Ego aulcni mendicus sum et paiiper. P<. xx\ix
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ri un grand désir do roccvttir des secours, sont les véritables sources de la prière. Les pauvres nous apprennent à jirier. Ils se tiennent avec un L;iand respect devant la personne dont ils atl(Mulenl l'aunionc ; ils lui découvrent leurs besoins en peu de mots, et avec une jurande simpliciti'. Ils ne se pi^ussent pas, sachant bien que t(-»ut dépend do la volonté de celui cpi'ils prient; niais de lenijis en temps, et sans se rendre importuns, ils lui demandent l'aumône, et le secours qu'il lui plaira do leur donner.
Voilà une image naïve d'une parfaite oraison. 0 homme, dit saint Augustin, vous êtes mendiant ; (piavez-vous à faire dans l'oraison, sinon de mendier à la porte de Dieu ? Tenez-vous en sa présence avec une profonde humilité, découvrez-lui, plein d'une confiance filiale, toutes les nécessités et de votre esprit et de votre cœur. Ne vous imaginez pas que vous deviez être exaucé ])ar la multitude de vos pensées et de vos paroles : il n'y a que la confession simple et sincère de vos misères, et votre désir ardent d'être assisté, qui puisse fléchir sa miséricorde.
Il est vrai que Dieu veut être saintement im-
Ouid facturiis es, cgens et paiipcr ? mendica antc janiiam Dei. D. Aue. in Psal.
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portuné, mais il y a une différence entre Dieu et les hommes : nous sommes importuns aux hommes lorsque nous les prions, et nous sommes importuns à Dieu, lorsque nous ne le prions plus. Isaïe ordonna autrefois à Achas roi de Judée, de demander un signe tel qu'il lui plairait, de la promesse que Dieu lui faisait, de délivrer Jérusalem des mains des rois de Syrie et d'Israël, qui le tenaient assiégé, a Je ne demanderai point de signe, répond Achas, et je ne tenterai point le Seigneur *. » Mais Isaïe entrant en une juste colore, dit à ce prince d'un ton élevé : « Ecoutez, maison de David, ne vous suffit-il pas de vous rendre importune aux hommes, sans vouloir encore vous rendre importune à Dieu i* » Mais, ô Prophète, en quel sens le roi Achas est-il importun au Seigneur, puisque même il ne veut pas demander un signe de la victoire que a^ous lui promettez ? C'est qu'on est importun aux hommes lorsqu'on leur demande, parce qu'ils ne sauraient rien donner sans perdre et perdre autant qu'ils donnent, et qu'ils se rendent plus pauvres en assistant les autres. Mais à l'égard de Dieu, l'on se rend importun quand on ne lui demande rien ; parce que ses ri-