‹ Traité de la véritable oraisonChapitre 101 sur 129 · I.rS 1 TATS D OnAlSON · texte numérisé non relu

I.rS 1 TATS D OnAlSON

fille (le \()s >u|)L'rieiiis par obéissance. Suivez quel([iierois la volonté de vos éf^'aux, lors même (Hielle n'est pas si parfaite que la votre; pourvu ipie ce soit en des choses indifférentes d'ellesmèm<>s, et qui ne sont pas contre les règles de votre état, l^a mortification et l'iiumilité que vous pratiquerez on cela, et la paix intérieure que vous en retirerez, vous dédonmiageront avantageusement de ce que vous auriez fait de meilleur en suivant votre propre volonté.

Lorsque vous êtes oblige de faire quelque chose qui est contraire à votre volonté, ne témoignez point au dehors votre peine intérieure, par des plaintes, par im air triste, et par des manières rudes. Ce que vous faites est-il conforme à votre inclination? ne le faites pas précisément parce que vous h\ voulez; mais parce que Dieu le demande de vous.

IV' Mortifier l'imagination et la mémoire. — Ne permettez pas volontairement à votre imagination de s'entretenir de choses inutiles, ou de se repaître de certaines représentations chimériques, qui sont quelquefois suivies de représentations mauvaises. Quand l'imagination s'est une fois accoutumée à s'occuper de ce qu'elle veut hors de l'oraison, on n'en est plus maître ensuite durant l'oraison. Tâchez de l'accoutumer

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à se tenir calme, ou en suivant les occupations de l'esprit et les affections du cœur ; ou en se représentant quelque chose de sensible qui soit édifiant, comme une des qualre dernières fins de l'homme, quelque mystère de la vie, de la mort et de la gloire do Jésus-Christ, ou quelqu'autre chose semblable. Lorsque \otre imagination est échauffée et égarée, ne vous faites pas de trop grands efforts ; mais tâche/ de la rappeler doucement, renoncez aux impressions qu'elle fait sur vous, et ensuite méprisez ses saillies.

Accoutumez aussi votre mémoire à ne se ressouvenir que des bonnes choses qui peuvent contribuer à votre salut; et à oublier tout le reste, soit étranger, soit ami, soit parent , dont le souvenir est souvent, si on n'y prend garde, un obstacle à notre perfection.

Il" Mortifier les passions. — Ne soyez pas de ceux qui font consister toute leur sainteté à bien régler l'extérieur, et à atTecter une grande modestie et ime grande retenue dans toutes leurs démarches. Cela est bon; mais cela ne suffit pas. Attachez-vous à mortifier aos passions, et surtout celle qui est la plus favorite. Commencez par le vice que vous avez le plus de peine à vaincre, par l'habitude qui met le plus d'obstacle à votre avancement spirituel, et par l'inclination

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(|ui \niis Halle le plus, (lonsitlére/ si nous n'a\e/ [»as uii amour déréglé de vous-même, une crainte dVlrc méprisé; un désir de plaire, de paraître, cl d'être estimé; unc^ humeur impatiente, une certaine envie, et jalousie contre Notre prochain; un altachemenl secret à quelque personne ou quehpi'autrc chose; un désir des plaisirs sensuels, des joies vaines, des con\ersations inutiles, etc. (considérez, dis-j(\ si \ous n'avez pas quelqu'un de ces délauls ou quel- (juautre semblables et tâchez de vous en corliger.

Si on ne s'attache pas à celte mortification intérieure, on n'est que des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors ; mais qui, au dedans, sont pleins d'ossements de morts et de toute sorte de pourriture. On devient semblable aux Scribes et aux Pharisiens hypocrites, qui nettoyaient le dehors de la coupe et du plat, pendant que le dedans de leurs ctrurs demeurait plein de rapine et d'impureté '.

.")" Mortifier la chair. — Olez à xolrc corps ses plaisirs et ses aises, par des pénitences corporelles, telles que sont les abstinences, les jeûnes, les veilles, les cilices, les haires, les dis-

J . Mallli. wiii, v>j.

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ciplines , les chaînes , les vêtements rudes, les couches dures, et semblables austérités. C'est la pratique des saints.

A ous ne devez, cependant, pratiquer aucune de ces pénitences corporelles, sans la permission de \o\ve supérieur ou de ^otre confesseur, qui vous en accordera à proportion de vos forces, de votre âge, de Aotre santé et de \os occupations. L'amour-propre se glisse souvent dans cette mortification extérieure, si on la fait de son propre choix. On peut avoir un retour secret sur soi-même, et quelque vaine complaisance, de voir qu'on se porte à faire quelque chose de plus que le commun. Le démon peut aussi inspirer quelquefois le désir de pratiquer des pénitences corporelles, sous prétexte d'imiter les saints, et de faire pénitence de ses péchés ; mais véritablement pour faire tomber ensuite ou dans une secrète vanité, ou dans quelque infirmité corporelle, qui rend incapable de s'acquitter des obligations de son état; et de là jette dans un "rand relâchement. Pour éviter les ruses de votre

amour-propre et du démon, ne faites rien d'extraordinaire sans en avoir demandé et obtenu la permission.

C'est ainsi qu'on mortifie le sens extérieur qui se nomme le toucher, qui est répandu par

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Unit li> cor[)>. Il Tant aussi nioitilier les autres sens extérieurs, et surtout la laufi"ue. Entrons encore dans l(> détail.

1" \Iorlilier la vue. — Ne regarde/ rien par curiosité, surtout les personnes de difl'érent sexe, non |ias même les jeunes enfants. L'âme s'écliai)pe et se perd sou\entpar les yeux. Lu regard est cpielquefois la cause d'une grande chute. Eve regarda le fruit défendu, et aussitôt elle y mit de la complaisance, elle en mangea, et en fit manger à Adam '. David jeta la vue imprudemment sur une femme qui se baignait, et ce regard fut cause d'un adultère et d'un homicide ". Dina, iille de Jacob, alla \oir par curiosité les femmes delà ville de Sichein, et elle perdit sa pureté-'. Ainsi, quand vous auriez l'innocence d'Eve et d'Xdam. la sainteté de David, et la chasteté de Dina, soyez toujours très réservé dans votre \ue. Si, par distraction et par hasard, elle s'échappe, et se porte sur quelque objet défendu ou dangereux, ne l'y fixez pas; mais détournez-la aussitôt. Saint Bernard et d'autres grands saints étaient si modestes, et portaient les yeux si baissés, qu'après

T . (ieii. ni. 6.

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o. Gcii. \\vi\ , I.

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plusieurs années ils ne savaient pas comment était fait le plancher de leur cellule. Ce saint abbé ne voulait pourtant pas pour cela quon fût d'une modestie contrainte et gênée, ni qu'on fût semblable à des aveugles qui ne voient rien du tout; mais il conseillait d'avoir les yeux baissés de telle sorte, qu'on pût voir seulement à la distance de sa hauteur.

2" Mortilicr le goût. — ^e mangez et ne buvez rien par sensualité. Quand aous prenez votre repas, ne le faites point avec trop de précipitation et d'a\idité, mais avec beaucoup de modestie et aAec décence. Prenez autant de nourriture que la Aéritable nécessité de votre corps le demande, et que la juste tempérance le permet. S'il Aous vient des pensées de gourmandise, rappelez-vous aussitôt le fiel et le a inaigre qu'on présenta à Notre-Seigneur Jésus-Christ '. Ne Aous plaignez jamais; et même ne parlez point de ce qui regarde le manger. Contentez-vous des aliments ordinaires, et de la manière dont on les accommode pour les autres. Si vous laissez, par mortification, (|uelque chose de votre repas, que ce ne soit pas la moindre.

Tandis que vous mangez, occupez-Aous in-

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