‹ Traité de la typographieChapitre 149 sur 199 · PARTIE · texte numérisé non relu

PARTIE

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par la série entière des opérations de Timprimerie , et s’arrêter assez longtemps à chacune d’elles pour en posséder tous les détails. Il devra nonseulement se rendre un compte exact du travail des ouvriers placés sous sa direction , mais même leur en tracer la marche, et résoudre les difficultés qui viendraient l’entraver. Il pourra juger la besogne du compositeur pendant son exécution, et en prévoir le résultat. Il découvrira les causes de l’imperfection d’un tirage , et il indiquera les remèdes à y apporter. Dans le premier cas, il appréciera le choix des caractères , la régularité de l’espacement , et l’application plus ou moins exacte des règles particulières à ce genre de travail. Quant aux défauts du tirage , il examinera s’ils proviennent du mécanisme de la presse, de la mise en train , de la trempe du papier, ou de toute autre cause; s’ils sont imputables à la négligence ou à l’impéritie de l’ouvrier.

Il devra assister le chef de l’imprimerie dans le payement de ses ouvriers, s’il ne le fait lui-même, et leur servir en quelque sorte d’arbitre dans les discussions relatives à la rétribution de ceux-ci.

S’il ne tient pas la comptabilité de l’établissement, il doit du moins conserver avec soin et en l)on ordre les pièces qui peuvent servir à l’apurement des comptes , notamment les épreuves à corrections et les bons à -tirer.

C’est souvent lui qui est chargé de la correspondance de l’imprimerie avec ses clients. Il expédie les épreuves, il prend note mentalement ou par écrit du départ et du retour des feuilles; en un mot, il

doit toujours être en état de rendre compte de chaque ouvrage, et même de chaque feuille quant à sa situation présente. La série d’épreuves par laquelle passe une même feuille, et les autres phases qu’elle peut subir jusqu’à ce qu’elle retourne à la distribution , forment une chaîne dont il doit saisir à la fois tous les anneaux.

Les ouvriers de différente espèce se trouvant placés , par la connexité de leurs fonctions , dans une dépendance réciproque , le proie doit veiller à ce que toutes les pièces de ce système agissent simultanément; l’ime d’elles devenant stationnaire, l’ensemble du mécanisme serait infailliblement arrêté.

C’est lui qui admet dans les ateliers les ouvriers qu’il en juge dignes, et qui remplace ceux que leur inconduite ou leur ignorance rend nuisibles ou inutiles à l’établissement.

Il doit s’appliquer à employer les ouvriers suivant leur aptitude , et les attacher à des travaux qui rentrent dans leur spécialité, s’ils en ont une.

Toutes les mesures d’ordre et d’économie sont dans ses attributions ; il n’en doit négliger aucune ; il doit, au contraire, s’imposer à cet égard des règles rigoureuses, et regarder comme un devoir impérieux de n’y jamais déroger. De tous les genres de fabriques, l’imprimerie est peut-être celui dont l’administration exige la surveillance la plus minutieuse. Si le chef qui en est chargé se relâche sur un seul point, il est à craindre qu’il ne s’ensuive un désordre général ; et il est reconnu que l’économie seule peut faire prospérer de semblables établissements.

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