‹ Traité de la typographieChapitre 58 sur 199 · TITRE · texte numérisé non relu

TITRE

Il y a dans la typographie plusieurs espèces de titres. Les trois principales sont : le titre proprement dit ou frontispice , le faux titre, et le titre courant.

Le titre ou frontispice est une page qui se place au commencement d’un volume, pour faire connaître la matière dont il traite , le genre auquel il appartient, et le nom de son auteur, si celui-ci se fait connaître. Cette page est naturellement la plus remarquable de tout le volume, parce que c’est sur elle que se porte d’abord l’attention et qu’elle revient le plus souvent, tant pour le fond que pour la forme. Comme c’est le titre d’un ouvrage qui, sous ce double rapport, en donne au lecteur la première idée, et que cette impression, soit qu’elle flatte, soit qu’elle offusque l’esprit ou les yeux, laisse souvent des traces plus ou moins durables, l’auteur et le typographe doivent réunir leurs efforts pour produire une prévention avantageuse. L’un, malgré la simplicité et la brièveté qu’il mettra dans la rédaction àutitre, devra donner une idée complète autant que possible du contenu de l’ouvrage; l’autre, par

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riieureusc combinaison des Icllrcs cl l’habilo disposüion des lignes, doit ollVir à l’œil du connaisseur un aspect régulier, exempt de monotonie, et agréablement varié. Sans élever nos prétentions jusiju’à vouloir donner aux écrivains des préceptes en c(î genre, nous nous permettrons, à titre de conseil ou simplement d’observation, et seulement aussi pour les de leurs productions, de leur recommander la précision et la clarté. Souvent la forme de cette page, qui en réalité est d’un intérêt trèssecondaire , acquiert une certaine importance par l’inlluence qu’elle exerce sur cette catégorie de lecteurs qui cède à la séduction du titre.

Ce conseil ne saurait s’appliquer, sans doute, à ces œuvres de génie dont un mérite incontesté garantit la durée, et dont le succès est indépendant de ces faibles considérations; mais il s’adresse surtout aux auteurs qui, débutant dans la carrière littéraire et privés des avantages d’une réputation établie, livrent à un public léger et généralement mal prévenu la frôle existence de leur premier-né. Pour nous typographes, que l’expérience a instruits à juger ces différents effets, qui sommes continuellement à portée de passer en revue et d’envisager d’un œil impartial et indifférent les ouvrages de tout genre auxquels nous procurons les honneurs de la publicité, nous croyons devoir leur interdire cet amas de mots ambitieux, cet étalage de titres et de ({ualités, qui jettent souvent sur le livre un vernis défavorable; et nous les engagerions à se renfermer dans les bornes d’une modestie bien entendue pour ce qui les concerne personnellement , comme à ne

rien dire au delà de ce qui est rigoureusement nécessaire pour faire connaître au lecteur l’objet de leur ouvrage.

Quant à la partie typographique du litre, quoi- ({u’on ne puisse guère lui appliquer une théorie invariable à cause de la grande diversité et des difficultés nombreuses qui s’y rencontrent, nous nous efforcerons néanmoins de réunir et de présenter ici les différentes dispositions sanctionnées par l’usage et par le goût, afin d’en former, s’il est possible, un corps de principes. Si ces indications ne peuvent suppléer entièrement au tact qui manque trop souvent aux ouvriers chargés de composer les titres et aux correcteurs qui négligent d’en rectifier les défauts, nous espérons que les uns et les autres y puiseront des données générales qui , pour peu ({Li’ils cherchent à s’en pénétrer, les empêcheront du moins de s’écarter des premières notions du bon goCit. Nous allons donc établir et développer les principales règles qui concernent la disposition des titres.

Le premier soin d’un ouvrier qui a un titre à composer doit être de lire attentivement la matière ({ue ce titre doit contenir, et, après s’être rendu compte du degré d’importance de chacune de ses parties, de distribuer les mots, et de former les lignes de manière à faire découler de l’importance matérielle de ces indications l’importance réelle des idées qu’elles présentent, le lecteur devant naturellement proportionner son attention à l’impression transmise à son esprit par l’organe visuel. La disposition (pie nous prescrivons ici est souvent contrariée

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par la nécessité de se conformer aux usages de la typographie, ou au moins de respecter des règles dont on ne s’est jamais écarté. Dans des cas semblables (et ces cas se reproduisent fréquemment , surtout dans les petits formats, où la gène naturelle de l’ouvrier à cet égard est encore aggravée par le défaut d’espace), le savoir-faire du compositeur, ou de celui qui le dirige dans ce travail, consiste à concevoir ou à exécuter une distribution de lignes telle, ([lie les mots que renferme chacune d’elles olTrenl autant que possible un sens complet, et y figurent suivant la valeur de leur objet, en conservant toutefois une configuration gracieuse : il conciliera ainsi l’utilité du litre avec l’intérêt de l’art.

Il serait impossible, nous le répétons, de prescrire une marche invariable pour la composition des titres. La diversité des matières, celle du nombre de lignes, et beaucoup d’autres circonstances de tout genre s’opposent à ce que deux titres puissent être faits sur le même patron ; aussi ne doit- on pas prétendre régler d’avance les caractères et les dispositions à adopter pour chaque format. On ne peut guère donner à cet égard que des préceptes négatifs, c’est-à-dire signaler les défauts qu’il convient d’éviter toutes les fois ([u’il n’en résultera pas, sous d’autres rapports, des effets trop choquants.

On se gardera donc : de commencer un titre

par une ligne pleine ou par celle qui offrirait les plus gros caractères de la page ; dans le cas de nécessité absolue, il faut chercher à tourner la difficulté, soit en plaçant l’article seul en ligne perdue, si cela est réalisable, soit par tout autre moyen

dont on pourra s’inspirer; 2° de composer avec le môme caractère deux ou plusieurs lignes consécutives, à moins qu’elles ne forment un sommaire; car l’élégance d’un titre proscrit l’emploi répété du même caractère , lorsqu’il y a possibilité de s’en dispenser; 3*" de donner à deux ou à plusieurs lignes consécutives ou rapprochées une longueur égale, meme dans un sommaire; or il est toujours loisible d’éviter cette faute en grossissant ou en affaiblissant les lignes suivant le besoin ; 4® de disposer trois lignes consécutives, ou davantage, en forme de culde-lampe, c’est-à-dire de cône droit ou renversé. Cette disposition n’est supportable que pour la partie supérieure et pour la partie inférieure de la page, qui peut commencer et se terminer en pointe. La forme ovale est celle qu’il convient de donner vaguement au contour général du titre.

Pour qu’un titre soit bien fait et qu’il flatte l’œil du lecteur, ou plutôt du connaisseur, il ne suffit donc pas que la combinaison des différents caractères soit telle qu’elle doit être d’après les règles de la typographie, et que les lignes, considérées isolément, offrent toutes les convenances relatives; il faut encore que la réunion de ces lignes présente , par une distribution agréable et bien conçue, un ensemble harmonieux, comme ces productions des beaux-arts qui excitent en nous une admiration spontanée , et font naître dans notre esprit le sentiment du beau. Or, pour arriver à ce degré de perfection où doivent tendre les efforts d’un typographe zélé, il y a deux conditions essentielles à observer : la proportion des caractères, relativement au format

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el à leur position respective ; puis la répartition bien combinée des interlignes et des espaces.

Les distances des lignes entre elles doivent être subordonnées au nombre de lignes du titre y mais toujours de façon que les différentes parties dont il se compose soient bien distinctes, et que leur séparation soit indiquée par un blanc un peu plus fort. Nous entendons par cette expression parties du titre, les divers groupes de mots ou les séries d’idées susceptibles d’etre présentés isolément comme servant de transition d’un objet à un autre. Tels sont : le titre proprement dit, ou la désignation de l’ouvrage ; les compléments ou accessoires qui s’y rattachent , comme les sommaires ou développements dont il est souvent accompagné ; le nom de l’auteur et ses qualités ; celui de l’éditeur, annotateur ou traducteur ; le numéro d’ordre de l’édition ; la cote du volume ; le lieu et la date de l’impression ; le nom de l’imprimeur ou du libraire-éditeur; le millésime, etc.

Lorsqu’un titre est chargé, c’est-à-dire quand la matière en est abondante, il faut, pour le simplifier à l’œil autant que possible , ne mettre en lignes saillantes et détachées des autres que les mots qui doivent indispensablement ressortir, et réduire en sommaire les parties d’un intérêt secondaire, tels que les développements du titre placés ordinairement sous la rubrique d’un de ces mots : précédé, accompagné, suivi, orné, etc. Cette méthode a le double avantage de ménager les espaces nécessaires, et de faciliter la lecture en réunissant dans un seul caractère un certain nombre de lignes qui,

si elles étaient distinctes rime de Taiitre et paraissaient offrir chacune un point de vue particulier, fatigueraient les yeux et tromperaient l’esprit. Si l’auteur ne doit dire que ce qui est strictement nécessaire, et en outre l’exprimer avec toute la brièveté possible; de son côté, le typographe doit centraliser les faits ou les idées de môme catégorie , les grouper dans un cadre restreint, et, de concert avec l’auteur, s’attacher à ne présenter à l’œil que les sommités du sujet.

Dans le cas contraire, c’est-à-dire lorsque la rédaction en est naturellement brève , il est permis de multiplier les lignes ; et pourtant cette nudité apparente, lorsqu’elle est déguisée avec art, devient une simplicité noble, que l’homme de goût apprécie et recherche. Comme la disposition du titre exige ({uclqucfois (ju’on fasse une ou plusieurs lignes de plus pour que la page prenne une forme agréable, il est permis, et même fort usité, de mettre en ligne perdue soit l’article le, la, les, qui peut précéder le titre, soit la particule conjonctive de ou la proposition par, qui lient deux parties de phrase, soit la conjonction ou, qui est le signe d’un double titre. 11 est permis aussi, dans le cas où le titre est composé d’un très-petit nombre de lignes, et lorsqu’il y a trop d’intervalle entre elles, de raccourcir la page, pour faire disparaître les blancs exagérés ou super- 11 us qui résulteraient d’un extrême laconisme.

Les mots (|ui distinguent les différentes périodes du titre, tels (|ue précédé, accompagné, suivi, orné, etc., et autres également en usage, se mettent en ligne perdue ; et comme ils ne servent qu’à indi-

CO.MPOSITIOX

is:î

(|ucr la Iransition d’une partie à une autre, on peut se servir, pour les composer, de pciilcs capitales très -fi nés.

La tomaison du volume se place après la série entière des diverses portions du iilrc et après le numéro de l’édition , le cas échéant ; elle précède immédiatement, si elle ne le remplace, le tleuron ou filet qui sépare le haut de la i)agc de sa partie inférieure.

Ce bas de page contient ordinairement le nom de la ville où l’ouvrage s’imprime, ou le lieu de la mise en vente; au-dessous, soit le nom de l’imprimeur, soit, de préférence, celui de l’éditeur ou du libraire débitant. Lorsqu’il y a plusieurs noms à placer, chacun d’eux doit former une ligne. On retranche généralement les prépositions à ou chez, ce ([ui donne plus d’élégance et de simplicité. Si le nombre de ces lignes était trop considérable , il vaudrait mieux ne mettre au bas de la page que le nom de l’imprimeur, et rejeter au verso du femx titre, c’està-dire en regard du titre, le nom de la ville et ceux des libraires. Si ces derniers noms peuvent se placer au titre, ce qui est plus convenable, on met le nom de l’imprimeur au verso du faux titre ou à la fin du volume. Dans tous les cas, on met au titre même le nom de la ville, soit qu’il se rapporte au lieu de l’impression de l’ouvrage, ou bien à celui de sa publication. Le millésime, qui sert de date à l’impression, termine la page; on le met, soit en chilTres arabes, soit en chilfres romains. Cette seconde manière est préférable poui* la grâce du titre; l’autre, pour la facilité de la lecture. Les chiffres

arabes, s’ils sont inégaux de hauteur, donnent moins de régularité et d’aplomb à la base du frontispice, celle de toutes ses parties qui semble en avoir le plus besoin.

Lorsqu’une ligne dont l’importance dans un titre exige qu’elle soit présentée d’une manière très-saillante, contient trop de lettres pour entrer dans la justification, soit à cause de la longueur des mots dont elle se compose , soit par leur trop grand nombre, il vaut mieux allonger un peu la justification, si cette licence doit donner à la ligne une apparence convenable. Il en peut être de même quant à la longueur de la page.

On laisse ordinairement dans un titre une séparation entre sa partie supérieure, qui se compose du titre proprement dit, de scs développements, de la tomaison du volume, etc., et sa partie inférieure. L’usage est de remplir ce blanc par un fleuron ou par un filet. Ces ornements, quels qu’ils soient, se placent à égale distance des deux parties du titre. On ne doit toutefois employer le fleuron que lorsque la place est suffisante pour qu’il ne soit pas trop resserré entre les deux parties qu’il sépare, ce qui exige une distance de deux cicéros au minimum. 11 faut , en outre , que les attributs qu’il renferme soient, sinon spéciaux, du moins autant que possible appropriés à la nature de l’ouvrage que le titre annonce. Lorsque le titre est trop chargé, on doit s’en tenir à un filet orné. Quelquefois on y place le chitfre du libraire ou celui de l’imprimeur. Autrefois ce dernier y })la(^ait sa devise jointe à l’emblème qu’elle accompagnait.

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Ainsi que nous l’avons déjà remarqué, on a généralement adopté la coutume de supprimer les ponctuations (voir ce mot, page 8G) à la fin des lignes de titre. Nous ne reviendrons pas ici sur les raisons qui militent pour ou contre cette méthode, et que nous avons exposées à l’endroit ci-dessus indiqué.

Nous avons déjà dit que le verso du titre devait toujours être entièrement blanc. Comme les lignes du titre sont toutes dilVérentes entre elles, quant aux caractères, et qu’il est impossible d’établir au tirage un registre comme pour les pages de matière , le roulage du verso , portant parfois sur les intervalles des lignes, déparerait le titre.

Nous pensons avoir fait connaître ici sur la composition du titre toutes les données typographiques susceptibles d’etre généralisées et érigées en préceptes, et avoir présenté une théorie à peu près complète à cet égard. Il est vrai que leur application , soumise à une multitude de circonstances modificatives , rencontre beaucoup de difficultés. C’eût été un travail à la fois pénible et inutile que de vouloir oflrir des exemples ({u’on n’aurait pas trouvé l’occasion d’imiter; nous croyons d’ailleurs en avoir dit assez pour mettre sur la bonne voie les personnes à l’instruction desquelles cet ouvrage est consacré. Pour acquérir la connaissance des règles de l’art et le talent d’exécution , l’observation et l’étude des bons modèles'leur seront d’un plus grand secours que le système le mieux déduit.

Le faux titre est la première page d’un livre; il précède le frontispice, et contient simplement la désignation principale de l’ouvrage, avec la cote du

volume, qui en est séparée par un filet. Il sert en ({uelque sorte de garde et d’annonce au grand titrer et se place presque au milieu de la page, avec un peu moins de blanc en tête qu’en pied. Son utilité n’est appréciée que pour les collections, parce que dans ce cas -là il sert de titre général, tandis que le frontispice porte seulement le titre du volume en lête duquel il est placé, et, s’il y a lieu, une tomaison également partielle. Quoiqu’il soit purement de luxe en toute autre circonstance, on fait usage néanmoins du faux titre pour tous les livres un peu volumineux. On se dispense d’en mettre un aux brochures toutes les fois .que son placement peut entraîner ([uelque embarras, et qu’il ne reste pas deux pages disponibles. Son verso porte ordinairement le nom de l’imprimeur ou celui du libraire, c’est-à-dire celui de ces deux noms qui ne doit pas être mis au bas du frontispice ; on y place aussi quelquefois des avis ou remarques sur lesquels il est nécessaire de fixer d’abord les regards du lecteur. Si le nom de l’imprimeur n’a pas trouvé place sur le titre, et qu’il n’existe pas de faux titre, ce nom doit être reporté au bas de la dernière page du volume.

Le titre courant est la ligne de tête dans laquelle on fait entrer, avec le folio, le titre de l’ouvrage ou de sa partie, qui se répète à chaque page du volume. 11 se compose en petites capitales, soit du môme corps que le texte, soit d’un corps inférieur, ou en grandes capitales, quand on a la place nécessaire. Ces titres se mettent au milieu de la justification. On espace les lettres, quand la matière le permet, d’un point ou d’un point et demi, et les mots d’un demi-

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cadraliii environ, en ayant soin (juc les folios en restent toujours séparés au moins par un cadratin. Si le titre peut entrer dans une ligne, au long ou en abrégé, on le place aux pages paires, c’est-à-dire aux versos; et si l’ouvrage est coupé par chapitres, livres, chants ou autres divisions, on les indique en tète des rectos. Une pièce de théâtre porte pour titres courœits, au verso son titre, et au recto l’acte et la scène, en chilTres romains.

On doit toujours faire en sorte de comprendre dans les titres eourants des indications aussi coml)lètes qu’ils puissent les contenir, sans être trop remplis.

Si un volume se compose de plusieurs parties, les titres courants changeront en même temps que ces différentes parties, lorsqu’elles ne font pas corps avec l’ouvrage. Par exemple, supposons un livre composé d’une préface, du texte proprement dit, de notes et de tables; les titres courants de\r ont désigner successivement ces grandes divisions de l’ouvrage. Ce renouvellement doit avoir lieu à plus forte raison dans les volumes collectifs, et qui se composent de parties entièrement séparées. Bien que, dans les cas ci-dessus énoncés, les caractères soient variés suivant l’importance de chacune des parties, et que ceux du texte soient généralement plus petits que ceux de la préface et plus gros que ceux des notes et des tables, cependant on maintient les titres courants, soit en petites, soit en grandes capitales du caractère adopté d’abord et suivant la même marche. Cette uniformité s’observe pour les signatures.

Il est à remarquer que les ouvrages qui portent aux rectos l’indication numérique de leurs divisions la règlent habituellement sur la fin de la page. Ainsi un dictionnaire, qui indique en tête de chaque colonne la première syllabe ou le radical des mots qu’elle contient, dans le cas très -ordinaire où cette syllabe vient à varier dans le corps de la colonne, adopte pour titre courant celle qui commence le dernier mot qui s’y trouve.

Telles sont, pour les titres courants, les dispositions les plus usitées. Il en est encore d’autres qui sont déterminées souvent par le goût des auteurs, quelquefois par la nécessité, ou par une utilité réelle ; mais il est impossible , vu leur grande diversité, de les faire connaître : nous ajouterons seulement que tous les procédés, à cet égard, peuvent s’employer autant qu’ils ne blessent ni le bon goût, ni les principes typographiques qui régissent cette matière et qui viennent d’être indiqués.

On appelle titre de départ celui qui rappelle, en tête de la première page de texte d’un volume, son titre général. Quand un volume est précédé de parties liminaires, le tit)‘e de départ est rejeté au commencement du texte proprement dit.

La dénomination générale de titre se donne à toute indication qui, dans le cours d’un volume, se place en ligne perdue, soit pour désigner des divisions, soit pour en faire connaître la matière. Lors- ([ii’il vient en second ordre, il prend le nom de sous-titre, et s’il reçoit un certain développement, on l’appelle sommaire ou argument.

La table d’un ouvrage en est une espèce de résumé, plus ou moins succinct, suivant les points de vue sous lesquels elle le présente. Ou elle n’est que la simple énumération des parties dont il se compose, avec l’indication sommaire du contenu de chacune d’elles; ou bien elle est analytique, par exemple dans un ouvrage d’une certaine étendue et susceptible d’etre l’objet de fréquentes recherches à cause de l’abondance et de la variété des matières qui s’y trouvent renfermées; dans ce dernier cas, elle offre le tableau complet de tous les sujets diflerents ({u’il a pu traiter, et embrasse à la fois les époques, les faits, les noms des lieux et ceux des personnes qu’il mentionne.

La première de ces espèces de tables est suffisante en général pour les ouvrages purement littéraires et du domaine de l’imagination, ouvrages écrits pour l’universalité des lecteurs. Quant aux traités de sciences ou d’arts, et tous autres livres descriptifs ou didactiques, comme ils ont une destination spéciale qui influe sur la langue en créant de nouveaux termes ou en modifiant la valeur de ceux qui existent, l’auteur doit éclairer le lecteur sur ces innovations, et placer à la table des définitions nouvelles, ou renvoyer aux endroits susceptibles de donner les explications nécessaires. De plus, comme la plupart des ouvrages de ce genre doivent pouvoir être consultés partiellement, meme après lecture complète, le relevé exact de tous les points divers qu’ils traitent et leur indication isolée deviennent

une condition essentielle de leur exécution typographique. La table doit donc porter sur le fond du livre et sur sa forme, c’est-à-dire être à la fois une analyse des faits et un vocabulaire, et de plus un guide à l’usage du lecteur.

Un ouvrage qui forme plusieurs volumes doit avoir à la fin de chacun d’eux une table particulière, indiquant les divisions qu’il comprend, indépendamment de la table raisonnée qu’on renvoie à la fin de l’ouvrage, si toutefois il la comporte. Une table, de quelque nature qu’elle soit, est d’une grande utilité dans un volume; mais cette commodité cesserait d’exister et deviendrait môme pour le lecteur une source d’embarras, s’il ne la trouvait doublement exacte, c’est-à-dire complète dans sa teneur et fidèle dans ses renvois.

Les tables simples se placent soit en tête du volume, soit à la fin, mais se tirent toujours en dernier lieu, excepté dans le cas de réimpression identique. Chaque article renvoie à la page, et suit la progression ascendante des folios. S’il contient plusieurs lignes, on le dispose en sommaire. L’indication de la page est toujours rejetée au bout de la ligne, et l’intervalle est rempli par des points conducteurs. Le mot page s’exprime une seule fois, soit au premier folio cité , soit en tête et dans l’alignement des chiffres. Les grandes divisions du volume se mettent en capitales et en lignes perdues. On emploie ordinairement pour ce genre de composition un caractère inférieur au texte de deux degrés au moins. Lorsqu’une table forme plusieurs pages, il est d’usage de la commencer en recto:

COMPOSITION

mais souvent on la place suivant le besoin local.

Les labiés analytiques de matières se disposent dans l’ordre alphabétique. Elles renvoient au tome et à la page. Quelquefois on substitue à ce dernier renvoi celui du chapitre, article, paragraphe, verset ou autre partie de l’ouvrage, pourvu que les titres courants en portent l’indication, et que cette division soit assez fré({uente pour ne pas occasionner de longues recherches : ce système est préférable en ce que, dans le cas d’une réimpression non identique, il épargne et le soin de renouveler les folios, et les erreurs qui naissent de ces changements. Pour éviter de répéter à chaque article les mots tome, page, ou autres qui peuvent accompagner les chiiïres de renvois , il suffit de difTérencier les signes numériques. Par exemple, celui du tome peut être placé en premier lieu et figuré en grandes capitales, celui de la division adoptée dans fouvrage en petites capitales, et le folio en chiffres arabes; ces trois espèces de chiiïres rendent distincte la valeur des objets sous-entendus qu’ils indiquent. Quelque marche qu’on suive pour ces abréviations, le lecteur doit en être prévenu par un avis placé en tète de la table.

Lorsqu’une table a une certaine étendue, on la met à deux colonnes, dans les in-octavo et formats supérieurs, même en agrandissant au besoin la justification. Il en résulte un double avantage : d’abord on gagne une partie du blanc que laissent dans les grandes lignes la multiplicité et souvent la brièveté des articles; ensuite cette disposition permet d’employer un plus petit caractère. Les articles se com-

posent indifféremment en alinéas ou en sommaires : dans le premier cas, on épargne la perte d’espace occasionnée par de nombreux renfoncements; dans le second, la première ligne de chaque article est mieux détachée et plus saillante. Le mot qui commence l’article et qui en fait le sujet doit être, ou en italique, ou en petites capitales. Quelquefois on combine ces deux sortes de caractères, lorsqu’on veut établir deux séries distinctes de mots. Ainsi, par exemple , on mettrait en italique tous les mots (pii représentent des faits, et en petites capitales ceux qui mentionnent des noms propres. On sépare les colonnes, soit par un fdet régnant dans toute la hauteur, soit par un simple blanc. Chaque article, qu’il comprenne un ou plusieurs renvois, forme un seul alinéa ou sommaire.

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