‹ Traité de la véritable oraison (volume 2)Chapitre 20 sur 164 · Celle dont il a été jiarlé au chapitre i · texte numérisé non relu

Celle dont il a été jiarlé au chapitre i

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tion, de suspension des puissances de l'cntcndenienl et de la volonté, de repos, de quiétude, il'inaction, et de toutes ces opérations surnaturelles ilont les saints ont parlé, particulièrement sainte Térèse ; mais ils en pervertissent le sens. Il se trouve même des auteurs, qui très éloignés sans doute de cette erreur, semblent néanmoins être toml)és dans un semblable défaut dans leurs livres, attribuant à une oraison commune toutes ces choses extraordinaires, sans faire réflexion, cl sans avertir leurs lecteurs que ce sont des privilèges particuliers ù certaines âmes, et que l'on ne doit pas même demander à Dieu.

11 est constant que dans une oraison extraordinaire où Dieu élève une âme, il se passe des choses très singulières ; ceux qui les éprouvent ont souvent de la peine à les expliquer ; mais ce sont des grâces qui ne sont pas même nécessaires pour acquérir une grande sainteté, et qui n'appartiennent point à l'exercice ordinaire de loraison et de la méditation. Pour ne pas faire cette distinction, il y a de bonnes âmes qui, lisant ces nouveaux livres, s'affligent et s'inquiètent ; s'imaginant que toutes ces opérations se doivent trouver en toutes sortes d'oraisons, elles croient, parce qu'elles ne les sentent pas, ne savoir pas faire oraison. D'autres, au contraire, voulant avoir

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ces grâces extraordinaires, comme par dépit ou par force, sans que Dieu les leur veuille donner, se mettent dans un état dépure oisiAeté, et s'imaginent d'être parvenues à ce grand repos, dont parlent les saints ; et être élevées à l'oraison de quiétude, parce qu'elles ne font rien dans l'oraison.

Toutes les opérations extraordinaires sont des grâces gratuites, que Dieu distribue comme il lui plaît ; elles ne sont point nécessaires pour le salut ni pour la sainteté, et l'on ne doit pas les rechercher. En vérité, et on ne saurait trop le comprendre, la disposition nécessaire pour la contemplation et pour toutes sortes de grâces, c'est une profonde humilité. Il est vrai, dit saint Thomas, que saint Paul nous exhorte à faire nos efforts pour obtenir toujours de plus grandes grâces '■ ; mais, ajoute-t-il, il y a des mesures à garder. Il faut seulement tâcher de s'en rendre digne, et laisser à Dieu le soin de nous en gratifier quand il lui plaira. Or, le moyen le plus assuré de s'en rendre digne, est d'être bien persuadé de son indignité. « Autre chose, dit le même Docteur après saint Augustin, est de s'élever à Dieu, autre chose de s'élever contre Dieu. Celui qui

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