‹ Traité de la typographieChapitre 79 sur 199 · FRACTIONS · texte numérisé non relu

FRACTIONS

Les fractions peuvent être disposées de deux manières; en voici l’indication avec leur arrangement dans l’un et dans l’autre cas : la différence consiste dans la direction de la barre , qui peut être diagonale ou horizontale.

Si la barre est diagonale, le numérateur se place en chiffres supérieurs et le dénominateur en chiffres inférieurs. Comme il arrive fort souvent que ces sortes de chiffres manquent dans le caractère avec lequel les fractions se trouvent combinées, on y supplée par des chiffres d’un corps plus petit, qu’on parangonne avec des espaces, soit en dessus, soit en dessous, suivant la position. La barre diagonale

COMPOSITION

autorise aussi l’emploi pur et simple des chiiïres du corps.

Si la barre est horizontale (cet arrangement est préférable à l’autre, comme étant plus clair), il faut nécessairement placer les deux nombres l’un audessus de l’autre en les séparant par un fdet. La barre doit être de la longueur du plus fort nombre , et le plus petit se justifie entre espaces égales. Cette disposition nécessite , comme on voit, des fontes de chiflres plus faibles de corps que les caractères usuels; mais, malgré les avantages qu’elle peut présenter, elle ne saurait être applicable aux caractères inférieurs au Sept. En effet, deux chiffres de Trois (et l’on ne peut pas en fondre sur un moindre corps) font six points ; le fdet qui les sépare en porte un ; ce qui donne sept points pour la totalité des éléments de ce parangonnage.

Ce genre de fractions, employé dans de petits caractères, comporte, comme on le voit, des chiffres d’une extrême finesse, et qui deviennent illisibles lorsque le tirage n’en est pas d’une parfaite netteté.

On appelle un nombre déterminé de lignes

composées, liées provisoirement, et livrées par le compositeur à son metteur en pages, pour que celui-ci y joigne les lignes de tête et de pied, les titres, filets, notes, et généralement tous les détails accessoires de l’ouvrage. Le paquet porte le nombre de lignes contenu dans une page pleine, moins les lignes de tête et de pied.

Ce nom est également donné aux pages de distribution qui, sortant d’un ouvrage, sont désinterlignées, liées et mises à la réserve.

Les paquetiers sont les compositeurs qui ne font que des paqueÂs; on les nomme ainsi pour les distinguer des metteurs en pages ; ceux-ci ont à composer toutes les parties complémentaires qui peuvent se rencontrer dans une feuille, et à remplir les différentes fonctions qui précèdent le tirage.

On comprend sous ce nom générique les cadres, fleurons, culs-de-lampe, ou autres accessoires ([ui ne servent qu’à l’embellissement d’un livre. Autrefois l’usage vignettes était beaucoup plus répandu que de nos jours. Presque tous les livres, quel (ju’en fût le sujet, portaient sur leur frontispice et en tête de leurs parties principales des ornements emblématiques. Des dessins en festons, de toute la longueur des lignes, traversaient fréquemment les pages et couronnaient les titres qui marquaient les divisions du livre. Quant au fleuron placé sur le frontispice , cette habitude venait de ce qu’alors les libraires et les imprimeurs prenaient une enseigne et quelquefois une devise, et que l’un ou l’autre, en revêtant le livre de cette marque, lui donnait un caractère de propriété qui pouvait en rendre la contrefaçon plus difficile. Maintenant ils y placent simplement leur chiffre ; encore tous ne le font-ils pas.

Il arrive parfois qu’à la fin des différentes pièces contenues dans un livre on met quelques ornements

coMi‘osrriüN

de ce genre. 11 y a plus d’un écueil à éviter pour savoir les rendre agréables. On doit d’abord apporter du discernement dans le choix qu’on a à en faire , et s'attacher autant que possible à ce que les sujets qu’ils représentent soient toujours appropriés à la matière qui les précède. Si cela ne peut être, pai* une raison quelconque, il vaut mieux dans ce cas . employer des vignettes insignifiantes, telles que des rosaces, des arabesques, ou autres dessins emprundés à l’arcliitecture, et qui, si elles n’ont pas le mérite de cette conformité avec le sujet, n’ont pas du moins l’inconvénient de la discordance. 11 faut aussi prendre le soin de proportionner la dimension des vignettes à l’espace qui doit les recevoir. On les place au milieu de la justification, et on laisse un peu moins de blanc en tête qu’en pied.

Tous les ouvrages ne sont pas également propres à admettre des ornements ; il y en a même un grand nombre dont le genre grave et sévèr.e exclut ces frivolités, qui y produiraient une disparate choquante. Dans tous les cas, et en supposant qu’ils ne soient pas inopportuns , il faut en user sobrement , et n’employer que ceux qui peuvent satisfaire les yeux sous le double rapport de leur dessin et de leur gravure.

L’usage des ornements est du reste une chose tout à fait arbitraire , et à l’égard de laquelle on ne peut établir aucune règle positive. C’est aux compositeurs et aux chefs qui les dirigent dans leurs travaux de faire, à l’égard de leur placement, tel^choix et telle combinaison qu’ils jugeront susceptible de plaire par une originalité exempte de

bizarrerie ou par une simplicité empreinte de bon goût.

Il existe un genre de vignettes composé de dessins continus et qui servent d’encadrements. Elles sont fondues sur toutes sortes de corps , depuis cinq points jusqu’à cent, et même au delà.

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