‹ Traité de la véritable oraisonChapitre 43 sur 129 · I. V>. wwiu · texte numérisé non relu

I. V>. wwiu

selon si.n rlal. ol sclmi sos occupations, ^li^is rcux qu.> Difii appoUt' à la vio icliKiensc, cl à la Nio conleniplalive, doiveul faire de l'oraison leurs plus douces, plus chères et presque continuelles iKCupalidiis.

C/esl le désiiile soccup(>r de Dieu dans l'oraison, qui a peu[.lé de solitaires les cavernes et les l'orèls. Sailli \iiloiiie, après avoir passe toute la Muil eu oraisi.u dans sa grotte, se plaignait encore de ce que le snleil. par sa lumière, venait inlcrroiupre tro[) tôt sa prière. Tous les fondateurs dos ordres religieux, saint Benoît, saint Dominique, saint François, elc, étaient si adonnés à l'oraison, qu'après y avoir passé une grande partie du jour, ils y vaquaient encore presque toutes les nuits entières. Saint François avait coutume de dire tpie ce qu'un religieux devait le plus désirer, c'était la grâce de l'oraison ; que sans ce don il ne pouvait espérer de faire aucun progrès dans le service de Dieu ; et (pi'avec lui il pouvait tout se promettre.

L'expérience fait voir (ju'un religieux qui s'applique véritablement à l'oraison, devient intérieur, modeste, recueilli, doux, fervent, exact à tous ses devoirs, mortilié, et lidèle à observer toutes ses règles. Vu contraire, un religieux néirligc-l-il l'oraison, il coumicnce à négliger

lOa DE L\ AliUlTAliLE OU.VISOX

et à oublier ses bonnes résolutions. Il devient tiède, indévot, dissipé, impatient, sensuel, inquiet, immortifié, murmurateur; il transgresse ses règles dans toutes les occasions, et par là il se dispose à transgresser ses vœux, et à tomber dans de très grands péchés. C'est pourquoi saint Thomas disail souvent avec grande raison, qu'un religieux sans l'oraison était un soldat sans armes au joiu* de la bataille.

Dans l'oraison en effet le religieux prend des forces, et des armes spirituelles, en rentrant en lui-même, et en considérant à loisir pourquoi il s'est fait religieux, et pourquoi il a quitté le monde. Car il connaît, alors, que c'est uniquement pour travailler sérieusement à son salut, en faisant pénitence, et se renonçant en tout ; en mortifiant continuellement ses sens, ses passions, sa volonté, son propre jugement ; et en gardant exactement toutes ses règles, car tous les religieux ne seront ])as sauvés, mais ceux-là seulement, qui auront bien gardé leurs règles avec un esprit intérieur ; parce que leurs règles les garderont.

C'est dans l'oraison que les religieux prennent de saintes et fermes résolutions de bien animer intérieurement toutes leurs actions et leurs observances régulières, comme, les abstinences, les

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jcùiirs. l(>s Ncillos, le silence, l(>s [)i'ières. la mess(<, les oilicos divins, l'élude el le travail, l'aisanl loiil cela : pour plaiio à Dieu, pour sou auioiir, pour sa i^loire. |)our accomplir sa sainte volonté; pour imiter .Ic'-sus-dhrist ; pour laire ptMiihMice. et demandcM- à Dieu pour soi, et pour le prochain, toutes les grâces don! on a besoin, (i'est dans ce saint exercice que les relif,deu\ accpiièrent une soile d'oraison continuelle, en contractant l'hahiludi' d'oll'rir à Dieu Intérieurement toutes leurs actions toutes les l'ois qu'ils les commencent ; et souvent en les continuant. Par ce moyen ils s'accoutument à marcher en la présence de Dieu, et à élever très souvent leur esprit et leur cœur vers lui, par de courtes et de ferventes aspirations. Ainsi leur conversation est dans les cieux ', tandis que leur corps est sur la terre : ils vivent encore dans ce monde, mais (l'une telle manière, que c'est Jésus-Christ ([ui \il (Ml eux'-; et enfin ils deviennent un même esprit avec Dieu, selon cette parole de saint Paul, que celui qui s'attache à Dieu devient un même esprit avec lui '.

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