III. I.A l'IlA ll()l E 8l
tlail sdii cdips (|ii,tM(l il (li».iil : u .le ik' cr.iiiKlr.ii [)()int ce ([lie me leia la cliair. » Il pailaiL de son corps, remarque saiiil \ml)ioise, comme d'un élranger, ou phUùl comme d'un très cruel ennemi, contre le(|uel il s'ainiail pour- ne pas le craindre '.
Saint Thomas n'a pas oublié ce principe important parmi tous les aulres([u'il nous a donnés. Il dit que l'àme se doit disposer nécessairement à la contemplation par la mortification des passions ; et sa raison est, que deux choses empêchent ce saint exercice : l'endjarras des occu|)ations extérieures, et la violence des passions. Les passions attachent l'àme aux choses sensibles, et la rendent |)ar là incapable de s'appliquer aux actions de l'esjnit -.
Nous avons déjà montré combien la retraite et l'éloignement des objets sensibles étaient nécessaires pour pouvoir s'adonner à l'oraison, parce qu'un esprit, remjjli de ces iantômes, ne saurait voir clairement la divine vérité, ni parmi les bruits et le tumulte du monde entendre la voix de Dieu, qui a eut « parler au cœur » en secret.
I. Non lirnol)o quid faciat niilii c-aro. Ps. i.v. Quasi de aliono toqiipliatur. D. Anibros. ■j. D. Tii. •.>,.2, q. i8o, art. a.
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Aussi, les âmes choisies « se bâtissent des solitudes, » comme parle Job •. pour se mettre à couvert des préoccupations et des troubles : et non seulement elles s'éloignent du monde, mais elles le fuient avec David ^, et par celte fuite elles s'élèvent, dit saint (irégoire. à la contemplation de la première vérité ■'.
Si l'on consulte les mouvements de son cœur, l'on sentira que le premier de tous, lorsqu'on veut se donner sincèrement à Dieu, et entreprendre l'exercice de l'oraison, c'est de se retirer de la conversation du monde, et de chercher la solitude autant que le devoir de notre condition, et la bienséance le peuvent permettre. Le second mouvement est de se mortifier, parce qu'on se ressouvient que tous les malheurs de la vie passée ne sont provonus que de la violence des passions ; et que toutes les |)assions qui agitent les âmes, et qui ne sont pas encore domptées, sont un emjiêchement invincible pour vme véritable oraison.