‹ Traité de la typographieChapitre 190 sur 199 · ESSAIS DIVERS · texte numérisé non relu

ESSAIS DIVERS

Nous réunirons sous ce titre l’histoire de ces tentatives malheureuses (lui avaient en vue de simplifier certaines parties du travail, et qui, ayant manqué leur but, sont rentrées dans le néant. H n’est pas inutile, suivant nous, de mentionner ces découvertes avortées; c’est par la connaissance des écueils sur lesquels ont échoué nos devanciers que nous apprenons à nous défier de nos propres entreprises ; et si nous persistons à vouloir aborder là où ils ont fait naufrage, nous savons du moins que pour entrer dans le port il nous faut prendre une autre route.

Nous nous bornerons à relater les essais qui avaient quelque importance par leur objet, ou ceux qui annonçaient chez leurs auteurs quelque intelligence de la fin qu’ils se proposaient, et un choix ingénieux de moyens. Les autres tentatives ne nous paraissent pas mériter de sortir de l’oubli où elles sont tombées.

APPENDICE

Groupes de lettres. — On a souvent pensé que des groupes de lettres représentant les syllabes les plus usuelles de la langue réaliseraient pour la composition une économie de temps considérable. Cette opinion, émise en 1775 par'M. de Saint- Paul, et souvent reproduite depuis, n’a jamais reçu son application. On a reconnu que la complication qui en- résulterait dans les divisions de la casse, et la nécessité de jeter un groupe au sabot lors({u’une seule de ses lettres serait gâtée, entraînerait des pertes, soit de temps, soit de matériel, au moins équivalentes aux avantages que cette innovation pourrait procurer.

Accent droit. — M. Pierre Didot, frappé de l’embarras dans lequel les compositeurs et les correcteurs étaient jetés par l’accentuation arbitraire de certaines catégories de désinences, affectées tantôt de l’accent aigu, tantôt de l’accent grave (comme dans les mots siège, sève, orfèvre, etc.), conçut la pensée d’adopter pour ces désinences un accent intermédiaire, placé verticalement, qu’il appela accent droit. Il en fit l’application dans sa collection des Auteurs français.

Quelle que soit l’autorité de cet illustre typographe, qui lui-même, reconnaissant sans doute les inconvénients de cette innovation , renonça plus tard à en faire usage, nous nous permettrons de nous applaudir ici de ce qu’elle n’a pas prévalu. Nous y aurions vu des chances nouvelles d’erreurs, et une complication regrettable dans l’accentuation de notre langue, qui présente déjà à l’imprimerie

Page 1