‹ Traité de la véritable oraison (volume 2)Chapitre 107 sur 164 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

QUE TOUTE LA PERFECTION DE LA. VIE CHRÉ- TIENNE SUR LA TERRE CONSISTE EN l' AMOUR DE DIEU, ET NON PAS EN LA CONNAISSANCE

La charité est plus parfaite que la foi. Nous pouvons aimer Dieu en lui-même, mais non pas le connaître en lui-même.

Après avoir expliqué les différentes manières d'oraison, celles que Dieu peut communiquer aux âmes, et celles que l'on peut acquérir par sa propre industrie ; après avoir réfuté les erreurs qui pouvaient rendre cet exercice dangereux ou mutile, et, enfin, après avoir éelairci le véritable

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sens (1(> (nicliiuos oxprcssioiis di'':^ Pères, donl on avait \oiilu couvrir ces erreurs, il semble nécessaiie d'établir queUjues maximes très certaines, dont on se puisse servir dans l'oraison ordinaire, sans aucun danger de lonibcr dans l'erriMU'.

La première maxime est un principe de loi : c'est cpie toute la perfection de la vie chrétienne consiste en l'amour de Dieu ; et que nous devons mesurer nos progrès dans la sainteté, non par l'acquisition des connaissances, mais par l'accroissement de la cliarilé.

Saint Paul, écrivant à ceux de Colosse, après leur avoir marqué plusieurs vertus, la misériconle, l'humilité, la modestie et les autres, ajoute : « Surtout ayez la charité, (|ui est le lien de la perfection '. » Elle est donc la plus nécessaire et la plus parfaite de toutes les vertus, puisqu'elle est le lien de la perfection ; car elle attire après soi toutes les vertus, elle les unit ensemble, et elle imit l'âme à Dieu.

La perfection de tous les êtres, est qu'ils retournent aux principes d'où ils dérivent, car il n'y a que le principe qui a donné l'être, qui

I. Super omnia autem hœc, habcte caritatcm, quod est vinculum perfectionis. Col. m, i4.

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puisse donner la perfection. L'ouvrier seul qui a commencé l'ouvrage, le peut achever. Or, c'est seulement l'amour qui nous peut unir à Dieu, le premier principe et le jircmier auteur de notre être. En produisant les créatures, il leur a donné une impression qui les porte à lui comme au souverain bien et à la dernière fin : de sorte que l ou tes les créatures font un heureux cercle, par lequel elles sortent de Dieu, et retournent à Dieu \ La bonté divine a été en Dieu le motif qui lui a fait produire tous les êtres ; et c'est la même bonté qui excite tous les êtres de retourner à lui. Et parce que l'être, en tant que bon, est dans la volonté l'objet de l'amour, c'est le privilège de l'amour seul de nous unir à Dieu, à qui se va réunir tout ce qui est bon comme à la source de la bonté. De là, saint Denys appelle l'amour « une vertu unissante, » et saint Augustin « une sorte de liaison ^ »

Ce n'est pas la connaissance qui fait l'union de Dieu avec nous : nous ne connaissons Dieu que par des idées et par des images que l'entendement se forme, idées et images infiniment

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