MUSIQUE ET PLAIN-CHANT
L’impression de la musique exerça les efforts de la typographie naissante, qui chercha promptement à s’y appliquer, de même qu’à tous les signes écrits, au grec, à l’hébreu, etc. Au commencement du xvL siècle, des tentatives avaient déjà été faites, et quelques œuvres musicales avaient dû le jour à la presse ’. Pendant ce siècle et le suivant, ces résultats suffirent, sauf quelques améliorations successives, aux besoins des publications, encore fort simples dans leur notation. Mais plus tard, la composition musicale ayant pris un grand développement, et la notation étant devenue beaucoup plus
1 Pierre Hautin, graveur, fondeur et imprimeur à Paris, en fit les premiers poinçons vers lo2o.
APPENDICE
compliquée, de nouvelles difficultés surgirent et vinrent se joindre à celles que les imprimeurs avaient eu à aborder primitivement.
Ces difficultés étaient de plus d’un genre. D’abord la notation comprend un grand nombre de signes; ensuite les lignes horizontales et parallèles sur lesquelles sont disposés les signes et qu’on appelle la pointée, venant à être divisées par le fondeur en autant de parties qu’il existe de signes, la portée, au lieu de former une seule ligne continue, ne présente plus qu’une série de petites lignes discordantes entre elles, et dont l’effet est des plus choquants à la vue.
Dans le siècle dernier, les rapides progrès de la science musicale, révélés par les œuvres de Bach, de Haydn, de Mozart, etc., firent sentir davantage l’imperfection du procédé typographique, qui avait eu le tort de demeurer stationnaire et qui devenait insuffisant. Le problème qu’il avait à résoudre était celui de la portée continue et en parfaite correspondance avec les notes et signes accessoires. 11 était bien reconnu que la portée fractionnée péchait généralement du côté de l’alignement, de plus en plus rompu à mesure que les tirages s’étaient multipliés, et que la fonte, en s’encrassant, avait perdu de son aplomb primitif. Ce défaut était rendu plus sensible et plus intolérable lorsqu’il s’appliquait aux barres des croches simples, doubles, triples et quadruples, surtout lorsqu’elles suivaient une direction oblique. La portée fractionnée présentait en outre sur une même ligne de fréquentes variations de graisse, suivant que les fragments avaient subi un