‹ Traité de la typographieChapitre 20 sur 199 · ACCENTS · texte numérisé non relu

ACCENTS

Nous procéderons ici comme nous venons de faire pour la ponctuation , et nous ne parlerons des accents que sous le rapport typographique , laissant aux grammaires et aux dictionnaires le soin d’indiquer les règles compliquées et variables de l’accentuation de notre langue.

Nous allons désigner les lettres accentuées dont il est à propos qu’un caractère soit muni, et les principaux idiomes européens pour la composition desquels elles sont nécessaires.

Français.

Latin.

Italien.

Espagnol.

Portugais.

Allemand.

Relevé.

a è ô II

L’anglais n’admet aucun accent. Le latin ne les prend que facultativement; dans cette langue ils ne servent qu’à donner plus de clarté au sens, en prévenant toute équivoque sur la valeur de mots identiques dans la forme , mais qui diffèrent suivant les cas ou les temps, selon qu’ils sont des adjectifs ou des adverbes, etc. Dans le latin des livres liturgiques, V accent aigu indique la syllabe tonique.

Les lettres accentuées dont nous venons de présenter le tableau général devraient être fondues en

C 0 M PO s 1 T 1 0 N

bas de casse et en capitales, en romain et en italique; il est cependant peu de caractères assez complets pour offrir la réunion de toutes ces sortes, à moins qu’elles ne soient exigées.

L’accentuation grecque, par la multiplicité de ses voyelles, par la combinaison très -variée des trois accents, des deux esprits, du tréma et de l’iota souscrit, offre une diversité beaucoup plus grande. Chaque mot de cette langue renferme au moins un accent, quelquefois deux , indépendamment des autres signes modificatifs. De là l’extrême complication de la casse grecque, comparativement à la casse ordinaire.

De toutes les langues de l’Europe , le français est celle dont l’accentuation est la plus étrangère aux lois de l’analogie; elle y est en outre arbitraire dans un certain nombre de mots. Il résulte de cette double imperfection de notre grammaire que la typographie, malgré ses soins les plus attentifs à persévérer dans un système uniforme, est exposée à tomber dans de fréquentes anomalies. Il est donc nécessaire de se fixer d’avance sur les points qui restent indécis, et de ne jamais déroger à la méthode qu’on aura primitivement adoptée. Si l’hésitation des arbitres de la langue sur certaines questions philologiques, si la privation enfin d’un régime grammatical bien établi, nous mettent dans le cas de faire des livres qui diffèrent entre eux sous ce rapport, veillons du moins à ce que le même livre soit exempt de ces disparates et conséquent avec lui-même.

Outre les accents proprement dits, il y a les signes

prosodiques, qui affectent les voyelles, suivant qu’elles sont longues, brèves ou douteuses.

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