‹ Traité de la typographieChapitre 191 sur 199 · PARTIE IV · texte numérisé non relu

PARTIE IV

de trop fréquentes difficultés, sinon par le nombre des accents, du moins par l’hésitation qui règne dans leur emploi, faute de règles applicables à première vue. Suivant nous, c’est à l’Académie de trancher la question de l’accent aigu ou grave pour les cas douteux ; la typographie , qui n’a pas à prendre d’initiative grammaticale ,- doit se conformer aux décisions de ce souverain arbitre, alors même qu’elles sont contestables.

Machine à composer. — Ce problème est celui qui a le plus exercé l’imagination des inventeurs, jusqu’ici toutefois sans succès. La solution, en effet, était digne de tous leurs efforts : la machine à composer était le complément de la machine à imprimer. Mais celle-ci, quoique difficile à combiner, ne remplissait que des fonctions manuelles, et la mécanique pouvait les exécuter ; tandis que la première se proposait pour but des opérations dans lesquelles la main a moins de part que l’intelligence, parce qu’elles sont variables et qu’elles exigent l’intervention du calcul et du goût, qualités tout intellectuelles que l’homme ne saurait transmettre aux machines. L’homme peut créer une machine propre à accomplir des fonctions générales ; mais il ne lui communiquera pas la réflexion, avec laquelle il modifie incessamment son travail suivant l’occurrence. Par exemple, la justification s’arrête bien à un point déterminé , mais à la condition que la ligne sera revue et retouchée pour éviter la coupure d’un mot, ou pour la faire d’une manière conforme à la règle. L’espacement est donc, dans la composition.

APPENDICE

un travail provisoire, qui ne saurait devenir définitif par l’effet d’un procédé mécanique. On pourrait aussi parler et de la multiplicité des fautes qui résulteraient de l’action précipitée du conducteur de la machine, et des difficultés très -grandes de la distribution, et enfin d’autres obstacles de tout ' genre.

Quoi qu’il en soit, les tentatives n’ont pas fait défaut à cette invention vivement désirée. Pour ne pas remonter à des essais plus anciens et restés à l’état théorique, nous citerons MM. Young et Delcambre, qui construisirent, vers l’année 1840, un clavier mécanique destiné à la composition. Cette machine fort ingénieuse, et pour laquelle ses auteurs obtinrent une médaille à l’exposition de 1844, a fonctionné quelque temps dans des imprimeries de Paris ; mais elles ont été bientôt forcées de l’abandonner. D’autres machines à composer (entre autres, la composeuse de M. Gobert) ont été établies plus récemment; elles ne sont pas arrivées sur le terrain de la pratique : aussi ne leur consacreronsnous aucune mention.

En 18oo, la machine du Danois Sorensen a figuré très-honorablement à l’exposition universelle comme instrument compositeur et distributeur. Cette invention, fruit de dix -sept années d’étude, a été fort remarquée, et le jury international lui a décerné une haute récompense ; mais nous ne pensons pas qu’elle soit devenue usuelle ; l’application en paraissait sujette à de nombreux inconvénients de détail, faits pour en neutraliser les avantages.

Nous reconnaissons que de nos jours la science

Page 1