‹ Traité de la typographieChapitre 68 sur 199 · ERRATUM, ERRATA · texte numérisé non relu

ERRATUM, ERRATA

On appelle errata (et ce mot latin s’explique de lui -même) l’indication des fautes, typographiques ou autres, qui ont passé dans l’impression d’un volume, et conséquemment celle des rectifications qu’il y aurait à faire dans le cas de réimpression. Lorsqu’il n’y en a qu’une, c’est du singulier erratum qu’on se sert.

COMPOSITION

On place liabituellemcnt cet avis à la lin du livre. Sa véritable place serait au commencement, puisque e’est la seule manière opportune d’aveidir le lecteur; mais il arrive souvent qu’il ne ti'ouve pas à s’y placer convenablement.

11 y a plusieurs façons de disposer un errata, et cet arrangement est à peu près arbitraire ; cependant voici celui qui est le plus usité et qui nous paraît le plus simple.

Après le mot errata placé en titre, on établit quatre tètes de colonnes ainsi conçues :

Page ligne au lieu de lisez :

puis on aligne verticalement chacune de ces parties de lignes, comme si elles avaient toutes une justification particulière.

On emploie pour les errata un caractère plus petit que celui du texte; d’ailleurs son arrangement même l’exige.

Un errata peut être utile s’il est complet, c’està-dire s’il relève exactement toutes les erreurs qui nuiraient à la lecture. Mais, s’il n’atteint pas ce but, il n’est, de la part d’un imprimeur ou d’un auteur, qu’un aveu inutile et presque ridicule de ses fautes U 11 faut, lorsqu’on se décide à en placer un à la fin d’un volume ou d’un ouvraere, relire avec une attention soutenue un exemplaire des feuilles tirées, dépouiller toutes les fautes qui ont échappé à la lecture des épreuves ou qui se sont faites pendant le

1 La Fontaine a dit: «Ce sont de légers remèdes pour un défaut considérable. »> [Fables, Avertissement du 2« recueil.)

tirage , et composer son errata des corrections qui , en purifiant l’ouvrage de taches susceptibles de le déparer, peuvent aussi éclairer le lecteur et le tirer d’embarras.

Mais afin de fixer d’autant mieux ses regards sur des détails qui ont pour lui peu d’attraits, il faut s’abstenir d’en grossir la liste en lui signalant de ces fautes qui frappent les yeux les moins exercés, et se relèvent facilement d’elles-mêmes.

ÉPIG RAPHES

Les épigraphes se composent en caractère très- fin comparativement à celui de l’ouvrage dans lequel elles se trouvent placées. Elles se renfoncent plus ou moins, suivant la matière qu’elles contiennent; mais la règle veut qu’on les resserre le plus possible : ordinairement elles n’occupent guère que la seconde moitié de la justification. Elles se disposent indifféremment en sommaire ou en alinéa ; néanmoins, lorsqu’elles ne font que deux lignes, la première est plus généralement renfoncée d’un cadratin. Il y a, du reste, beaucoup d’arbitraire dans ce genre de composition, et il suffit qu’il n’ait rien de contraire au goût ni à l’aspect général de la page où il figure.

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