I. D. Th. iii I Seul. dist. I, q. '4, art. 1, ad
64 DE LA. VÉRITABLE ORAlSO>
D'autres fois, l'âme touchée de la grandeur infinie de Dieu, devant qui elle se voit être moins qu'un atome, entre dans l'étonnement ou dans la crainte ' ; Aloïse voyant le miracle du buisson, qui brûlait sans se consumer, et entendant la voix de Dieu, qui lui dit, qu'il est le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu, de Jacob, couvrit son visage sans oser lever les yeux -.La crainte respectueuse de ces âmes va quelquefois jusqu'à un tel excès, que l'âme est accablée du poids de la grandeur du Dieu qu'elle contemple. Ainsi autrefois Esther voyant Assuérus assis sur son trône avec toute sa majesté, tomba pâmée et à demi morte ^ Et la reine de Saba Aoyant la magnificence de Salomon. semblait avoir perdu tout son esprit, et ne pouvait qu'admirer ce qu'elle voyait sans être capable de s'en expliquer *. Tout ceci, dit saint Thomas, est assez connu de ceux qui en ont quelque expérience pour s'être appliqués à l'oraison ; ils ont senti plus ou moins les mêmes joies et les mêmes transports, selon la lumière qu'ils ont reçue ;
1. D. Th. Scquitur timor vcl stupor. D. Tli. Opusc. 67, de 7 Grad. amor.