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Pour rignorancc, clic est assez rare, ainsi que jious l'avons établi, puisque la loi naturelle et celte lumière inlime, tout à la fois commune et particulière, publique et cachée, comme ra[)|)elle saint Augustin, nous fait assez, connaître les premières et les principales règles de la vertu. « Tous ceux qui pèchent sont des prévaricateurs ', » dit le Psaluiiste ; et saint Paul coniirme cet oracle, quand il dit, cju'il n'y a point de prévarication où il n'y a point de loi qu'on [)uisse violer. Il faut donc conclure, ((ue si tous les pécheurs sans e\ce[)lion sont des [)révaricateurs, il y a dans tous les hommes une loi naturelle que l'on viole. C'est de celte loi que saint Paul a dit, que les Gentils qui n'ont point de Loi, se tiennent à eux-mêmes lieu de Loi. Enfm, outre celte impression intime de la loi éternelle, tous les chrétiens sont enfants de lumière. Il n'est donc pas besoin d'une étude considérable pour connaître ce que tant de lumières ensemble font Noir dans un plus grand jour. Le principal cITort à faire sur la nature, c'est de trouver du plaisir dans les actions où elle a toujours du dégoût, suave fiat quod non dclecfabal. Or c'est dans les
I. i'rio\aricalorcs reputavi uinncs poccalores terra?. D. Aug. in Ps. cxMii, conc. \\\.
23^ OE LA VÉRITABLE ORAlSOÎt
affections de la volonté que réside le véritable plaisir, particulièrement dans les actes d'amour, puisque l'amour est toujours accompagné du plaisir.
Nous pouvons appliquer à l'oraison du raisonnement ce que saint Augustin a dit de la loi ancienne et de ses sacrements : que c'était un remède à la vérité pour guérir les blessures de la nature, mais que ce remède avait besoin d'un autre remède, sans lequel il demeurait inutile. Expliquant les paroles de David selon l'énergie des Septante, il dit que « l'homme qui ferme ses oreilles aux inspirations divines, est semblable à l'aspic qui ferme ses oreilles pour ne point entendre cette heureuse voix, qui lèvent enchanter, et pour ne pas recevoir ce remède auquel on a joint un second remède, medicamentum medicatum. Que signifie, demande-t-il, cette expression, médicament uni medicatiim, un remède réparé ? Et il répond : c'est pour nous faire connaître combien toute la loi sans la grâce de Jésus-Christ était inutile. « Il y avait des remèdes dans les Prophètes, il y en avait dans la loi. Tous les préceptes de l'ancienne loi, et à plus forte raison tous les sacrements, étaient autant de remèdes ; mais ils étaient imparfaits, et