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La jdage est un assemblage de lignes déterminées, quant à leur longueur et à leur nombre, par le format de la feuille dont elles font partie. Nous disons que les dimensions de la page dépendent du format, parce qu’en effet le format est la première condition qu’on arrête en commençant l’impression d’un ouvrage; mais, malgré cette influence, qui est réelle et constante , la grandeur de la page est soumise à beaucoup de circonstances différentes qui y apportent autant de modifications. Les causes de toutes ces variations tiennent généralement : L à la diversité des goûts en matière typographique , 2° à la nécessité de renfermer dans la page une quantité de copie plus ou moins importante, 3*^ enfin aux dimensions du papier employé pour l’ouvrage.
La justification de la page sert de base aux autres dispositions qu’on doit prendre; une fois adoptée, elle fait connaître la proportion applicable à la longueur. Le rapport qui existe entre ces deux dimensions n’est pas invariable; cependant les données de l’usage et du goût le plus général permettent d’établir en principe que la longueur de la page est à sa largeur (ou justification) à peu près comme douze est à sept. Cette règle ne peut pas toujours être strictement observée; mais il est bon de s’en rapprocher autant que possible.. La page in-quarto
et la page iii-scizc font seules exception, parce que la feuille de papier pliée suivant ces formats présente une surface presque carrée; et comme la forme de la page en impression doit suivre , autant que possible, celle de la page en papier, elles sont nécessairement moins longues , et leurs dimensions sont presque égales sur les deux sens.
On appelle page longue celle dont la ligne de pied est remplacée par une ligne de matière, et qui porte par conséquent une ligne de plus que les autres. Il résulte de l’addition de cette ligne supplémentaire une disparate souvent choquante; aussi ne doit-on se servir de cette ressource qu’avec réserve , et seulement à défaut de tout autre moyen. Des imprimeurs ont voulu la bannir entièrement du système actuel de composition; ils ont tenté d’y substituer une diminution de force de l’interligne, qui permît de faire entrer dans la longueur ordinaire de la page une ligne de plus que de coutume. On ne peut pas toujours user de cet expédient; car, quelque léger que soit le changement opéré dans l’interligne, il ne peut jamais être moindre d’un demipoint ou d’un papier; or cette différence, ajoutée à elle -même autant de fois qu’il y a de lignes à la page, produit rarement une longueur exactement pareille à la mesure ordinaire; et, dès qu’on ne peut pas arriver à un résultat parfait, autant vaut conserver l’interligne telle qu’elle doit être avec une ligne de plus. Ce procédé a en outre un grave inconvénient : c’est que, s’il n’est pas appliqué au recto et au verso du même feuillet, les lignes ne peuvent tomber en registre, ce qui est un défaut
capital en matière de tirage. On fait usage de la page longue pour éviter, soit de commencer une page par un bout de ligne finissant un alinéa, soit de faire une page de deux ou trois lignes seulement à la fin d’une division d’ouvrage; dans ces deux cas, on allonge autant de pages qu’il y a de lignes à gagner. On s’en sert encore dans d’autres- circonstances particulières où la nécessité oblige à prendre cette mesure. Quand on l’emploie pour une page, on doit avoir soin de le faire aussi pour sa retiration , parce que ce défaut serait trop apparent si les deux pages coïncidentes n’avaient pas le même nombre de lignes; tandis qu’avec cette précaution on rend l’irrégularité moins sensible. Mais, nous le répétons, on doit tout faire pour l’éviter.
On appelle page courte, dans une signification opposée, celle dont on est obligé de retrancher une ligne par des motifs souvent semblables. Cette imperfection est à éviter aussi bien que celle de la page longue ; les recommandations que nous avons faites relativement à celle-ci sont également applicables à l’autre ; et il n’y a de même que la nécessité qui puisse en rendre l’usage tolérable.
La page hlayiche est celle qui ne reçoit fimpression ni intégralement ni partiellement, comme il s’en trouve à la fin et quelquefois même dans Id courant des volumes. Les pages blanches sont réellement utiles dans certains cas ; mais on doit se garder d’en prodiguer l’usage. Il existe un principe typographique d’après lequel le verso du frontispice d’un volume doit toujours être une page blanche, afin que la page la plus importante d’un livre, celle à laquelle
GOM POSITION
l’imprimeur apporte des soins tout arlislicfiies, ne soit i)as déparée i)ar un contre -foulage. Dans les éditions de luxe, on en fait un usage un peu i)lus fréquent que dans les impressions ordinaires ; mais, en thèse générale, on doit s’abstenir de suivre cet exemple sans motif.
C’est principalement aux compositeurs que nos recommandations s’adressent , èt notamment à ceux d’entre eux qui seraient portés à abuser, aux dépens de l’exécution de leur travail, du privilège qui leur est concédé de se faire payer les pages blanehc^ comme despa{/es de matière.
Ces pages, bien que par leur nature elles ne soient pas destinées à recevoir l’impression , doivent cependant être représentées par une somme de cadrats, d’interlignes ou de lingots, équivalant par ses dimensions à la page ordinaire. Ce travail deviendrait inutile dans le cas où un côté de châssis ne serait composé que de pages blanches. Ainsi, dans ce cas, on ne ferait pas quatre pages blanches in-octavo ni deux in-quarto, et conséquemment dans aucun cas on ne met de page blanche in-folio; on laisse vide ce côté de châssis.
Faire commencer m un chapitre, un livre, un chant, ou toute autre division d’un ouvrage, c’est la reporter en tête de la page suivante, soit paire, soit impaire, suivant la rencontre. Faire commencer en belle page, c’est reporter en tête du recto suivant. Lorsqu’on recourt à cette dernière méthode, il serait rationnel de faire précéder d’un faux titre la partie ainsi disposée , pour motiver le verso blanc qui peut se trouver en regard.