‹ Traité de la typographieChapitre 21 sur 199 · COPIE · texte numérisé non relu

COPIE

On appelle eopie, par une singulière altération du véritable sens de ce mot, par une sorte d’antiphrase, l’original, soit imprimé, soit manuscrit, qui sert de modèle pour la composition. Du reste, ce mot de vieille date nous fait connaître que l’imprimerie recevait jadis des manuscrits mis au net. Aujourd’hui on ne lui donne trop souvent que des brouillons, parfois illisibles; de là de nombreuses erreurs, qui ne sont pas toujours relevées sur les épreuves, et cela au grand détriment de la typographie, dont elles compliquent la tâche et la responsabilité h

S’il est avantageux pour un compositeur d’avoir une copie bien nette, peu chargée de ratures, où les renvois soient clairement indiqués et la ponctuation régulièrement observée, les mêmes soins n’intéressent pas moins un auteur, tant pour la netteté des épreuves que pour la correction de l’impression définitive. Il serait à désirer que toutes les personnes qui font imprimer portassent leur attention sur ce fait trop bien démontré, que, par

1 La déclaralion du lü septembre 1572 , explicative de l’édit de 1571, })rescrivait : « Les maistres (imprimeurs) bailleront les copies dili- (( gemment revues, correctes et mises au net, au compositeur, afin « que par le défaut de ce leur labeur ne soit retardé. » De nps jours on ne prend pas le soin ni le temps de revoir les copies, et nous nous éloignons de plus en plus du programme de 1572.

COMPOSITION

reflet d’une copie inexacte, une faute grossière en clle-môme , mais cachée sous une légère apparence de sens, peut échapper à plusieurs lectures, et se maintenir jusqu’au tirage, où souvent il n’est plus temps de la relever. Cette recommandation, que nous nous permettons de faire aux auteurs dans leur propre intérêt, s’adresse plus particulièrement à ceux dont les ouvrages sont spéciaux, et dont la copie doit être plus servilement suivie par le compositeur.

On doit aussi être très -attentif dans le choix des copies imprimées ; car il en est beaucoup qui , pour la réimpression, ne présentent pas moins do chances d’incorrection que les eopies manuscrites elles -mêmes. 11 faut donc, dans ce cas, ou choisir la plus correcte des éditions précédentes, ou faire lire préalablement par un correcteur celle qu’on adopte , lorsqu’elle est fautive dans le texte ou dans la ponctuation. Ces précautions sont de la plus haute importance; si on les néglige, les éditions vont toujours en se détériorant, puisqu’aux anciennes fautes, qui se perpétuent par ce moyen, se joignent, en plus ou moins grand nombre, celles qui résultent infailliblement d’une composition nouvelle.

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