‹ Traité de la véritable oraison (volume 2)Chapitre 77 sur 164 · I. LES ERREURS · texte numérisé non relu

I. LES ERREURS

consolés dans nos misrips par la considération des perfections de Jésus-Clirist. de sa vie et de sa niorl, l'Kglise nous oblijire de rappeler de temps en fenips le souvenir de ce tn'-s saint et 1res profond nivslère d'un Dieu lait homme : (( afin que nous représentant souvent un Dieu, qui s'est rendu \isible, nous méritions d'être élevés [)ar le secours de sa grâce à l'amour des choses invisibles ^ » Ainsi nous expérimentons par noire propre agilité, que nous avons besoin de quelque apinii, de quelque objet sensible pour nous porter à Dieu et pour nous soutenir en sa présence ; et que nous sommes souvent plus touchés de dévotion en considérant la Passion de Jésus-Christ et les mystères de son Humanité, qu'en contemplant la grandeur de Dieu en lui-même.

D'où vient que si souvent nous languissons dans notre tiédeur, et que nous sentons le poids de nos infirmités spirituelles sans y trouver du remède pour nous fortifier ? D'où vient que nous tombons si fréquemment dans les mêmes imperfections, sans pouA'oirnous en relever? C'est que nous ne voulons pas nous servir de ce remède salutaire et universel, que l'Eglise l'Ecriture,

I. Ut dum visibilitcr Dcuiu cognoscimus, por hune in amorçai invisibiliuni raplamur. In l^raefi ISativitatis.

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que les Pères, les exemples des plus saints et des plus parfaits, que la raison elle-même nous mettent devant les yeux. Jésus-Christ a voulu entrer dans tous les états, afin qu'en quelque état que nous soyons nous-mêmes, nous le voyions au-devant de nous, comme nous tendant la main pour nous assister et pour nous rendre conformes aux dispositions qu'il nous a montrées, quand il était dans létat où nous nous trouvons. Et parce que l'état le plus fréquent est celui de nos misères, nous avons un extrême besoin de méditer les souffrances inconcevables de Jésus- Christ, qui sont une source perpétuelle de miséricorde et de consolation pour les justes et pour les pécheurs, pour ceux qui commencent et pour ceux qui sont arrivés au comble de la perfection. Ce qui a fait dire à Albert le Grand, véritablement aussi grand par sa piété que par sa science, une chose qui paraît extraordinaire, mais qu'on doit croire, ayant été avancée par un docteur de cette élévation. Il dit qu'un peu de méditation faite tous les jours sur la Passion du Sauveur sert davantage que si l'on jeûnait tous les jours au pain et à l'eau et que si l'on prenait chaque semaine une discipline jusqu'au sang ; parce qu'une pareille méditation touche bien plus le cœur et excite bien plus l'amour et

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