‹ Traité de la typographieChapitre 185 sur 199 · PARTIE IV · texte numérisé non relu

PARTIE IV

foulage plus ou moins fort. L’impression à deux tirages entraînait, soit par le fait des pointures, soit par le retrait du papier résultant du séchage, des inexactitudes de coïncidence entre les signes et la ligne de la portée qu’ils devaient rencontrer. Il fallait donc arriver au tirage simultané des notes et de la portée continue.

Cet état d’imperfection des résultats typographiques, aggravé par la cherté de son prix de revient, stimula l’émulation de la gravure, qui vint prendre sa part des impressions musicales, mais qui ellemême ne tarda pas à reconnaître que ses planches de cuivre étaient trop dispendieuses. Une grande partie de ces frais disparut par l’introduction des planches d’étain, et par la frappe, dans ce métal plus mou, des poinçons représentant les signes, substituée au travail lent et minutieux du burin. Ces planches , frappées avec des types de forme élégante, permettaient aux éditeurs de ne faire que des tirages successifs et proportionnés à leurs ventes; elles se prêtaient donc, mieux que tout autre moyen, aux combinaisons commerciales.

La typographie , battue sur ce terrain , fit vers le milieu du dernier siècle de nouveaux efforts pour soutenir la lutte. Breitkopf, de Leipzig, perfectionna les anciens procédés. Reinhardt, de Strasbourg, inventa une impression à deux tirages (portée et composition) avec composition clichée. Godefroy, à Paris, grava une musique mobile.

Sur ces entrefaites survient la lithographie, cette rivale redoutable de la typographie et de la gravure, de cette dernière surtout, qui se pose eu tiers

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dans l’cxécLiiion des impressions musicales. Mais elle se présente dans la lice avec les délauls qui lui sont propres et qu’elle n’a pas encore pu surmontei*, et dont le principal est le manque de netteté ; quant au manque de durée , elle y supplée par des reports.

Enfin, vers l’année un de nos plus habiles

typographes, dont le nom a déjà été cité par nous à d’autres titres, M. Duverger, frappé de l’imperfection de tous les procédés en usage, principalement pour les grands tirages, tels que ceux des méthodes, des solfèges, etc., s’appliqua à trouver un moyen qui, écartant tous les obstacles, rendît à la musique les ressources larges et puissantes de la typographie, et remît celle-ci en possession d’une ancienne conquête qui lui échappait de jour en jour.

Grâce à une combinaison qui consiste à composer les signes, à mouler en plâtre cette composition et à tracer les portées dans le moule, ce qui produit un cliché complet, M. Duverger a réussi à former des planches avec lesquelles il y a continuité certaine dans les lignes de la portée, sans aucune solution possible, si ce n’est celles qui résulteraient des accidents de presse et qui sont communes à tout le matériel typographique. Cette combinaison ayant pour auxiliaire le clichage, ses produits peuvent être conservés, sans plus de frais que des planches gravées, dans le but d’éviter des tirages trop considérables. Elle ne serait pas applicable avec avantage, comme la gravure et la lithographie, à des impressions passagères et à des nombres très- res-

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