I. Apud D. Aug. lib. de Spirit. et anima, cap. i
très haute sainteté ; qu'elles puisent clans celte source les lumières les plus pures et les plus sublimes pour connaître les vérités les plus relevées, et qu'elles tirent de cette fournaise de charité toute l'ardeur qui peut les rendre des Séraphins.
Enfin, pour renfermer tous les exercices de la sainteté, il faut être perpétuellement dans ces saints mouvements, entrer et sortir pour contempler la divinité et l'humanité en Jésus-Christ et par Jésus-Christ. Il faut s'élever de l'homme à Dieu, et descendre de Dieu à l'homme, pour remonter à Dieu.
Nous ne sommes pas des anges : et quand nous aurions été élevés à un très haut degré de contemplation, il n'est pas possible de se soutenir longtemps dans un même état d'élévation. La nature y souffre trop, et elle sent une espèce de violence ; elle est ainsi contrainte de revenir à son premier train, et alors elle éprouve des vicissitudes qui accompagnent une nature qui demande à changer. Elle se trouve quelquefois dans les dispositions les plus communes des imparfaits ; elle doit reprendre alors les exercices qui leur sont communs, dont le principal est la méditation des mystères de notre rédemption. Cette oraison lui peut fournir des consolations dans toutes ses aridités et des forces dans toutes
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srs U.'iil. liions. Va (|iiiin(l luiil le ri'sli> lui manquerait, ne doit-elle pas compter pour une grâce particulière que Dion la reçoive au pied de la croix avec sa très sainte Mère, avec son amante Madeleine, et avec Jean, le plus chéri de ses Apôtres !' C'est là qu'elle doit attendre l'atlrait de Dion avec humilité. Et si Dieu la veut élever, pourrait-il la trouver dans une compagnie plus sainte!'
Vous donc qui, ayant pris le chemin de la dévotion, voulez vous appliquer à ce saint exercice de la méditation, commencez toujours par celle des mystères de Notre-Seigneur : tenez-vous au pied de la croix et laissez à Dieu le soin de vous avancer, il récompensera votre humilité. On ne verra jamais qu'une Ame ait fait de grands progrès dans la vertu ni dans l'oraison, que ce n'ait été par la considération dos mystères de l'enfance, de la vie, de la mort et de la gloire de Jésus-Christ.
La principale cause de la dévotion est Dieu môme, dit saint Thomas : c'est lui qui la donne, qui la soutient, qui l'augmente, qui la règle, et qui la varie selon son hon plaisir, u Dieu appelle ceux qu'il daigne regarder, dit saint Ambroise, et s'il eût voulu, il aurait rendu dévots tous les Samaritains les plus éloignés de la reli-
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gion et de la piété '. » Mais de notre part les causes de la dévotion sont la méditation et la contemplation. Car la dévotion appartient à la volonté, c'est elle qui conçoit au dedans d'ellemême une tendresse particulière et une extrême promptitude pour tout ce qui concerne le service divin, et il faut que tous les mouvements de la volonté soient produits et précédés par la considération.
La première considération est celle de la bonté de Dieu et des bienfaits que nous en avons reçus ; ce qui faisait dire au Prophète Royal : « Pour moi, mon bien est de me tenir uni à Dieu et de mettre toute mon espérance en lui, qui est mon Seigneur et mon Dieu -. )) La seconde est la vue de nos propres défauts, qui nous oblige de lever les yeux au ciel, d'où nous doit venir notre secours.
Nous trouverons dans le mystère de l'Incarnation les plus puissants motifs pour aimer, pour adorer, pour reconnaître la bonté de Dieu, qui dans ce seul mystère, la source de tous les autres, a renfermé tant de bienfaits. Aussi pour être instruits, convaincus et corrigés de nos défauts, et