Traité de la véritable oraison
PKEMIEU AVIS : qu'il NE PEUT Y AVOlJl d'aMOUR SA?JS CONNAISSANCE, MAIS Qu'iL PEUT \ AVOIR DE l'amour sans REAUCOUP DE RAISO>NEME>iT.
Nous n'avons établi jusqu'ici que des principes généraux pour faire une oraison chrétienne ot parfaite ; mais ces principes ne descendent pas assez dans le particulier, pour montrer distinctement en quoi consiste la pratique de l'oraison.
MilUTAliLE OU-VISON II-I
2 DE LA VÉIUTABLE UUAISON
Lorscm'il s'asit des vertus, les préceptes généraux sont peu utiles, pai-ce que les actions sont toujours particulières. La spéculation seulena iamals assez de force pour nous porter a fuir le mal et à suivre la vertu ; si l'on ne descend dans le particulier, ce ne sont que de simples idées, crui demeurent dans l'imagination sans faire nulle impression sur la volonté. On les regarde avec la même indifférence, que les peintures des choses les plus terribles qui nous rempliraient de terreur si elles étaient présentes ^ Expliquons donc la pratique de l'oraison, sans quoi tout ce que nous avons supposé resterait inutile. Il y a d abord plusieurs avis nécessaires à donner.
11 est certain qu'il ne peut y avoir d amour .ans connaissance, nous l'avons assez prouve ; mais on ne doit pas inférer de là, qu il ne puisse y avoir un amour parfait sans un grand raison-
ncment. ^ ,
Il faut se rappeler ce que c'est que la connaissance, et ce que c'est que le raisonnement La connaissance est une seule opération de 1 entendement, et le simple regard d'un objet ou d une vérité assez claire par elle-même : par exemple, qu'un tout est plus grand que sa partie ; que le