I. Tsai. VII
m. l.\ IMUTIOI'E 5f)
rliosscs s'augmcnloni (raulanl. plus dans le monde, qu'il y a fait plus de j^ràccs cl plus de larj^osscs auv honiuios. Celle ini|)orlunil(', dit saint Jéronio, est très agréable à Dieu.
Mais en quoi consiste cette persévérance dans l'oraison ;* Est-ce en beaucoup) de paroles et en 'beauct)up de raisonnenienls? Non en vérité: « Quand \ous priez, dil Notre-Scigneur, ne parlez pas beaucoup '. » Par la même raison, il n'est pas nécessaire d'avoir beaucoup de pensées. « Autre chose est un long discours, dit saint Augustin, et autre chose une affection ardente qui persévère sans relâche. La longueur de l'oraison ne consiste pas à demander beaucoup de choses, mais à continuer sa prière pour désirer beaucoup une même chose qu'on demande ^. »
Il n'y a donc nul danger dans cette manière d'oraison ; il n'y a qu'à s'accoutumer à un grand recueillement, qui devient presque habituel, et tient l'àme préparée à l'oraison. Il se faut familiariser la présence de Dieu, qui devient plus ferme au moment de la prière ; prévenir les occasions de distraction, afin d'avoir moins de
1. Oranics iiolito inuUiim loqiii. Alallli. \i, 7. ■>. D. Aug-. apul D. Tli. 2.2, 4. 83, art. , '> .
6o DE LA. VÉRITABLE ORAISON
peine à demeurer tranquille en ce temps-là, pour ne se rendre pas indigne de Thonneur qu'on a de communiquer avec Dieu. On fait de temps en temps quelque acte conforme au sujet de | l'oraison, ou à la disposition en laquelle on se trouve. On écoute avec respect ce que Dieu dit dans le fond du cœur, et l'on se soumet aveuglément à tout ce que Dieu demande de nous. Ainsi l'on s'entretient longtemps et doucement avec lui. et l'on jouit avec plaisir de celte heureuse familiarité, qu'il a la bonté de permettre que nous ayons à son égard.
CIIMMTHK \
AUTRE MANIÈRE DOKVISOX l'MS SIMPLE, OU IL Y A MOINS d'actes DE l'eNTE.N DEMENT ET DE L\ VOLO.NTÉ.
Repos de ràiuc qui possède Dieu. Crainte respectueuse de l'Ame devant la majesté de Dieu. Etonnemont de l'imc considérant qu'elle a oITcnsé Dieu. Souvent les grandes passions empêchent la multitude des actes.
L'cime reçoit quelquefois une impression si forte de la vérité ou d'un mystère, que cette impression remplit toutes ses puissances, et particulièrement son imagination, qui ne peut se porter à un autre objet. C'est ce que nous allons expliquer par plusieurs e\em[)les.
Quand l'àme vient à considérer, que non seulement elle a l'honneur dètre en la présence de Dieu, mais encore le bonheur de le posséder en elle-même ; cette pensée la pénètre vi^ement, et la fait entrer dans un recueillement profond. Elle regarde ce Dieu d'amour et de majesté, et toute la Trinité adorable, qui daigne bien entrer
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en elle, et y habiter comme clans son temple. Elle le regarde avec une exlrême complaisance, elle jouit du plaisir de cette possession, et elle y trouve un repos inexprimable, voyant tous ses désirs accomplis autant qu'ils peuvent l'être sur la terre ; car que peut désirer et espérer l'âme de plus grand, que de posséder Dieu ?
Celte possession est toujours accompagnée de trois fruits du Saint-Esprit, de l'amour, de la joie, et de la paix *. Car d'où peut venir la joie, sinon de la possession du bien que l'on aime :' Quel plaisir donc peut égaler le plaisir • d'une àme, qui sent autant qu'on peut le sentir en cette vie mortelle, qu'elle possède ce Dieu d'amour qu'elle aime, et qui s'aime lui-même en elle et par elle, puisque c'est Dieu même qui l'excite à l'aimer, et l'enllamme de son amour :' Qu'estce f|ui pourrait aussi troubler une âme, qui ayant le bonheur de posséder Dieu, estime tout le reste un néant i' Il y a, dit saint Thomas, un double repos, le repos qu'on a dans le désir même, et le repos qui suit le mouvement. Le repos du désir se goûte, quand on fixe tous ses désirs dans la possession d'un seul objet, qu'on fait toutes choses pour lui, et qu'on ne désire que lui : et