CHAPITRE I
T>E l'or VISON EXTRAORDINAIRE
Ello est lia privilège qu'on ne peut ni mériter ni acquérir. Ce n'est pas de cette oraison qu'on prétend parler dans cet ouvrage.
Il faut avant toutes choses distinguer deux manières d'oraison bien différentes : l'une est absolument extraordinaire, Dieu la communique immédiatement par lui-même ; l'autre est ordinaire, et on la peut acquérir comme le reste des vertus
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chrétiennes, avec le secours de la grâce. C'est de cette dernière qu'il sera traité dans la suite de cet ouvrage.
L'oraison extraordinaire, que quelques Pères appellent infuse, se fait, dit saint Thomas, lorsque l'âme est élevée au-dessus de la manière ordinaire de connaître et d'agir ; et qu'elle reçoit des lumières si abondantes, si pures et si vives, qu'elle est comme introduite dans une région spirituelle, oii elle contemple, par un simple regard, les choses divines et célestes '.
Cette oraison, à l'égard de l'homme, est un privilège purement gratuit ; mais à l'égard de l'ange, c'est une suite de la condition de sa nature, selon saint Thomas -. Car lange n'a besoin ni de raisonnement, ni de plusieurs actes, dont l'un lui fasse d'abord connaître l'objet d'une manière générale, lui en donnant une idée confuse, et dont le second le lui découvre d'une manière plus distincte : il voit dans un instant, par un seul acte et par un seul regard, l'objet, et tout ce qu'il y a dans cet objet, comme nous voyons en même temps dans un miroir, et le miroir et l'image qu'il représente.
C'est donc à cet heureux état naturel à l'ange,
1, In 3 Sent, distinct. 35, q. 2, art. 2.