‹ Traité de la véritable oraison (volume 2)Chapitre 42 sur 164 · I. Eph. III · texte numérisé non relu

I. Eph. III

dit saint Thomas, en cette vie, ne peut être sans idées : car c'est le propre de l'homme de ne connaître même les choses intelligibles que dans des images sensibles, comme dans des miroirs qui les représentent : ce qui ne se vérifie pas seulement dans les connaissances naturelles, mais encore dans les choses que nous connaissons par la révélation. Gela a fait dire à saint Denys que la lumière divine nous fait connaître les anges sous des symboles et des figures. Et cette lumière nous élève par sa vertu à la vue plus pure d'un simple rayon, c'est-à-dire à la connaissance très simple et très spirituelle de la vérité intelligible que Dieu veut nous communiquer *. »

Telle est la contemplation des prophètes, qui, élevés au-dessus de la nature, voient les choses les plus éloignées de leur temps, ou connaissent les vérités les plus sublimes de la religion : ils ne découvrent rien sans idées et sans images. « Les prophètes, dit saint Thomas, ne voient pas dans l'essence divine les vérités des choses qu'ils voient, mais en des figures qui les leur représentent à travers une lumière que Dieu leur communique, proportionnée à leurs forces. C'est pourquoi, d'après saint Denys, la théo-

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