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« compagnon au moins trois années après le terme « de son apprentissage achevé ;
« 2® S’il n’a vingt ans accomplis;
« 3“ S’il n’est congru en langue latine et sachant « au moins lire le grec, ce qui sera constaté par un « certificat du recteur de l’Université.
« Les fils de maître sont exemptés de l’appren- « tissage et du compagnonnage. »
Tel était autrefois le point de départ du maître imprimeur, qui, demi -savant, demi - artiste , à l’abri de grandes catastrophes industrielles, presque même des chances contraires du commerce , se livrait avec goiit et sécurité à l’exercice de sa profession libérale, dont il pouvait facilement embrasser tous les détails.
La suppression de la maîtrise, l’assimilation de l’imprimerie à toute autre catégorie patentée, l’ont rendue accessible à quiconque a voulu l’exercer. La création du brevet, qui plus tard est venue limiter le nombre, n’a pas rétabli les anciennes conditions d’admissibilité; car, chacun le sait, le certificat de capacité qu’elle impose est une exigence illusoire et reléguée parmi les formalités banales.
De nos jours, l’imprimerie est simplement une industrie. Exploitée, comme toute autre industrie, par les plus habiles ou les plus entreprenants, elle s’affranchit volontiers des premiers degrés de ce noviciat nécessaire pourtant dans toute position , et rejette à un rang secondaire les connaissances spéciales. C’est un fait que nous constatons, non en censeur, mais en historien. Acceptant cette trans-
ADxVlINISTRATION ET MANUTENTIONS 'lO'i
formation de l’imprimerie comme une nécessité à laquelle il faut se soumettre, il ne nous reste qu’un parti à prendre , c’est d’indiquer la meilleure voie à suivre dans la situation donnée. Nous engagerons donc avant tout les industriels du métier à s’efforcer de devenir imprimeurs. S’il leur manque d’abord les notions techniques, s’ils n’ont pas le temps de les acquérir, s’ils ne veulent pas ou s’ils ne peuvent pas se livrer aux études professionnelles, qu’ils aient du moins la sagesse de se faire seconder par des hommes spéciaux, tout en se réservant la direction commerciale de leurs établissements. En agissant ainsi, faute de réunir en eux-mêmes la double aptitude du fabricant et du négociant, ils auront réussi à organiser leur maison de manière à ce que l’une de ces positions ne soit pas mise en péril par l’autre, et à pouvoir encore, s’ils sont habiles, concilier l’honneur avec le profit.
HROTE, SOUS-PROTE
Le prote est chargé de diriger les travaux d’une imprimerie. Il est à la fois le premier des ouvriers, ainsi que l’indique son nom emprunté au grec, et le suppléant du chef de l’établissement. Il réunit à l’instruction théorique que celui-ci doit posséder les notions pratiques de ceux-là; il est propre à remplir tour à tour l’un et l’autre rôle.
Le prote doit avoir acquis un fonds de connaissances spéciales assez solide et assez étendu pour être au besoin correcteur d’épreuves. Il a dû passer