‹ Traité de la typographieChapitre 180 sur 199 · PARTIE IV · texte numérisé non relu

PARTIE IV

plus dur que les autres. La page étant corrigée, on la renfermait dans un mandrin, et on l’enfonçait à l’aide d’un balancier dans une plaque de plomb fondue sur ses dimensions et dressée avec soin. Cette opération donnait pour premier produit une matrice où la lettre venait en creux. Cette matrice était placée dans un mandrin ; et, abattue au moyen d’un mouton à porte fermante sur de la matière en fusion, elle produisait un cliché saillant, qu’on en détachait avant que la matière fut refroidie. Ce cliché était ébarbé sur ses bords taillés en biseau, creusé dans les parties qui figurent les cadrais de la page mobile, et dressé au tour en dessous. On conservait les matrices pour renouveler les clichés.

Le procédé Ilerhan, plus dispendieux, consistait à enfoncer le poinçon d’acier du graveur dans des pièces mobiles en cuivre. Ces caractères étaient frappés en creux au lieu d’être fondus en relief ; la page composée devenait la matrice, et la plaque de }domb placée sous le balancier était celle qui servait au tirage.

Depuis la naissance des procédés Firmin Didot et Ilerhan, qui tous les deux datent de la fin de l’année 1797, des moyens plus simples et plus économiques se sont produits. Vers 1820, fut importé en France le moulage au plaire, dont on faisait usage en Angleterre; ce moyen, d’un emploi prompt et facile, s’est établi d’une manière durable, après avoir reçu des améliorations successives. Puis est venu le moulage au papier ou à la pâle, qui paraît réunir toutes les conditions de célérité, de netteté et de solidité.

APPENDICE

Le moulage au plâtre exige des blancs hauts (espaces et cadrats) ; mais le moulage au papier se fait avec des blancs de hauteur ordinaire.

Comme la stéréotypie a l’inconvénient de laisser inactive une certaine masse de fonte, ou de ne l’utiliser que pour un seul objet, on a réduit le plus possible celte partie de matériel. D’abord on l’a généralement appliquée aux formats compactes; on y emploie des caractères fins et une justification bien remplie. Ensuite on a réduit la hauteur des clichés à environ cinq millimètres, au lieu de vingttrois que portent les lettres mobiles ; de telle sorte que le poids de la feuille clichée se trouve avec la feuille mobile dans la proportion d’environ 2 à 9. Au tirage, on supplée à ce qui leur manque en hauteur par des blocs dont l’épaisseur forme la différence, et qui se combinent pour donner une surface égale à celle des clichés. Les clichés sont imposés sur ces blocs, et maintenus par des griffes en tôle ou en cuivre faites de telle façon que, taillées en cône ou retenues par un épaulement, elles ne peuvent quitter le talus sur lequel elles sont appliquées, monter à la hauteur de la lettre et salir le papief.

On corrige facilement, en perçant le cliché, les fautes telles que les coquilles. Quant à celles qui demandent un remaniement, elles exigent ou le soudage de la partie remaniée , ou même , si cette partie est trop considérable, une nouvelle composition, un nouveau moulage et un nouveau clichage.

Le clichage des gravures sur bois s’opère de la

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