

Outre cette précaution, il existe un système de cordons qui a été décrit dans le journal V Imprimerie (février 1869); ce sont des cordons qui se croisent en accompagnant la feuille dans tout son parcours et en la serrant contre les cylindres. Ce système empêche le barbouillage, et maintient le registre d’une façon irréprochable.

MACHINE SIxMPLE, OU EN BLANC

Nous ne décrirons pas cette machine aussi minutieusement que la machine double. D’abord il y a entre elles une grande analogie, et nous tomberions forcément dans des redites. En outre, il y en a de beaucoup de systèmes ; nous nous bornerons à décrire le plus usité.

Le mécanisme de cette machine comporte un mouvement principal, mouvement de va-et-vient (|ui entraîne à la fois le marbre et le cylindre. Il est produit par une bielle, fixée d’un bout à une roue mue par l’arbre de commande, et de fautre bout à fextrémité du marbre.

TIRAGE

Page 1