ABRÉVIATIONS
ün se servait autrefois de voyelles affectées d’un signe particulier, au moyen desquelles on retranchait la consonne m ou n dont ces voyelles pouvaient être suivies. Dans le latin, on représentait la
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conjonction enclitique que par la consonne q suivie d’un point-virgule. Ces sortes à' abrévialions , empruntées aux manuscrits, et dont l’emploi primitif dans la typographie pouvait avoir pour but de faciliter en certains cas l’espacement des lignes, avaient reçu par la suite une application générale ; et le temps avait converti en règle absolue ce qui n’avait été originairement que facultatif. Mais cet abus, qui avait le double inconvénient, en défigurant les mots, d’en rendre l’aspect moins agréable et la lecture plus pénible, excita les réclamations du plus grand nombre des lecteurs,'dont le sentiment doit toujours l’emporter sur les considérations purement matérielles. Force fut donc aux imprimeurs de revenir de cette coutume mal justifiée aux principes naturels dont elle les avait fait dévier, et ils ne purent la maintenir même comme exception. Dès lors ils adoptèrent un système abréviations plus approprié aux besoins de l’art, et en outre plus intelligible, en se bornant à abréger dans certains textes quelques mots qui s’y représentaient fréquemment.
Dans le corps des ouvrages, généralement on doit user avec sobriété de ce privilège ; il n’est guère réservé qu’aux ouvrages scientifiques, où certaines répétitions sont fréquentes et inévitables, et où il tempère ce qu’elles ont de fatigant pour l’œil. Les commentaires admettent aussi l’emploi des abréviations; il y est même essentiel : les noms d’auteurs, les .titres et parties d’ouvrages auxquels on renvoie, s’y mettent rarement en entier. Les tables, index, additions marginales, et en général les parties d’un volume autres que son texte
proprement dit, en sont également susceptibles.
Ce que nous venons de dire des abréviations et de leur application souvent arbitraire démontre l’impossibilité de prescrire des règles particulières à cet égard ; nous nous bornerons donc à des observations générales.
Les adverbes numériques primo, secundo, tertio, etc., s’expriment par leur nombre en chiffres arabes suivi d’un o supérieur. Ainsi on imprime toujours de cette manière : 1% 2°, 3°, etc.
Les noms de nombres ordinaux, au lieu de se mettre en toutes lettres , 'sont souvent abrégés; leur nombre, soit en chiffres romains, soit en chiffres arabes, selon le cas, et suivi d’un e supérieur lorsque le nombre précède le nom auquel il s’applique, remplace l’adjectif numérique qui en est formé. Exemples : tome II , xvL siècle, 7® ligne. Le nom de nombre premier, première, eu égard à la différence de sa terminaison, s’abrége en 1"'®.
11 en est de même pour certains formats de livres, dont les noms s’indiquent ainsi : in-L, in -4®, in- 8®.
Les ouvrages de sciences ou d’arts , qui ont leurs abréviations particulières, doivent en donner la liste en tête du livre. Tels sont les dictionnaires, pour lesquels principalement cette ressource est précieuse , à cause du grand nombre 'd’indications identiques qui se représentent à chaque article, et qui, réduisant un mot à une seule lettre ou à une syllabe, ont à la fois l’avantage d’occuper une moindre place et celui d’accélérer la lecture en simplifiant les signes des idées.
Les mots abrégés par apocope, c’est-à-dire ceux
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dont 011 relranche une partie quelconque à la terminaison, doivent être suivis d’un point, comme signe à'abrémaliony indépendamment des autres signes de ponctuation que la position de ces mots peut exiger après eux. Seulement on ne répète pas le point, si l’un de ces mots se trouve à la fin d’une phrase.
Les mots abrégés par syncope , c’est-à-dire ceux dont on retranche une partie intérieure, et dont la terminaison est indiquée en lettres supérieures, ne prennent pas le point comme les autres. Faute à nous de pouvoir présenter des règles à cet égard, en raison du nombre illimité de mots susceptibles d’être abrégés, nous nous bornerons à dire qu’il faut, autant que possible, conserver le radical du mot, afin que ce mot soit toujours reconnaissable, et qu’on ne doit point, à moins d’un besoin absolu, retrancher seulement la syllabe finale lorsque le mot en a plus de deux.
Nous renonçons également à donner un tableau général des abréviations , travail qui ne pourrait qu’être incomplet ou inexact, en raison des fréquentes modifications qu’il aurait à subir.
PARANGONNAGE
Cette opération consiste à combiner dans une même ligne plusieurs caractères de dilférents corps, en les réduisant tous à une force commune par le moyen d’épaisseurs complémentaires. Lorsqu’une ligne comprend deux ou trois sortes de caractères (et il arrive quelquefois qu’il y en entre un plus grand nombre), il est nécessaire, pour la cou-
solideFj de les ramener tous à la plus grande force de corps. Ce travail exige beaucoup de précautions. D’abord il faut que les bouts d’interlignes qu’on emploie comme compléments des caractères plus faibles soient calculés pour qu’on arrive sans la plus légère différence à la force demandée. Ensuite il faut les disposer -dans le composteur, tant en dessous qu’en dessus des lettres, de manière que l’œil des caractères parangonnés ensemble soit parfaitement aligné par le bas.
Le parangonnage est d’un fréquent usage dans la composition. Les livres de mathématiques sont ceux ({ui en présentent le plus d’exemples, et dans lesquels on trouve les combinaisons les plus compliquées de lettres, de chiffres et de signes divers et diversement alignés.