PARTIE IV
régularité des garnitures et de l’imposition , dans le choix de griffes propres à ménager les talus des pages, dans la mise de hauteur des clichés au moyen de hausses placées en dessous, dans l’étoffage de la presse, qui doit donner un foulage coupé, c’est-à-dire exempt de sécheresse et, au contraire, moelleux, dans la mise en train, dans l’emploi des supports pour préserver les parties isolées, etc.
Depuis quelque temps le tirage des journaux a trouvé dans les nouveaux procédés de clichage un moyen puissant d’accélération. Les journaux tirés à de grands nombres, et distribués très -promptement, ne pouvaient atteindre leur but qu’à l’aide de presses très -rapides et d’un mode de reproduction non moins diligent. Pour mouler la page on l’enduit d’un mastic qui abrège cette opération, et d’une poudre qui facilite la séparation du cliché et du moule. Le cliché refroidi est scié , raboté et échoppé. En vingt minutes de grandes pages sont clichées. On cliché aussi des pages courbes qui s’enchâssent sur le cylindre.
POLYAMAT VPIE
De toutes les branches de l’art typographique, la fonderie est celle dont les progrès ont été le plus lents, et dont les perfectionnements sont demeurés le plus arriérés. Le petit moule en usage aujourd’hui est à peu près (sinon pour la précision, du moins pour la construction) ce que l’avait fait au xv'" siècle Schaeffer, son inventeur. Ce moule, très-
APPENDICE
ingénieux d’ailleurs, et avec lequel ont été fondus de nos jours les types si célèbres des Didot, a le double inconvénient de n’opérer que très-lentement et de dépendre entièrement de l’habileté de celui qui l’emploie : or on sait que les bons ouvriers, dans les arts mécaniques surtout, forment toujours le petit nombre. 11 est de plus insufüsant à la reproduction des grosses lettres, depuis le gros- romain jusqu’aux caractères d’affiches; car, pour en obtenir des résultats passables , il faut ou poncer la matrice , ce qui ôte à l’œil de la lettre toute sa netteté , ou recourir au clichage, procédé long et dispendieux, et qui, s’il donne de la netteté à l’œil, a le grand défaut de déranger l’aplomb et l’alignement, et de manquer de solidité.
Henri Didot, graveur distingué, sentit de bonne heure tous les vices du procédé en usage , et il se livra à des recherches tendant à le perfectionner. Ses premiers pas dans la carrière typographique furent marqués par l’invention d’un moule à refouloir qui fondait une à une, comme l’ancien moule, les lettres de deux points et les grosses de fonte, sans employer la ponce ni le clichage , mais qui ne pouvait s’appliquer à la fonte des petits caractères. Les lettres fondues de cette manière olTraient toute la vivacité du poinçon.
Cet habile typographe comprit qu’il obtiendrait un résultat beaucoup plus inq3ortant s’il parvenait à appliquer son procédé à la fonte de tous les caractères employés dans l’imprimerie. Le problème à résoudre était de multiplier les produits sans nuire à leur perfection. 11 y a plus d’un demi-siècle, après