‹ Traité de la typographieChapitre 19 sur 199 · CD · texte numérisé non relu

CD

quatre cents.

cinq cents.

. . . vingt.

mille.

On donne aussi le nom de chiffre à une espèce de cachet qui s’imprime sur le frontispice d’un volume, et qui porte les initiales enlacées soit du libraire,

soit de l’imprimeur, ou un emblème de leur choix. Le chiffre est à la fois un ornement et une sorte de p;arantie pour le livre qui en est revêtu.

FM)NCTTÎATI0NS

On appelle po/m/Ru/mu chacun des signes servant à marquer cette opération grammaticale. Elles sont au nombre de six , savoir :

Lamr^w/e(,);

Le point-virgule , ou petit-qué (;) ;

Le deux-points , ou comma ( :) ;

Le poi}it (.) ;

he point d'interrogation (?);

ho point d'exclamation ou d'admiration (1).

Ces dilTércnts signes sont ordinairement fondus sur une épaisseur identique , environ un cinquième du cadratin. Tous ont leur italique, excepté le poiïd, dont la forme reste toujours circulaire, si ce n’est dans les caractères d’écriture et de fantaisie.

Ce serait sortir des bornes qui nous sont tracées par nos attributions, et empiéter sur celles de la grammaire, que de prétendre donner ici les règles* de la ponctuation pour tous les cas possibles. Toutefois, sans nous ériger en régulateur de la langue, nous nous permettrons de présenter en peu de mots le résumé des observations qui nous ont été fournies sur ce point par l’expérience.

Rien n’est plus arbitrairement traité que la ponctuation; rien ne devrait être plus invariable. Un

grand nombre d’auteurs ponctuent selon (pi’ils coupent leurs phrases en parlant, par constMjuent d’une manière conforme à leur débit, ou suivant certaines idées qui leur sont personnelles, chacun d’eux croyant i)Ouvoir les faire prévaloir sur un terrain qu’il considère comme sien. Tous craignent d’enfreindre les règles de la syntaxe, et la plupart semblent ignorer que la ponctuation a les siennes ; cependant rune et l’autre sont parties intégrantes de la langue, et ont leurs principes également arrêtés. S’il en était autrement , tel système de ponctuation qui conviendrait à un écrivain semblerait intolérable à une partie de ses lecteurs. Il est donc nécessaire de ramener chaque méthode particulière à une donnée uniforme, pour épargner à la lecture des entraves nuisibles; et cette opération est du ressort de la typographie, qui peut exercer en cette matière une salutaire influence, fondée sur sa pratique de cha({ue jour, et sur ses efforts incessants pour régulariser cette partie importante de sa tâche.

Ne pouvant donner place ici à un traité spécial, nous indiquerons très-sommairement les principales règles que nous croyons devoir être constamment observées.

La virgule est de toutes les ponctuations celle dont la valeur est la moindre. Elle marque les pauses les plus faibles dans le discours, les coupures de sens, les différentes parties d’une énumération. Elle ne doit séparer le substantif de l’adjectif, du participe, du pronom relatif ou du que adverbe, que lorsque ceux-ci n’en sont qu’une circonstance

accessoire et non un complément essentiel. On ne la place pas devant la conjonction et lorsque celle-ci réunit les deux derniers termes d’une accumulation, mais dans certains cas où cette conjonction a un sens disjonctif et marque une opposition. Elle ne doit point (ou rarement) s’interposer entre le sujet et le verbe qui en dépend, ni entre celui-ci et son régime , non plus qu’entre deux termes comparatifs. Les incises se placent entre deux virgules, et s’isolent ainsi de ce qui précède et de ce qui suit. La virgule est la plus usuelle de toutes les ponctuations; c’est de son emploi que dépendent le plus généralement l’intelligence et la clarté du sens; on ne saurait donc y apporter trop d’attention.

Le point-virgule s’appelle aussi petit-qué, parce qu’autrefois dans les éditions latines il servait à l’abréviation de la conjonction enclitique que; on imprimait ubiq; pour uhique. La valeur de cette ponetuation suit immédiatement celle de la virgule. Le point-virgule marque les différents membres d’une phrase, les parties d’une période et la transition de ses divers points de vue. Il précède ordinairement les conjonctions or, mais, car, et généralement celles qui servent à distinguer dans le raisonnement les prémisses de la conclusion.

Le deux-points (ou eomma) a quelquefois la même valeur que le point-virgule. Il remplace celui-ci lorsque la particule conjonctive ou disjonctive qui devrait le suivre est sous-entendue. Il se met aussi devant un dernier membre de phrase qui sert de résumé ou de conclusion à ce qui précède, ou encore devant une énumération annoncée par le

COMPOSITION

mot savoir ou par un équivalent. Enlin il est signe de citation ou d’allocution.

Le point est la plus forte des ponctuations quant à la valeur. 11 indique la fin de la phrase et le complément du sens. Plusieurs points consécutifs (trois au minimum) signalent une lacune ou une suspension dans le discours; ou bien ils remplissent le vide qui existe, dans une table ou dans des ouvrages de calculs, entre une énonciation de matière et un nombre rejeté à la fin de la meme ligne.

Le point doit toujours être suivi d’une grande capitale , excepté dans certains cas où il est employé comme signe d’abréviation.

point cV inter rocjation et le point d’exclamation, dont la valeur est suffisamment indiquée par leur qualification respective, suivent ordinairement un sens fini. Cependant ils se trouvent quelquefois placés dans l’intérieur de la phrase, à la suite de certaines interjections. 11 est encore d’autres cas où ces deux ponctuations se mettent à la fin de simples membres de phrase; de ceux notamment où cesse l’interrogation ou l’exclamation ; alors elles n’exigent point la capitale après elles. Par exemple, dans les périodes qui renferment certaines répétitions ou certaines formes énumératives, pour indiquer au lecteur, avant la fin de la phrase, l’intonation qu’il doit prendre selon que cette phrase est suivie de fune ou de fautre de ces poncluaiions , elles remplacent la vir<julc ou le point - cinjulc. L’usage espagnol de faire précéder la phrase du signe retourné, indépendamment de celui qin la suit, atteiid beaucoup [)lus sûrement ce ftid.

On a adopté la coutume de supprimer la ponctuation à la fin des lignes dont se compose un titre (faux titre, frontispice ou même titre de départ). La raison de cette suppression, c’est le placement de la ligne dans le milieu de la justification, ce qui lui rend un équilibre rompu par la ponctuation; l’excuse de cette licence artistique (car c’en est yéritablement une, et comme telle elle rencontre des critiques respectables), c’est que la coupure des lignes d’un titre fixe le sens, et rend \di ponctuation moins nécessaire que dans un texte courant.

Le point qui termine une phrase suit immédiatement la lettre. Les autres ponctuations sont précédées d’une espace d’un point ou d’un point et demi, selon l’espacement général de la ligne. Si ces espaces doivent être augmentées, comme cela arrive dans les lignes fortement blanchies, il faut toujours qu’elles restent, par rapport à celles qui suivent la ponctuation, dans la proportion d’un tiers au maximum : par exemple , trois points avant \d. ponctuation , six points après.

On doit éviter la rencontre de ponctuations terminant plusieurs lignes consécutives; elle est d’un mauvais effet.

Le point était primitivement la seule ponctuation, comme ce mot l’indique; suivant sa valeur, on le plaçait en haut, au milieu ou en bas. 11 en était de même dans les premiers livres imprimés. Le point était alors mal dessiné et prenait diverses formes : étoile, losange, etc.

Nous regrettons de n’avoir pu accompagner d’exemples les règles que nous venons d’énoncer

COMPOSITION

sommairement, et cependant aussi complètement que possible. Ce travail nous aurait entraîné trop loin dans un genre de dissertation qui, bien que traité succinctement, n’en est pas moins de notre part une sorte de digression , et nous aurait exposé à des omissions plus graves que nos citations n’eussent pu être utiles. De toutes les opérations grammatieales, la ponetuation est celle qui avoisine le plus le domaine de la typographie. C’est une des attributions de cet art que de veiller à l’observation de son analogie constante , comme de ramener l’orthographe à des principes fixes et uniformes. La régularité d’un ouvrage sous ce rapport, et celle de son exécution matérielle, sont deux qualités sans le concours desquelles il n’existe point de perfection. Un bon livre, quel qu’en soit l’objet, estime grammaire pratique dans laquelle doit se trouver l’application fidèle des théories de la langue; et la plupart des lecteurs n’ont acquis la connaissance de ses principes que par ce genre d’expérience. L’imprimerie , aux yeux d’un grand nombre de personnes qui ne savent pas se rendre compte de ses erreurs trop faciles, a un caractère d’authenticité qui fait qu’elles hésitent à croire à fexistence de ces erreurs. 11 est donc du devoir de ceux qui l’exercent d’obvier aux dangers qui peuvent résulter d’une prévention aussi favorable, ou plutôt de chercher à la consolider et à la convertir en une opinion fondée et durable, sinon de son infaillibilité, du moins de son exactitude.

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